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Chapitre 89 : Mon Tic-Tac Intérieur

Author: Déesse
last update publish date: 2026-04-11 00:10:10

L'aiguille fatale

Elias, un horloger d'Abidjan traumatisé par le meurtre de ses parents, devient un tueur en série surnommé "l'Ombre". De nuit, il étrangle ses victimes avec un fil d'acier à minuit pile, synchronisé comme une horloge, et collectionne leurs montres comme trophées. Motivé par une obsession du temps figé, il cible les imprudents. L'inspectrice Awa, cherchant vengeance pour son frère tué, le confronte dans sa boutique, mais Elias la piège et l'élimine, avant de s'enfuir pour conti
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  • MEURTRES    Chapitre 89 : Mon Tic-Tac Intérieur

    L'aiguille fatale Elias, un horloger d'Abidjan traumatisé par le meurtre de ses parents, devient un tueur en série surnommé "l'Ombre". De nuit, il étrangle ses victimes avec un fil d'acier à minuit pile, synchronisé comme une horloge, et collectionne leurs montres comme trophées. Motivé par une obsession du temps figé, il cible les imprudents. L'inspectrice Awa, cherchant vengeance pour son frère tué, le confronte dans sa boutique, mais Elias la piège et l'élimine, avant de s'enfuir pour continuer ailleurs. L'histoire explore sa psyché sombre à la première personne, mêlant souvenirs et horreur.EliasJe m'appelle Elias, ou du moins c'est le nom que je porte dans cette vie de jour, cette façade craquelée que le monde avale sans mâcher. De l'extérieur, je suis l'horloger du marché d'Abidjan, celui qui redonne un souffle artificiel aux montres mortes, ces petites coquilles vides de temps volé. Mes clients affluent : des commerçants bedonnants avec leurs Rolex rouillées par la sueur salé

  • MEURTRES    Chapitre 88 : Fin

    Et je pense à elle. À cette petite fille dans mon rêve. À cette enfant que j'ai été. À cette innocence que j'ai perdue quelque part, il y a si longtemps, dans une nuit de sang et de peur.Elle me regardait avec ses grands yeux. Elle avait peur de moi. Elle avait raison.Je suis devenue ce qui lui faisait peur.Je suis devenue le monstre sous le lit. La chose dans le placard. L'ombre au fond du couloir.Mais je suis aussi devenue autre chose. Une restauratrice. Une redonneuse de vie. Une faiseuse de miracles.Je suis les deux. Je serai toujours les deux.Le soleil est haut, maintenant. Il inonde l'atelier. La Vierge brille sur son chevalet, parfaite, achevée, vivante.Je la regarde. Elle me regarde. Ses yeux sont pleins d'amour. Elle ne juge pas. Elle ne condamne pas. Elle regarde, c'est tout.— Merci, murmurai-je.À qui ? À elle ? À ma mère ? À moi-même ?Je ne sais pas.Mais ça n'a pas d'importance.Je prends le téléphone. Je compose le numéro de Sarah.— Allô ?— Sarah. C'est Élise.

  • MEURTRES    CHAPITRE 87 : L’EMPREINTE 6

    Les semaines passent. Sarah Kessel enquête. Je le sais. Je la vois parfois, dans la rue, qui me suit, qui me regarde, qui note tout dans un carnet. Je la laisse faire. Elle ne trouvera rien. Il n’y a rien à trouver.Un soir, on frappe à ma porte. J’ouvre. C’est elle.— Il faut qu’on parle, dit-elle.— On a déjà parlé.— Pas comme ça. Pas vraiment. Il faut que vous me disiez la vérité.— La vérité sur quoi ?— Sur tout. Sur Delaunay. Sur la toile. Sur ce que vous cachez depuis trente ans.Je la regarde. Elle est fatiguée. Ses yeux sont rouges, cernés. Elle a maigri. Elle a passé des nuits blanches à chercher, à fouiller, à espérer.— Pourquoi est-ce que je vous dirais quoi que ce soit ?— Parce que je sais. Je ne peux pas le prouver,

  • MEURTRES    CHAPITRE 86 : L’EMPREINTE 5

    Le lendemain, je vais au musée. Un nouveau contrat. Une grande toile du dix-huitième, une scène mythologique, des dieux et des déesses dans un jardin. Je commence le travail. Je nettoie. Je restaure. Je fais revivre.En fin de journée, je m’arrête devant une petite salle, au fond du musée. Une salle que je ne connais pas. Une exposition temporaire. Je pousse la porte.Il y a des dessins. Des croquis. Des esquisses. Des études préparatoires de grands maîtres. Des choses simples, rapides, imparfaites. Des choses qui montrent la main de l’artiste, son hésitation, son génie.Je regarde longtemps. Je regarde chaque trait, chaque repentir, chaque tache. Je vois l’artiste qui cherche, qui tâtonne, qui essaie. Je vois l’humanité.Et soudain, je comprends.L’esquisse de Marchal, cette nuit-là, ce n’était pas une er

  • MEURTRES    CHAPITRE 85 : L’EMPREINTE 4

    Le lendemain matin, on frappe à ma porte. Je n’attends personne. J’ouvre.Moreau est là. Il tient un dossier. Il a les yeux rouges, les traits tirés. Il a pleuré, ou pas dormi, ou les deux.— Vous savez pour Élise Vernet ? demande-t-il.— Oui. Son frère m’a appelée.— Elle s’est pendue dans sa salle de bains. Elle avait trente-deux ans. Elle était enceinte de quatre mois. Delaunay était le père.Je ne dis rien. Je regarde Moreau. Il tremble légèrement. De fatigue, de rage, de chagrin.— Vous avez tué deux personnes, dit-il. Delaunay et elle. Et je ne peux rien prouver. Rien.— Je n’ai tué personne, commandant.— Taisez-vous. Taisez-vous ou je vous jure que j’oublie tout ce que je suis et que je vous étrangle ici, maintenant, devant tout le monde.

  • MEURTRES    CHAPITRE 84 : L’EMPREINTE 4

    L’interrogatoire dure des heures. Moreau en face de moi. Une femme à côté de lui, plus jeune, plus dure, qui prend des notes sans me regarder.— Où est le corps de Frédéric Delaunay ?— Je ne sais pas.— Pourquoi a-t-il disparu après être entré chez vous ?— Je ne sais pas.— Qu’avez-vous effacé sur la toile de Genève ?— Rien.— Pourquoi avez-vous détruit cette toile ?— Accident.— Pourquoi mentez-vous ?— Je ne mens pas .Le temps passe. Les questions tournent en rond. Moreau s’épuise. La femme prend toujours des notes. Moi, je ne bouge pas. Je réponds. Je répète. Je suis un disque rayé, un robot, une chose.À la sixième heure, Moreau se lève. Il me regarde avec une expre

  • MEURTRES    CHAPITRE 83 : L’EMPREINTE 2

    Il part. Je referme la porte. Je reste immobile un long moment, à écouter son bruit dans l’escalier, ses pas qui s’éloignent, la porte de l’immeuble qui claque.Puis je retourne à mon chevalet. Je reprends mon pinceau. Je nettoie

  • MEURTRES    CHAPITRE 82 : L’EMPREINTE 1

    CamilleLe bracelet vibre contre mon poignet. Trois heures dix-sept. Un battement régulier, idiot, qui ne sert à rien. Je devrais l’arracher, le jeter, le noyer. Mais je le garde. Pour la forme. Pour le spectacle.Moreau va revenir. Je le sens. Il e

  • MEURTRES    CHAPITRE 81  : L’ESQUISSE SANGLANTE 5

    Camille Sous la couche superficielle, là où personne n’a jamais regardé, il y a une autre couche. Une couche que j’ai peinte il y a trente ans, dans la fièvre et l’horreur de cette nuit, sans même m’en rendre compte. Une esquisse. Une ébauche. Le visage de Marchal au moment de sa mort. Ses yeux éc

  • MEURTRES    CHAPITRE 80 : L’ESQUISSE SANGLANTE 3

    ÉliseJe n’ai pas dormi cette nuit-là. Je suis restée assise à regarder la toile, à écouter mon propre silence. Je m’attendais à la panique, aux remords, à l’effondrement. Rien n’est venu.À la place, une sensation nouvelle. Un calme absolu, profond, définitif. Comme si j’avais traversé une surface

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