LOGINPOINT DE VUE DE ZARA
« Maman ! » m'écriai-je en serrant ma mère dans une étreinte profonde. « Tu es enfin réveillée ! » « Et comment ne le serais-je pas, alors que tu étais déjà en train de me menacer ? » « Tu as entendu ça ? » « J'ai tout entendu. Mais avant d'aborder ce sujet, donne-moi ton téléphone. » « Mon téléphone ? Pourquoi ? Devrais-je appeler le médecin ? » « Non, n'appelle pas le médecin, donne-moi juste ton téléphone. » Je perçus de l'urgence dans le ton de ma mère, ce qui était étrange puisqu'elle venait tout juste de sortir du coma. Y avait-il un problème quelconque ? Je lui tendis mon téléphone. « S'il te plaît, va me chercher un verre d'eau », dit Vivian en essayant de s'éclaircir la voix. « Oh oui, c'est vrai. » Je remarquai qu'il n'y avait pas de carafe dans la chambre et décidai de descendre à la cuisine pour chercher de l'eau, folle de joie à l'idée que ma mère soit enfin réveillée. Je eus un sourire moqueur en pensant à toutes ces personnes qui répétaient qu'elle ne se réveillerait jamais. Ha ! Devinez qui est réveillée maintenant ! Je raillai intérieurement, mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter en voyant ma mère si tendue et préoccupee. Je savais que je ne me faisais pas des idées : il y avait un sentiment d'urgence manifeste dans son regard. Je pris l'eau et m'apprêtai à remonter l'escalier quand j'entendis une voix bien trop familière. « Oh non ! Que fait-il ici ? » Mes yeux s'agrandirent de peur en me demandant pourquoi mon père avait décidé de venir rendre visite à ma mère précisément le jour où elle venait de se réveiller. Quelle sorte de coïncidence était-ce ? Il semblait discuter avec le médecin de ma mère, ce qui piqua ma curiosité. Je tendis l'oreille pour tenter de surprendre leur conversation, et une phrase en particulier fit rater un battement à mon cœur. « Peu importe comment, je veux qu'elle ait disparu aujourd'hui », entendis-je mon père déclarer. L'air autour de moi sembla se figer ; mes mains chancelèrent et le verre glissa, s'écrasant au sol dans un bruit fracassant qui alerta immédiatement les deux hommes absorbés par leur complot. « Qui est là ? » lança Gabriel en commençant à s'avancer vers l'escalier. Je repris mes esprits et m'élançai à toute vitesse vers la chambre de ma mère. « Maman, vite, fais semblant d'être encore inconsciente, papa arrive ! » dis-je précipitamment en récupérant mon téléphone des mains de ma mère, puis je l'aidai à reprendre la pose d'une personne dans le coma. « Le miroir... touche le haut du cadre, il va s'ouvrir. Cache-toi là », dit immédiatement Vivian sans poser la moindre question, ce qui me surprit, mais j'étais bien trop affolée pour m'en soucier. Je courus vers le miroir et fis ce qu'elle m'avait dit. Le miroir pivoita comme une porte, révélant un espace sombre qui s'illumina aussitôt. Je me glissai à l'intérieur et refermai la paroi derrière moi. La porte de la chambre de ma mère s'ouvrit dans la foulée et Gabriel entra prudemment, le regard balayant la pièce à la recherche de l'intrus. Il vérifia la salle de bains et tous les endroits susceptibles de dissimuler quelqu'un, mais ne trouva personne. Je remarquai à quel point il paraissait tendu derrière ses yeux calculateurs. Il s'apprêtait à ressortir, n'ayant démasqué personne, quand son regard croisa ma mère immobile sur le lit — ou du moins ce qu'il croyait être son état. Son visage s'illumina d'un sourire pervers, ses yeux se plissant sous cette expression fourbe et malveillante. « Vivian, Vivian, Vivian... Ma chère épouse », dit-il d'un ton sarcastique en faisant lentement le tour du lit. « C'est bien dommage que cela doive se terminer ainsi. Mais tu as brillé pendant bien trop longtemps, c'est désormais à mon tour d'être sous les projecteurs. » Il s'arrêta un instant, son sourire cédant la place à une expression glaciale. « Et pour que cela arrive, tu dois disparaître. » Je plaçai mes mains sur ma bouche pour m'empêcher d'émettre le moindre son. J'entendais chaque mot prononcé par mon père et je tremblais en silence. Mes yeux s'écarquillèrent d'effroi à la pensée que le père que j'avais aimé autrefois puisse envisager de tuer quelqu'un, et pas n'importe qui : ma mère. Je sortis mon téléphone avec l'intention d'enregistrer le monologue de mon père. Je n'avais plus de père. Seul restait un homme dont je devais m'assurer qu'il reçoive le châtiment qu'il méritait. « Tu aurais simplement dû accepter quand je t'en ai parlé la dernière fois. Peut-être que je n'aurais pas eu besoin de provoquer cet incident qui t'a conduite dans cet état. Il a fallu que tu te montres si obstinée. Mais ce n'est pas bien grave, car je vais pouvoir t'éliminer. C'est comme faire d'une pierre deux coups. Il ne peut pas y avoir deux maîtres au même endroit. Tu dois simplement partir, ma chère, et tout pourra enfin m'appartenir », déclara-t-il avec un rire hystérique, sans doute grisé par la perspective de sa fortune imminente. « Et oui, je vais enfin pouvoir épouser Sloane, celle que j'aime vraiment, la... » Il se roidit soudainement et je retins mon souffle, me demandant ce qu'il avait vu. L'avait-il démasquée ? Ses sourcils se froncèrent tandis qu'il tendait la main pour toucher son visage. Oh non ! POINT DE VUE DE L'AUTEUR « Des larmes ! » La voix de Gabriel dérailla, l'incompréhension se lisant sur ses traits. « Est-ce qu'elle... » Soudain, un coup frappé à la porte l'empêcha de tirer des conclusions hâtives. « Monsieur, il y a quelqu'un ici qui demande à voir Madame. » « Est-ce Zara ? » demanda-t-il, visiblement agacé. « Non, monsieur. » « Alors qui cela peut-il être ? » « Monsieur, vous feriez mieux de venir voir par vous-même. » Tout frustré qu'il était, Gabriel dut quitter la pièce pour aller vérifier qui pouvait bien chercher à voir Vivian alors qu'elle était si proche de la mort. Dès qu'elle entendit la porte se refermer, Zara sortit de sa cachette et courut se jeter dans les bras de sa mère. « Maman, je n'arrive pas... Je n'arrive pas à croire que papa puisse faire une chose pareille », bégaya-t-elle en pleurant à chaudes larmes, rendant ses paroles incohérentes. « Zara, tu dois partir. » « Qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne partirai pas sans toi ! » « Tu ne peux pas rester ici. Je ne veux pas que ton père te trouve là et fasse quelque chose de drastique. » « Inquiète-toi pour toi, maman ! Tu es en bien plus grand danger que moi en ce moment ! » Le cœur de Vivian se serra. Comment pouvait-elle expliquer à sa fille que si Gabriel était capable de la tuer, elle, il n'hésiterait pas non plus à éliminer sa propre fille ou quiconque se dresserait sur son chemin ? « Je vais m'en sortir. J'ai passé un appel avec ton téléphone, tu te souviens ? » dit-elle doucement mais précipitamment. Zara hocha la tête, se rappelant le moment où sa mère lui avait emprunté son téléphone, même si elle ignorait ce qu'elle en avait fait. « Des gens vont venir me chercher. Ce sont des personnes extrêmement puissantes. Je veux seulement que tu sois en sécurité. Mais écoute attentivement ce que j'ai à te dire », enchaîna sa mère d'une voix soudainement ferme, ce qui surprit Zara. « Dans le grand magasin au nom des Kim, il y a un laboratoire technologique souterrain. Personne n'en connaît l'existence. Maintenant, tu sais. Ton empreinte digitale y a été enregistrée. J'y ai laissé toutes mes recherches et mes projets. Je veux que tu m'aides à les protéger au péril de ta vie. Ne le laisse pas mettre la main dessus. » Zara savait que sa mère faisait référence à son père dans la dernière partie de sa phrase, mais tout cela devenait trop lourd à assimiler. Un laboratoire souterrain ? Des recherches ? Les protéger ? Pourquoi sa mère parlait-elle ainsi ? C'était comme si elle savait qu'elle ne s'en sortirait pas. « Maman... » Elle la regarda, terrifiée par les pensées qui se bousculaient dans son esprit. Un pressentiment sinistre s'installait au creux de son estomac, une sensation inexplicable. Quelque chose de terrible allait se produire ce soir, et cette seule pensée faisait trembler tout son corps. « Tu dois partir. Je vais bien aller. » « Promets-le-moi. » « Je te le promets », parvint à dire Vivian après un long moment d'hésitation, sentant les larmes lui brûler les yeux alors qu'elle luttait pour ne pas s'effondrer. La porte s'ouvrit peu après et un homme de quelques années plus âgé que Vivian entra, entouré d'une aura à la fois mystérieuse et charmante. « Qui... ? » « Pas de questions, pars. Emprunte le passage secret derrière le miroir, il te mènera directement à l'extérieur de la propriété. » « D'accord maman, je m'en vais. Je t'aime. » Elle serra sa mère une dernière fois dans ses bras et s'exécuta. « Je t'aime, ma chérie. » Vivian laissa enfin ses larmes couler librement tandis qu'elle fixait le miroir pendant de longues secondes. « Je suis tellement désolée. »POINT DE VUE DE L'AUTEURAux Entreprises Park Ltée.« Papa ! »La double porte du bureau de direction s'ouvrit à la volée lorsqu'une Bella furieuse irrompit dans la pièce. Elle portait un chemisier en chiffon bleu aux manches ajustées, associé à une jupe crayon à taille haute s'arrêtant bien au-dessus des genoux, et des talons hauts à brides blanches qui mettaient en valeur ses longues jambes, lui donnant une allure à la fois mignonne et féminine.« Mademoiselle, où sont vos manières ? » Gabriel semblait d'un calme olympien, s'attendant à sa venue. Il savait qu'il ne lui faudrait pas longtemps avant d'apprendre la nouvelle et de venir se plaindre.« Comment ça, tu as vendu le centre commercial Horizon ? C'est moi qui le possède et qui le gère, et tu le vends sans même me demander mon avis ! » Gabriel hésita un instant en se remémorant l'appel des King la veille au soir pour s'enquérir de l'avancement de la station balnéaire. Ils ne l'avaient pas dit explicitement, mais il pressentait
POINT DE VUE DE L'AUTEUR« Il semble que ce soit la jeune femme que nous avons prise en voiture à l'aéroport il y a deux jours, monsieur », lui glissa doucement Cole, un pas derrière son supérieur.Devon se tenait au bord de la terrasse, ses yeux sombres rivés sur elle. Il était légèrement impressionné. Bien que sa façon de manier le club trahisse son statut d'amatrice, elle parvint d'une manière ou d'une autre à toucher précisément la cible.« Devrais-je demander à la sécurité de la sommer d'arrêter ce spectacle ? »« Conduis la délégation du Pays C dans mon salon privé dès son arrivée. » Il se détourna de la terrasse, suivi de Cole, de deux assistants de direction et d'une escouade de gardes du corps imposants au visage impassible, ce qui accentuait encore son aura d'autorité.« Bien, monsieur. » Cole comprit que son patron ne trouvait rien à redire aux agissements de Zara.Zara n'avait pas remarqué que Devon l'observait depuis la foule. Cependant, alors qu'elle terminait son tour,
POINT DE VUE DE L'AUTEURNathan pénétra dans le bureau du PDG, arborant un costume trois-pièces taillé sur mesure. Ses cheveux coiffés en arrière mettaient en valeur sa mâchoire sculptée et ses sourcils fournis qui accentuaient l'intensité de son regard. Il dégageait une aura fraîche et inébranlable, alliance naturelle d'une autorité tranquille et d'un pouvoir décisionnel redoutable.« Monsieur Nathan Hong, à quoi dois-je cette visite inattendue ? » Gabriel se leva de son bureau de direction et s'avança, lui tendant la main avec un sourire chaleureux.Nathan, se retrouvant enfin face à l'homme qui avait causé tant d'années de souffrance et de chaos à Zara, ressentit un profond dégoût. Il ignora la main tendue de Gabriel, craignant ce dont il serait capable s'il la serrait.Il lui fallait une maîtrise de soi prodigieuse pour ne pas encastrer son poing directement dans le visage suffisant de Gabriel.Le sourire de Gabriel vacilla, légèrement embarrassé, mais il balaya rapidement ce mala
POINT DE VUE DE L'AUTEUR Il était tard dans la nuit lorsque Zara ouvrit son ordinateur portable personnalisé au design épuré, puis étira ses doigts avant d'attaquer son travail. Lunettes de travail sur le nez, ses cheveux relevés en un chignon flou, elle affichait un air à la fois détendu et résolu. Ses doigts survolèrent le clavier mécanique à une vitesse impressionnante tandis que des lignes de code vert s'affichaient sur l'écran sombre. « Trop facile », marmonna-t-elle avec un sourire moqueur en constatant qu'elle venait d'outrepasser toute une série de pare-feu sans déclencher la moindre alerte système. En l'espace de quelques secondes, elle pénétra dans un coffre-fort numérique d'entreprise. « Je ne peux pas croire qu'il ait pensé à changer le mot de passe lui aussi », railla-t-elle doucement en secouant la tête. En un rien de temps, elle eut terminé et s'attacha à effacer intégralement ses empreintes numériques avant de refermer son ordinateur pour aller se coucher. « J'es
POINT DE VUE DE L'AUTEURCe parfum... Son cerveau semblait reconnaître une senteur particulière. Impossible de se rappeler où il l'avait déjà respirée, mais elle éveillait un sentiment de familiarité troublant, comme s'ils partageaient une histoire commune, faisant accélérer son pouls d'une manière tout à fait inhabituelle.« Regardez où vous mettez les pieds », dit-il en la libérant de son étreinte.Zara réajusta son manteau et replaça ses lunettes d'un coup de poignet sec, légèrement déstabilisée par la situation qui venait de se produire.« Que je regarde où je mets les pieds ? Et vous alors ? Où pensez-vous aller après avoir bousculé quelqu'un de la sorte ? Laissez-moi vous dire que je suis la dernière personne à qui vous devriez vous en prendre. Vous feriez mieux de présenter des excuses comme un homme digne de ce nom », lança-t-elle, les bras croisés.Devon haussa un sourcil, un léger sourire amusé se dessinant au coin de ses lèvres.« Qu'est-ce qui est drôle ? » demanda-t-elle
POINT DE VUE DE L'AUTEUR5 ans plus tard« Bon retour, monsieur », dit Cole en faisant un pas en avant pour prendre la lourde valise en cuir des mains de Devon.Devon ajusta ses manchettes, son regard balayant le terminal chaotique.« Suis-je resté hors du pays depuis si longtemps que l'aéroport s'est transformé en place du marché ? »« Les médias ont fait fuiter la nouvelle de l'arrivée de Nyx », expliqua Cole en essayant de maintenir le rythme de Devon. « Les journalistes prennent les portes d'assaut pour tenter d'obtenir une photo d'elle à la une, tandis que les dirigeants de la tech et les présidents de certaines entreprises ont envoyé leurs représentants pour la débaucher. »« Nyx... Hmm. Elle est enfin là. Et pourquoi ne prenons-nous pas contact nous aussi ? » demanda Devon, une lueur particulière dans ses yeux sombres.« Vous venez tout juste de rentrer, monsieur. J'attendais vos instructions explicites, d'autant plus qu'elle a catégoriquement rejeté nos propositions à trois re







