เข้าสู่ระบบElle fit un pas vers lui.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Julien jeta un regard aux invités qui les observaient. Puis il prit une inspiration et déclara d’une voix suffisamment forte pour que toute la salle l’entende :
— Je romps avec toi.
Un murmure de surprise traversa la réception.
Léna sentit ses lèvres trembler.
— Tu… tu romps avec moi ? Après tant d'années ?
— Je ne veux pas d’une voleuse comme fiancée. Je ne vais pas passer ma vie avec une femme capable de s’en prendre à Isabella par jalousie.
— Julien, je t’en prie… Tu sais que je n’ai pas volé ce collier. Tu sais qu’elle m’a frappée la première.
— Arrête de te chercher des excuses.
Il détourna le regard.
— Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi.
Léna le fixa, les yeux écarquillés. Dix années de souvenirs lui revinrent en désordre : les promesses murmurées, les mains serrées en secret, les moments où elle avait cru qu’il serait son refuge lorsque le monde se retournerait contre elle.
Et maintenant, devant tous ces gens, il la rejetait comme si elle n’avait jamais compté.
— Tu m’avais promis que tu resterais à mes côtés…
— J’ai changé d’avis.
Julien se détourna d’elle et rejoignit Isabella.
La jeune femme lui adressa un sourire timide, puis posa sa main sur son bras.
— Julien, tu n’aurais pas dû faire ça à cause de moi…
— Ce n’est pas à cause de toi, répondit-il. Je ne veux simplement pas d’une personne comme Léna dans ma vie.
Isabella baissa les yeux, mais son sourire s’élargit imperceptiblement.
Léna resta figée.
Sa famille d’accueil venait de la traiter d’erreur. L’homme qu’elle aimait depuis dix ans venait de la traiter de voleuse et de rompre avec elle. Et celle qui avait provoqué toute cette humiliation se tenait maintenant entourée de ceux qui la défendaient.
Personne ne vint la rejoindre.
Personne ne lui demanda si elle allait bien.
Madame Laurent désigna la sortie.
— Emmenez-la. Elle a assez gâché l’anniversaire de ma fille.
Les gardes la conduisirent jusqu’aux grandes portes.
Léna ne se débattit plus. Ses jambes avançaient mécaniquement, tandis que ses larmes coulaient librement sur ses joues.
La porte se referma derrière elle.
Dehors, la pluie tombait à verse.
Léna resta quelques secondes sous les marches du manoir, les bras serrés contre elle. Elle n’avait ni téléphone, ni manteau, ni argent. Tout ce qu’elle possédait se trouvait à l’intérieur, dans cette maison où elle avait vécu pendant des années. Elle avait voulu les bras valides, sans rien. C'était mieux ainsi.
Elle leva les yeux vers les fenêtres éclairées.
Derrière l’une d’elles, Isabella riait, entourée de ses parents et de Julien.
Léna sentit les larmes lui monter davantage aux yeux. Elle essuya son visage d’un revers de main, mais d’autres larmes coulèrent aussitôt.
Elle se retourna vers les grandes portes du manoir.
— Au revoir…
Sa voix trembla, mais elle poursuivit, suffisamment fort pour que les personnes encore près de l’entrée l’entendent.
— Je préférerais mendier dans la rue plutôt que de continuer à subir vos humiliations !
Les gardes restèrent silencieux.
Léna serra les dents, puis descendit les marches sous la pluie, ses larmes se mêlant aux gouttes qui ruisselaient sur son visage.
Derrière
elle, les portes du manoir Laurent demeurèrent fermées.
Elle ne se retourna pas.
Lorsque Léna entra dans le salon, elle n'eut même pas besoin de regarder autour d'elle pour comprendre ce qui l'attendait.Madame Laurent était installée sur le canapé principal, Monsieur Laurent consultait quelques documents et Isabella occupait la place juste à côté de sa mère. Une petite boîte en velours reposait entre ses mains.Léna reconnut immédiatement la scène.Trois ans plus tôt, Isabella avait déjà profité de ce moment pour l'humilier devant leurs parents. Elle lui avait montré son nouveau bijou, multiplié les remarques méprisantes et attendu avec impatience que Léna laisse paraître sa jalousie.À l'époque, elle était tombée dans le piège.Pas aujourd'hui.— Enfin ! s'exclama Isabella en levant les yeux vers elle. Tu en as mis du temps ! On dirait qu'il faut toujours te rappeler que tu vis sous ce toit.Léna referma tranquillement la porte derrière elle.— Bonjour à toi aussi, Isabella.Le sourire de sa sœur adoptive se figea une fraction de seconde. Elle avait probablement
L’écran bleuté qui flottait devant Léna se mit soudain à vibrer. Des lignes de lumière parcoururent sa surface, accompagnées d’un léger son électronique. Les caractères jusque-là immobiles se réorganisèrent rapidement, avant qu’une voix mécanique ne retentisse dans son esprit.[Bip ! Détection de l’hôte compatible.][Activation du Système de la vraie héritière en cours…]Léna sursauta.— Quoi ?La lumière s’intensifia, illuminant la chambre d’un éclat bleuté. Elle recula instinctivement, le regard fixé sur l’écran qui semblait prendre vie sous ses yeux.[Activation terminée.][Bienvenue, hôte. Vous êtes désormais liée au Système de la vraie héritière.]Léna resta bouche bée.— Le système de la vraie héritière… ?Elle sentit un frisson lui parcourir la nuque. Ces mots n’étaient pas anodins. Elle savait déjà qu’elle était la véritable fille biologique des Laurent. Dans sa première vie, elle avait découvert cette vérité après vingt-quatre années passées à se croire orpheline. Mais commen
Léna ouvrit brusquement les yeux.Un souffle rauque s’échappa de sa gorge tandis qu’elle se redressait sur son lit, le cœur affolé. Ses mains se plaquèrent contre sa poitrine, cherchant instinctivement les blessures qui l’avaient condamnée quelques instants plus tôt. Elle s’attendait à sentir ses côtes brisées, le sang couler sur sa peau, la douleur atroce de l’impact du camion.Mais rien.Son corps était intact.Elle baissa les yeux vers ses mains tremblantes, puis effleura son visage. Sa peau était froide, mais elle respirait. Elle était vivante.— Non… C’est impossible…Sa voix n’était qu’un murmure étranglé.Les images de cette nuit terrible s’imposèrent à son esprit : la pluie battante, les phares aveuglants, le choc violent, puis le conducteur qui l’avait abandonnée dans le caniveau sans même lui porter secours. Elle se souvenait de son sang, de sa faiblesse, de son dernier souffle.Elle était morte. Elle en était certaine.Alors pourquoi se trouvait-elle dans cette chambre ?Lé
Seule, sous une pluie battante, Léna titubait le long de la route. Ses jambes tremblaient, ses vêtements dégoulinaient d’eau et ses chaussures glissaient sur le bitume. Elle avançait sans savoir où aller. Chaque pas lui coûtait davantage, mais elle refusait de s’arrêter. Partir loin de cette famille était la seule et unique option qui s'offrait à elle.Un grondement de moteur retentit derrière elle.Elle se retourna.Les phares d’un camion l’aveuglèrent. Le klaxon hurla. Léna tenta de s’écarter, mais son pied glissa.Le choc fut brutal.Son corps fut projeté dans un fossé. Sa tête heurta le sol, et un gémissement étranglé s’échappa de ses lèvres.— Ah…Elle essaya de se redresser. Ses bras cédèrent. Une douleur aiguë lui déchira la poitrine. Elle toussa violemment et cracha du sang dans l’eau boueuse.Le camion freina.Le chauffeur descendit précipitamment et courut vers elle.— Mademoiselle ! Vous m’entendez ?Léna entrouvrit les yeux. Sa bouche trembla.— Aidez… moi…L’homme s’accro
Elle fit un pas vers lui.— Qu’est-ce que tu veux dire ?Julien jeta un regard aux invités qui les observaient. Puis il prit une inspiration et déclara d’une voix suffisamment forte pour que toute la salle l’entende :— Je romps avec toi.Un murmure de surprise traversa la réception.Léna sentit ses lèvres trembler.— Tu… tu romps avec moi ? Après tant d'années ?— Je ne veux pas d’une voleuse comme fiancée. Je ne vais pas passer ma vie avec une femme capable de s’en prendre à Isabella par jalousie.— Julien, je t’en prie… Tu sais que je n’ai pas volé ce collier. Tu sais qu’elle m’a frappée la première.— Arrête de te chercher des excuses.Il détourna le regard.— Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi.Léna le fixa, les yeux écarquillés. Dix années de souvenirs lui revinrent en désordre : les promesses murmurées, les mains serrées en secret, les moments où elle avait cru qu’il serait son refuge lorsque le monde se retournerait contre elle.Et maintenant, devant tous ces gens, il
Julien détourna brièvement les yeux, puis se plaça aux côtés d’Isabella.— J’ai vu Léna la gifler.Le silence qui suivit fut plus brutal que les deux gifles.Léna le fixa, incapable de détourner les yeux.— Quoi ?Julien ajusta sa manche.— Isabella ne t’a pas frappée. C’est toi qui as levé la main sur elle.— Julien, tu sais que c’est faux…— Ne rends pas les choses plus compliquées.Isabella se blottit davantage contre sa mère. Une larme glissa sur sa joue, mais ses lèvres esquissèrent un sourire presque imperceptible lorsque personne ne regarda dans sa direction.Léna sentit son souffle se suspendre. Julien venait de nier ce qu’il avait vu. Il venait de choisir Isabella devant toute cette assemblée.— Tu mens, souffla-t-elle.— Léna ! s’indigna Madame Laurent. Fais attention à la façon dont tu parles à Julien !— Il sait la vérité !— La vérité, c’est que tu as attaqué Isabella par jalousie, répliqua Monsieur Laurent. Tu n’as aucune gratitude. Nous t’avons gardée dans cette maison,