LOGINCHAPITRE 65 — La brèche de NightshadePierreLa forêt était trop calme ce soir, pas le genre de calme naturel qui accompagne la nuit, lorsque les créatures s'endorment et que le vent bourdonne doucement entre les arbres.Non, c'était un silence d'attente, du genre à aiguiser vos instincts. Nous nous déplacions dans les buissons comme des ombres, personne ne parlait, nous communiquions uniquement par signes et par notre esprit.Chaque sentinelle sous mon commandement connaissait son rôle, son chemin, son timing. Des semaines de préparation, des jours de surveillance et des heures de planification compressées dans ce seul instant.L’exécution devait être parfaitement coordonnée, c’est pourquoi j’ai dirigé depuis le front, comme toujours.Le sol sous mes bottes était humide, et une légère odeur de terre s'élevait à chaque pas. Les feuilles craquaient doucement sous nos pieds malgré nos soins, le son étant presque immédiatement avalé par l'épaisseur de la forêt. Au-dessus de nous, des bra
CHAPITRE 64 — DevenirCarolineLa forêt avait déjà commencé à changer avant même que je n’aperçoive la frontière. Ce n’était pas quelque chose d’évident, pas au début. Les arbres étaient toujours grands, leurs branches poussaient toujours vers le ciel et leurs grosses racines s'enroulaient toujours sous le sol comme des veines sous la peau. Mais quelque chose dans l’air semblait différent.C'était comme si les bois nous regardaient. J'ai ralenti mes pas inconsciemment, mes bottes pressant plus doucement contre le sol comme si je ne voulais pas déranger la présence invisible qui persistait autour de nous. Le vent, qui avait soufflé mes cheveux toute la matinée, s'est maintenant calmé."Nous sommes proches", dit Chase à côté de moi, d'une voix basse mais certaine.Je ne l'ai pas regardé immédiatement. Mon regard restait en avant, scrutant le sentier étroit qui serpentait entre d'épais troncs d'arbres et des sous-bois denses. "Je sais", répondis-je, ma voix étant plus ferme que je ne l
CHAPITRE 63 — La forme de la confianceCarolineLa matinée dans la forêt était assez dramatique, même si ironiquement calme, une douce lumière s'infiltrait à travers les arbres et la brume s'accrochait au sol en fines couches dérivantes, s'enroulant autour des racines et des rochers comme un fantôme réticent à partir.Je me suis assis à quelques mètres de l'endroit où nous avions campé, mes jambes repliées sous moi et mes mains posées librement sur mes genoux.Respiration.C'était là que tout l'entraînement commençait maintenant, juste des respirations lentes et contrôlées. Inhalé. L’air était frais et propre… Expirez. Je pouvais sentir quelque chose en moi s'installer en réponse.Chase se tenait à une courte distance, observant mais sans l'interrompre. Il était ainsi depuis le matin, présent et observant, sans intervenir. Au début, c'était troublant, mais maintenant, je commençais à le comprendre."Tu réfléchis encore trop," coupa doucement sa voix.Je n'ai pas ouvert les yeux. "Je n
CHAPITRE 62 — Des nuits qui parlentCarolineLa nuit ne tombait pas d’un seul coup dans la forêt, elle s’installait lentement. Les derniers rayons du jour filtraient faiblement à travers la canopée des arbres, se diluant en stries dorées qui s'étiraient et s'estompaient jusqu'à ce que les ombres prennent tout leur place. L'air s'est rafraîchi avec la nuit, soufflant sur ma peau avec une douceur qui portait l'odeur de la terre humide et une légère trace de pin.Je me suis assis sur la bûche tombée près de notre camp, regardant le ciel s'assombrir entre les branches au-dessus.C'était… différent. Ce n’est pas le genre de nuit qui vous envahit de solitude et de rappels murmurés de tout ce que vous avez perdu.Celui-ci était calme et apaisant, comme si le monde s'était arrêté."Se lever."J'ai jeté un coup d'œil à Chase, qui était déjà debout, roulant légèrement les épaules comme s'il se préparait à quelque chose."Pour quoi?" Ai-je demandé, même si j'avais le sentiment de le savoir d
CHAPITRE 61 — Leçons sans magieCarolineNous n'avons pas arrêté de marcher jusqu'à ce que nous arrivions à une clairière avec de l'espace pour installer un camp, ce n'était pas parfait mais cette partie de la forêt nous semblait en sécurité ou du moins plus en sécurité. Ce n’était pas quelque chose que je pouvais expliquer, pas avec des mots. Mais mon corps le savait, je me sentais à l'aise et l'air était moins tendu.Chase ralentit d'abord, ses pas perdant progressivement du rythme jusqu'à ce qu'il s'arrête finalement complètement. J'ai failli lui rentrer dedans avant de me rattraper, mes bottes glissant légèrement contre les feuilles sèches."Ça marche", dit-il en scrutant la zone, j'ai suivi son regard.La clairière n’était pas grande, juste assez d’espace creusé entre des arbres imposants dont les branches s’étendaient larges et basses, créant une couverture naturelle au-dessus. Les buissons devenaient épais sur les bords, formant une barrière qui rendait difficile de voir à l'in
CHAPITRE 60 —Ombres entre les arbresCarolineLa forêt avait une façon d’avaler les sons, mais pas complètement, ce n’était pas un silence absolu. Le doux craquement des feuilles sous nos bottes, le chant lointain des oiseaux cachés dans d'épaisses canopées et le claquement occasionnel d'une brindille au loin dans les sous-bois. Tout existait… juste en sourdine, comme si le monde lui-même absorbait le son.Ou peut-être que c'était juste moi.Nous marchions depuis des heures, Chase devant moi parfois, puis à côté de moi, puis légèrement derrière comme s'il s'adaptait instinctivement à mon rythme.C'était étrange ou peut-être gênant, parce que j'avais l'impression qu'il essayait simplement de correspondre à mon énergie. Je n’étais pas habitué à ce que quelqu’un bouge avec moi comme ça. Pas depuis… J'ai pris une profonde inspiration et j'ai avalé la pensée avant qu'elle ne puisse finir de se former.L’air était plus frais et plus dense ici. Les arbres s’étendaient plus haut, plus épais,
CHAPITRE 22 — Fissures dans les frontièresClaireLa peur a une odeur, la plupart des gens ne la remarquent que si elle est écrasante, comme la pluie sur le point de frapper la terre sèche. Mais je le fais, je l’ai toujours fait. Et ce matin-là, alors que j'entrais dans la salle du conseil derrière
CHAPITRE 21 — La femme qui n'est jamais partieClaireJ'ai toujours su attendre. Certaines femmes peuvent confondre patience et faiblesse. Ils s'agitent, pleurent et supplient d'être vus, mais je réinvente, car en fin de compte, la déesse de la lune trouve un moyen de me donner ce que je veux.La l
CHAPITRE 19 — Tromperie au clair de luneCarolineJe me suis réveillé au son des voix dans la forêt. Au début, je pensais que cela faisait partie de la forêt, comme les branches se murmuraient lorsque le vent les traversait, mais c'était différent, c'était un discours humain dans les voix de deux
CHAPITRE 18—Ce qui chasse les marquésCarolineJ'avais très envie de partir et Rowenna ne m'empêchait plus d'y aller, mais j'avais aussi besoin de réponses à mes questions, j'avais besoin de comprendre ses énigmes.Rowenna avait fini de parler et attendait que je prenne ma décision, est-ce que je p







