LOGINNIQUELa lumière passe par les côtés des rideaux et je respire profondément en m’étirant. Je suis détendue et tellement fatiguée. Quelle heure est-il ? J’ouvre les yeux et je tombe sur de grands yeux bruns. Adrien est allongé sur le côté, appuyé sur son coude, à me regarder. Il tend la main et repousse mes cheveux de mon front avec un doux sourire. — Salut.Je souris timidement et me penche pour l’embrasser sur ses grandes lèvres parfaites. — Salut.Il passe son bras autour de moi et me tire contre sa poitrine. Nous restons là, comblés dans les bras l’un de l’autre. — Quelle nuit, murmure-t-il avec un sourire au-dessus de moi.Je ris doucement alors que ses lèvres reposent sur ma tempe. C’est étrange, comme si nous partagions un seul corps. Rien entre nous, nos cœurs battant à l’unisson. Nous avons fait l’amour toute la nuit, murmuré des mots doux sous les couvertures jusqu’au petit matin.Enivrés par le simple bonheur d’être ensemble. Et voilà, c’est ça l’amour, exactement comme i
NIQUEJe m’allongeai dans l’obscurité sous les couvertures, le téléphone à la main. Il allait m’appeler bientôt pour me souhaiter bonne nuit.Chaque soir cette semaine, c’était le moment fort de ma journée. Ça me ramenait aux années où nous nous étions rencontrés : appels secrets, baisers volés.Un amour jeune et interdit, quand nous pensions pouvoir tout avoir. Nous ne le pensions pas seulement, nous en étions presque sûrs… ou le pensions, du moins.Je rentre à Lyon vendredi et je devrais avoir des doutes, remettre en question mes choix, mais la vérité ? Je meurs d’impatience. J’ai besoin de le voir.Mon téléphone vibre dans ma main. Je l’ouvre rapidement.– Allô ? –– Salut, Chérie – murmure sa voix grave. L’émotion me submerge. Comment une simple voix peut-elle avoir autant de poids ?– Salut – je souris dans l’obscurité – Tu es en retard ce soir ? –– J’avais une réunion… Je suis parti plus tôt pour pouvoir t’appeler –Je souris dans le noir ; j’aime qu’il soit parti plus tôt.– D
NIQUEJe luttais pour entrer par la porte d’entrée de mon appartement ; ces sacs étaient lourds. Les yeux de Raquel s’écarquillèrent.– Mon Dieu ! Tu as acheté toutes les boutiques ? –– Peut-être – je grimace.J’avais fait le plein, j’avais besoin de tout ce qu’il fallait pour mon week-end secret avec Adrien.Je posai les sacs et courus vers la salle de bain.– Comment s’est passée ta journée ? – lançai-je en passant.– Bien – répondit-elle – Mon dieu ! Cette lingerie… c’est pour qui ?Mes yeux s’agrandirent, oh non… Elle avait fouillé dans mes achats.– Euh… – je fermai ma braguette et me lavai les mains – Qu’est-ce que je pouvais dire ?– J’ai un rendez-vous ce week-end – mentis-je, enfin… pas tout à fait un mensonge. Il y avait un peu de vérité là-dedans.Je contournai l’angle et vis la lingerie en cuir noir et dentelle étalée sur la table de salle à manger.– Avec qui ? – railla Raquel – Et bon Dieu, il y a de quoi habiller dix rendez-vous !Je pris un teddy en dentelle et le lev
NIQUEMon souffle s’accrocha alors que je le regardais. Il avait l’air si perdu, si brisé, ses yeux étaient sauvages– Je ne vais pas épouser Louis –Il fronça les sourcilsJe fis un pas vers lui, franchissant encore une fois cette ligne que ma conscience me criait de ne pas franchir– Moi non plus je ne veux pas du second choix –On se fixa, immobiles– Mais… tu es retournée avec lui –– Non. Je ne le suis pas –– Kavish me l’a dit –– Il s’est trompé – dis-je, plus ferme cette fois, prenant ses deux mains dans les miennes – Pourquoi es-tu venu en France ?– Je devais te voir –– Pour me dire que tu m’aimais ? –Ses mots étaient beaux et damnation, je voulais juste me jeter dans ses bras, mais savait-il le poids qu’ils portaient ?– Oui –– Dans un monde parfait, Adrien, où nous mènerait ta déclaration d’amour ? –Son front se plissa, il réfléchissait– Comment cela pourrait-il marcher ? – le pressai-je. C’était un séducteur, un briseur de cœur. Je ne survivrais pas à sa trahison– S
NIQUEJe buvais mon café en scrutant les plans. Peut-être que je devais ajouter un mur ici… Ça pourrait servir de nouvelle entrée, créer un espace supplémentaire… Oui, ça pourrait marcher. J’avais désespérément besoin de plus de place dans ce coinIl y avait une agitation sourde dans l’air. Les voix se mêlaient, occupées, légères, presque joyeuses… Moi, je restais dans ma bulle, mon refuge : mon bureauJe ne pouvais pas travailler de chez moi. Pas maintenant. J’étais déjà au bord, je savais à quel point le vide était proche… et je ne voulais pas m’en approcher.Alors, pour l’instant, c’était le bureau.Les interruptions ne me dérangeaient pas. Qu’elles viennent. C’était toujours mieux que de pleurer seule sur mon canapé.On frappa à la porte– Entrez – lançai-je sans lever les yeux –La porte s’ouvrit, puis se referma derrière lui. Le silence s’étira, lourd, presque suffocant. Je relevai la tête… et le choc me coupa le souffleAdrienL’émotion me submergea. Sans réfléchir, je me levai
ADRIENJe frappe contre la vitre alors que ma mère s’effondre, mourante. – Maman, je suis là. Tiens bon.Sa tête tombe tandis que j’essaie de défoncer la porte. – Je suis là, Maman. Ne pars pas, attends-moi.Je regarde, impuissante, ses gardes arriver en courant. – Élise ! crie l’un d’eux. Appelle une ambulance !Je frappe frénétiquement à la porte, je n’ai jamais connu une panique pareille.Un cri me réveille. Je me redresse d’un bond, regardant autour de moi dans la chambre sombre et silencieuse, le cœur battant à tout rompre. Qui criait ?C’était moi. Ce sont mes cris qui m’ont réveillée. Putain.Je m’assois et balance mes jambes hors du lit, trempée de sueur. Les coudes sur mes genoux, je reste assise dans l’obscurité. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je perds pied.Je sens Jean-Marc entrer dans mon bureau. – Tu es silencieux aujourd’hui, dit-il en posant ses mains sur mes épaules par derrière.– C’est parce qu’il est épuisé, taquine Julien. Sale veinard. Je souffle lourdement. –







