MasukCHAPITRE 11 — La sorcière qui ne voulait pas aiderCarolineLe dernier écho des moteurs a disparu dans la forêt et j'ai ressenti un tel soulagement, les guerriers étaient partis et j'étais en vie.Mes genoux ont fini par me trahir, je me suis effondré sur place, si debout était même le bon mot, car je me sentais suspendu dans un espace astral. Mon corps s'est replié vers l'intérieur comme s'il attendait la permission de s'effondrer et il l'a finalement obtenue. Le sort s'accrochait toujours à moi, mais il ne me paraissait plus étouffant. J'ai aspiré de l'air avec avidité, mes poumons me brûlaient, ma poitrine me faisait mal comme si quelque chose de lourd était logé là depuis des jours et n'en était que maintenant retiré. Des larmes coulaient sur mon visage de manière incontrôlable et je ne prenais pas la peine de les essuyer, personne ne pouvait me voir de toute façon, du moins c'est ce que je pensais.Puis la pression s'est brisée, l'air s'est éloigné de moi comme une peau mue, et
CHAPITRE 10 —Invisible à l'aubeCarolineL'aube s'est enfin levée, alors que le soleil du petit matin souriait au-dessus de nous.Il n’est arrivé ni avec chaleur ni confort, seulement une fine lumière pâle saignant lentement dans le ciel, diluant l’obscurité sans la bannir complètement. La forêt était différente à cette heure-là, entre la nuit et le matin. Moins monstrueux, peut-être, mais plus exposé. Je me tenais dans l’enceinte de la sorcière, tremblant tellement que mes dents claquaient que j’avais du mal à me ressaisir.La sorcière leva son bâton lentement et délibérément, les runes sculptées sur toute sa longueur brillaient faiblement lorsque l'aube les touchait. Ses boucles argentées captèrent la lumière matinale, devenant presque blanches, et pendant une brève seconde, elle parut céleste. Comme une force ancienne plus ancienne que la forêt et la terre elle-même.Je ne savais pas quand le sort avait commencé, je l'entendais seulement murmurer d'étranges mots inaudibles.À un m
CHAPITRE 9 — Le regard de la sorcièreCarolineMa respiration était haletante désespérée, l'air froid me piquant les poumons alors que je levais les yeux vers la femme qui se tenait devant moi.Ses yeux émeraude me transpercèrent et l’extrémité pointue de son bâton brillait comme le croc d’un prédateur. D'après le regard mortel dans ses yeux, je pouvais dire qu'elle pensait au jeu, elle ne plaisantait pas.Je pouvais sentir le poids de son regard plus que je ne pouvais le voir, comme si ses yeux pouvaient se frayer un chemin à travers moi, séparant chaque vérité, chaque mensonge, chaque peur. Si les regards pouvaient abattre une personne, c'était bien cela.J'ouvris la bouche pour parler, mais aucun mot n'en sortit au début, seulement un halètement étranglé. Je n’étais même pas sûr de ce que j’étais censé dire. Puis-je faire confiance à cette femme ? C'était manifestement une sorcière qui semblait être seule dans ce complexe abandonné, entourée des restes envahis par la végétation d'
CHAPITRE 8 —Quand la Terre a réponduCarolineJ'ai touché le sol.La douleur fut immédiate, remontant dans ma jambe comme un éclair tandis que ma cheville se tordait sous moi dans un horrible craquement. J'ai crié, le son sortant de ma gorge avant que je puisse l'arrêter."Non, non, non!"Mon corps a roulé sur la route, ma peau grattant douloureusement le goudron rugueux avant de m'arrêter sur le côté. Ma cheville palpitait violemment, déjà enflée, l'articulation hurlant de protestation à chaque fois que j'essayais de la bouger.J'ai essayé de me relever mais je me suis effondré à nouveau avec un sanglot.J'ai reculé instinctivement, traînant ma jambe inutile derrière moi, mes paumes brûlantes alors qu'elles grattaient le sol."Ne bouge pas", gronda une voix."J'ai finalement attrapé la chienne", ricana un autre.Les larmes coulaient librement sur mon visage alors que la panique m'envahissait tout entière. Mon cœur avait l'impression de se déchirer dans ma poitrine, mes respirations é
CHAPITRE 7 — La route qui ne menait nulle partCarolineJ'ai surgi de la forêt comme un animal blessé fuyant sa propre ombre.Cette ouverture soudaine m'a tellement choqué que j'ai failli tomber à plat ventre. Les arbres ont cédé la place au vide et sous mes pieds il n’y avait plus de terre molle ni de racines indulgentes. C’était du goudron froid et inflexible. Une route étroite et solitaire s’étendait devant moi, couverte d’obscurité dans les deux sens, flanquée de silhouettes menaçantes d’arbres qui se pressaient vers l’intérieur.L'air de la nuit frappait violemment mes poumons.J'ai haleté, m'étouffant, me penchant en avant alors que ma poitrine se convulsait violemment. Ma respiration était brisée, paniquée, trop rapide, trop superficielle, chaque inspiration me grattant la gorge à vif. Mon cœur cogna contre mes côtes comme s'il voulait se libérer, comme s'il essayait de s'échapper de mon corps comme j'essayais d'échapper à mon destin.C'était ça. C'était mon cauchemar, pas enc
CHAPITRE 6 – Du sang sur le ventCarolineJe ne me souviens pas quand j'ai perdu mes chaussures. Je ne m’en suis rendu compte que lorsqu’une pierre pointue m’a transpercé le pied. Il a dû s'envoler quelque part dans la forêt, mais c'était le moindre de mes problèmes. Même si je ressentais autant de douleur à ce stade, je la préférerais à l'exécution.La forêt me déchirait alors que je la traversais en courant, les branches étendues qui couvraient le chemin me griffaient les jambes et me frappaient le visage. Des épines et des éclats mordaient sous mon pied nu et des pierres tranchantes éparpillées autour du chemin ne cessaient de piquer la plante de mes pieds à chaque pas. Chaque pas était une putain de douleur crue, comme si le sol lui-même essayait de boire mon sang. Mes poumons réclamaient de l'air, ma gorge était sèche et serrée, mon estomac se tordait sur lui-même avec une sensation de faim si aiguë que ma vision était floue."Putain!" Je n'avais ni mangé ni reposé. J'avais cou







