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Chapitre 7 — Le premier sourire de vengeance

last update Petsa ng paglalathala: 2026-11-02 20:05:18

Lorsque Léna entra dans le salon, elle n'eut même pas besoin de regarder autour d'elle pour comprendre ce qui l'attendait.

Madame Laurent était installée sur le canapé principal, Monsieur Laurent consultait quelques documents et Isabella occupait la place juste à côté de sa mère. Une petite boîte en velours reposait entre ses mains.

Léna reconnut immédiatement la scène.

Trois ans plus tôt, Isabella avait déjà profité de ce moment pour l'humilier devant leurs parents. Elle lui avait montré son nouveau bijou, multiplié les remarques méprisantes et attendu avec impatience que Léna laisse paraître sa jalousie.

À l'époque, elle était tombée dans le piège.

Pas aujourd'hui.

— Enfin ! s'exclama Isabella en levant les yeux vers elle. Tu en as mis du temps ! On dirait qu'il faut toujours te rappeler que tu vis sous ce toit.

Léna referma tranquillement la porte derrière elle.

— Bonjour à toi aussi, Isabella.

Le sourire de sa sœur adoptive se figea une fraction de seconde. Elle avait probablement prévu des excuses, pas une réponse aussi légère.

— Tu pourrais au moins t'excuser de nous avoir fait attendre, reprit Isabella.

— Je ne savais pas que mon arrivée était aussi importante. La prochaine fois, je ferai annoncer mon entrée.

Madame Laurent fronça les sourcils.

— Léna, ne commence pas. Isabella voulait simplement te montrer quelque chose.

— Alors, qu'elle me le montre.

Sans attendre qu'on l'invite, Léna s'installa dans un fauteuil en face d'elles. Son attitude décontractée sembla davantage agacer Isabella que n'importe quelle insulte.

Cette dernière ouvrit brusquement son écrin.

— Regarde ! Maman m'a offert ces boucles d'oreilles. Elles sont magnifiques, n'est-ce pas ?

Les pierres précieuses étincelèrent sous la lumière du lustre.

Léna y jeta un coup d'œil. Elle se souvenait parfaitement de ce cadeau. Elle se souvenait aussi des paroles qui avaient suivi, des sous-entendus sur son origine modeste et de la façon dont Isabella avait pris plaisir à lui rappeler qu'elle n'était qu'une étrangère dans cette maison.

— Elles sont jolies, répondit-elle tranquillement.

Isabella attendit.

Une seconde. Deux secondes.

— Tu ne veux pas les regarder de plus près ?

— Pourquoi ? Tu comptes me les offrir ?

Monsieur Laurent étouffa un léger raclement de gorge. Isabella referma aussitôt l'écrin.

— Bien sûr que non ! Elles sont beaucoup trop précieuses.

— Dans ce cas, garde-les bien. Ce serait dommage de perdre un cadeau pareil.

Léna lui adressa un sourire poli.

Le visage d'Isabella se contracta. Elle n'obtenait décidément pas la réaction qu'elle désirait.

— Tu es vraiment étrange aujourd'hui. Tu n'es pas jalouse, par hasard ? Après tout, maman m'offre toujours de belles choses. Toi, tu n'as jamais vraiment eu droit à ce genre d'attention.

Madame Laurent posa sa tasse.

— Isabella, ça suffit…

Mais son ton manquait de fermeté. Elle ne reprochait pas réellement à sa fille d'avoir provoqué Léna ; elle voulait simplement éviter une dispute.

Léna tourna les yeux vers Isabella.

— Tu as raison sur un point. Maman t'offre beaucoup de choses. Alors profite-en au lieu de passer ton temps à vérifier si j'en suis jalouse.

Un silence tomba dans le salon.

Isabella ouvrit la bouche, puis la referma. Elle n'avait pas l'habitude que Léna lui réponde sans se troubler. D'ordinaire, quelques remarques suffisaient à lui faire baisser la tête.

— Maman ! Tu entends comment elle me parle ?

Madame Laurent se tourna vers Léna.

— Tu pourrais faire preuve d'un peu plus de douceur. Isabella ne fait que plaisanter.

Léna soutint son regard.

— Si c'était une plaisanterie, elle aurait dû être drôle.

Monsieur Laurent posa ses documents sur la table.

— Léna, tu es ici depuis peu. Tu devrais apprendre à mieux vivre avec ta sœur au lieu de chercher constamment la confrontation.

Léna eut presque envie de rire.

Depuis peu ?

Dans sa première vie, elle avait passé des années à faire des efforts pour être acceptée. Elle avait appris les goûts de chacun, anticipé leurs besoins et renoncé à ses propres envies. Pourtant, rien de tout cela n'avait suffi.

Elle se leva doucement.

— Je ne cherche pas la confrontation, Monsieur Laurent. Je suis simplement venue parce qu'on m'a appelée. Si vous n'avez plus besoin de moi, je peux retourner dans ma chambre.

Isabella se redressa brusquement.

— Attends ! Tu ne vas quand même pas partir comme ça !

Léna s'arrêta et tourna légèrement la tête.

— Tu voulais me montrer tes boucles d'oreilles. Je les ai vues. Elles sont jolies. Qu'est-ce qu'il te manque encore ?

Isabella serra les dents.

Elle avait voulu faire pleurer Léna. Elle voulait la voir se comparer à elle, réclamer de l'attention et se plaindre de l'injustice. Mais la jeune fille devant elle semblait parfaitement indifférente à ses provocations.

Léna, elle, connaissait déjà la suite. Isabella finirait par trouver une autre occasion de jouer les victimes. Madame Laurent prendrait son parti et Monsieur Laurent lui reprocherait de ne pas savoir se comporter.

Elle n'avait aucune raison de rester pour assister une nouvelle fois à cette comédie.

Au moment où elle s'apprêtait à partir, une notification apparut devant ses yeux.

[Bip ! Mission accomplie.]

[Félicitations, hôte. Vous avez résisté à une humiliation sans chercher à obtenir l'approbation de votre famille.]

[Récompense obtenue : 500 000 dollars.]

Léna conserva son expression neutre, mais son cœur fit un bond.

Une nouvelle notification suivit.

[Compétence débloquée : Maîtrise émotionnelle — Niveau 1.]

[Effet : renforce la capacité de l'hôte à conserver son calme face aux provocations et aux pressions psychologiques.]

Léna fixa les derniers mots. Elle venait réellement de recevoir sa récompense.

Un sourire discret effleura ses lèvres.

Cette fois, elle ne repartirait pas les mains vides. Et surtout, elle n'avait pas eu besoin de verser une seule larme pour obtenir ce qu'elle voulait.

— Léna ! Tu m'écoutes ?

La voix agacée d'Isabella la ramena au salon.

Elle tourna la tête et lui adressa un sourire tranquille.

— Bien sûr. Je t'écoute.

Puis, sans attendre de nouvelle provocation, elle quitta la pièce.

Derrière elle, Isabella resta immobile, contrariée de ne pas avoir réussi à la faire sortir de ses gonds.

Pour Léna, cette première victoi

re avait une saveur particulière.

Elle venait de comprendre qu'il était possible de leur tenir tête sans perdre son calme.

Et ce n'était que le début.

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