LOGINL’écran bleuté qui flottait devant Léna se mit soudain à vibrer. Des lignes de lumière parcoururent sa surface, accompagnées d’un léger son électronique. Les caractères jusque-là immobiles se réorganisèrent rapidement, avant qu’une voix mécanique ne retentisse dans son esprit.
[Bip ! Détection de l’hôte compatible.]
[Activation du Système de la vraie héritière en cours…]
Léna sursauta.
— Quoi ?
La lumière s’intensifia, illuminant la chambre d’un éclat bleuté. Elle recula instinctivement, le regard fixé sur l’écran qui semblait prendre vie sous ses yeux.
[Activation terminée.]
[Bienvenue, hôte. Vous êtes désormais liée au Système de la vraie héritière.]
Léna resta bouche bée.
— Le système de la vraie héritière… ?
Elle sentit un frisson lui parcourir la nuque. Ces mots n’étaient pas anodins. Elle savait déjà qu’elle était la véritable fille biologique des Laurent. Dans sa première vie, elle avait découvert cette vérité après vingt-quatre années passées à se croire orpheline. Mais comment cette chose pouvait-elle le savoir ?
Elle s’approcha lentement de l’interface, les yeux plissés.
— Comment connais-tu mon identité ? Est-ce que tu sais que je suis la fille biologique des Laurent ?
[Identité de l’hôte confirmée : Léna Laurent.]
[Statut : Véritable héritière de la famille Laurent.]
Léna sentit son cœur se serrer.
— Je rêve encore ? Ou bien… est-ce vraiment arrivé ?
Elle se pinça le bras. La douleur vive qui lui répondit la fit grimacer.
Non. Elle ne rêvait pas.
Une nouvelle notification apparut.
[Première mission disponible.]
Léna fixa les mots, hésitant à les faire défiler. Elle avait déjà vécu une expérience impossible en revenant trois ans en arrière. L’apparition de ce système ne faisait qu’ajouter au mystère de sa seconde chance.
L’écran changea.
[Mission : Briser les chaînes de la soumission.]
[Objectif : Accepter une humiliation sans supplier pour obtenir l’amour ou la reconnaissance de votre famille.]
[Conditions de réussite :]
- Ne pas implorer leur affection.
- Ne pas vous justifier inutilement.
- Ne pas chercher à gagner leur amour en vous rabaissant.
[Récompense : 500 000 dollars et une compétence aléatoire.]
Léna parcourut les lignes avec attention.
Cinq cent mille dollars…
Une somme qu’elle n’aurait jamais imaginé posséder. Même au sein de la luxueuse demeure des Laurent, elle avait toujours eu l’impression de devoir justifier sa présence. Elle n’avait jamais osé réclamer quoi que ce soit, de peur d’être considérée comme une ingrate.
Un autre message s’afficha.
[Les récompenses du système peuvent inclure : argent, compétences spéciales, informations confidentielles et secrets liés à votre destin.]
Ses yeux s’assombrirent.
Des secrets liés à son destin…
Léna se demanda si le système connaissait également les circonstances de sa première mort. Savait-il ce que les Laurent lui avaient fait subir ? Connaissait-il les vérités qu’elle avait découvertes trop tard ?
— Et si je refuse cette mission ? demanda-t-elle.
[La mission peut être refusée. Toutefois, les possibilités de progression de l’hôte seront limitées.]
Léna croisa les bras. Elle n’avait aucune envie de devenir l’esclave d’une interface mystérieuse, même si celle-ci semblait vouloir l’aider. Après avoir été manipulée pendant toute sa première vie, elle ne pouvait plus accorder sa confiance aussi facilement.
Mais cette mission ne lui demandait pas de se soumettre. Au contraire, elle lui imposait de préserver sa dignité au milieu de l’humiliation.
Un sourire froid se dessina sur ses lèvres.
— Très bien. J’accepte.
[Mission acceptée.]
[La mission sera déclenchée lors de votre prochaine confrontation avec un membre de la famille Laurent.]
L’interface émit une faible lueur. Une dernière notification apparut.
[Rappel : la récompense ne constitue pas votre unique objectif. Votre dignité est également une valeur à préserver.]
Léna observa ces mots sans répondre.
Dans sa première vie, elle avait supplié pour obtenir une place dans cette famille. Elle avait supporté les injustices, les accusations et les humiliations, persuadée que l’amour finirait par triompher.
Mais elle avait été sacrifiée.
Cette fois, elle pouvait encore jouer le rôle de la jeune fille docile devant eux, si cela servait ses plans. Elle pouvait même accepter certaines humiliations pour atteindre ses objectifs.
Mais au fond d’elle, elle ne se soumettrait plus jamais.
— Vous avez choisi Isabella plutôt que moi, murmura-t-elle. Vous m’avez abandonnée quand j’avais le plus besoin de vous. Cette fois, je ne chercherai plus votre amour.
Son regard se durcit.
— Et quand la vérité éclatera, vous regretterez chacun de vos choix.
L’interface disparut dans un éclat bleuté.
À peine Léna eut-elle repris son souffle que trois coups secs retentirent à la porte.
— Léna ! Descends immédiatement ! lança une voix féminine depuis le couloir. Isabella t’attend dans le salon !
Léna reconnut aussitôt la voix de Madame Laurent.
Ses doigts se crispèrent un instant. Elle se souvenait de cette voix, de son ton autoritaire et de toutes les fois où elle avait obéi sans discuter.
Cette fois, elle essuya les traces
de larmes sur ses joues, redressa les épaules et se dirigea vers la porte.
La première mission allait bientôt commencer.
Lorsque Léna entra dans le salon, elle n'eut même pas besoin de regarder autour d'elle pour comprendre ce qui l'attendait.Madame Laurent était installée sur le canapé principal, Monsieur Laurent consultait quelques documents et Isabella occupait la place juste à côté de sa mère. Une petite boîte en velours reposait entre ses mains.Léna reconnut immédiatement la scène.Trois ans plus tôt, Isabella avait déjà profité de ce moment pour l'humilier devant leurs parents. Elle lui avait montré son nouveau bijou, multiplié les remarques méprisantes et attendu avec impatience que Léna laisse paraître sa jalousie.À l'époque, elle était tombée dans le piège.Pas aujourd'hui.— Enfin ! s'exclama Isabella en levant les yeux vers elle. Tu en as mis du temps ! On dirait qu'il faut toujours te rappeler que tu vis sous ce toit.Léna referma tranquillement la porte derrière elle.— Bonjour à toi aussi, Isabella.Le sourire de sa sœur adoptive se figea une fraction de seconde. Elle avait probablement
L’écran bleuté qui flottait devant Léna se mit soudain à vibrer. Des lignes de lumière parcoururent sa surface, accompagnées d’un léger son électronique. Les caractères jusque-là immobiles se réorganisèrent rapidement, avant qu’une voix mécanique ne retentisse dans son esprit.[Bip ! Détection de l’hôte compatible.][Activation du Système de la vraie héritière en cours…]Léna sursauta.— Quoi ?La lumière s’intensifia, illuminant la chambre d’un éclat bleuté. Elle recula instinctivement, le regard fixé sur l’écran qui semblait prendre vie sous ses yeux.[Activation terminée.][Bienvenue, hôte. Vous êtes désormais liée au Système de la vraie héritière.]Léna resta bouche bée.— Le système de la vraie héritière… ?Elle sentit un frisson lui parcourir la nuque. Ces mots n’étaient pas anodins. Elle savait déjà qu’elle était la véritable fille biologique des Laurent. Dans sa première vie, elle avait découvert cette vérité après vingt-quatre années passées à se croire orpheline. Mais commen
Léna ouvrit brusquement les yeux.Un souffle rauque s’échappa de sa gorge tandis qu’elle se redressait sur son lit, le cœur affolé. Ses mains se plaquèrent contre sa poitrine, cherchant instinctivement les blessures qui l’avaient condamnée quelques instants plus tôt. Elle s’attendait à sentir ses côtes brisées, le sang couler sur sa peau, la douleur atroce de l’impact du camion.Mais rien.Son corps était intact.Elle baissa les yeux vers ses mains tremblantes, puis effleura son visage. Sa peau était froide, mais elle respirait. Elle était vivante.— Non… C’est impossible…Sa voix n’était qu’un murmure étranglé.Les images de cette nuit terrible s’imposèrent à son esprit : la pluie battante, les phares aveuglants, le choc violent, puis le conducteur qui l’avait abandonnée dans le caniveau sans même lui porter secours. Elle se souvenait de son sang, de sa faiblesse, de son dernier souffle.Elle était morte. Elle en était certaine.Alors pourquoi se trouvait-elle dans cette chambre ?Lé
Seule, sous une pluie battante, Léna titubait le long de la route. Ses jambes tremblaient, ses vêtements dégoulinaient d’eau et ses chaussures glissaient sur le bitume. Elle avançait sans savoir où aller. Chaque pas lui coûtait davantage, mais elle refusait de s’arrêter. Partir loin de cette famille était la seule et unique option qui s'offrait à elle.Un grondement de moteur retentit derrière elle.Elle se retourna.Les phares d’un camion l’aveuglèrent. Le klaxon hurla. Léna tenta de s’écarter, mais son pied glissa.Le choc fut brutal.Son corps fut projeté dans un fossé. Sa tête heurta le sol, et un gémissement étranglé s’échappa de ses lèvres.— Ah…Elle essaya de se redresser. Ses bras cédèrent. Une douleur aiguë lui déchira la poitrine. Elle toussa violemment et cracha du sang dans l’eau boueuse.Le camion freina.Le chauffeur descendit précipitamment et courut vers elle.— Mademoiselle ! Vous m’entendez ?Léna entrouvrit les yeux. Sa bouche trembla.— Aidez… moi…L’homme s’accro
Elle fit un pas vers lui.— Qu’est-ce que tu veux dire ?Julien jeta un regard aux invités qui les observaient. Puis il prit une inspiration et déclara d’une voix suffisamment forte pour que toute la salle l’entende :— Je romps avec toi.Un murmure de surprise traversa la réception.Léna sentit ses lèvres trembler.— Tu… tu romps avec moi ? Après tant d'années ?— Je ne veux pas d’une voleuse comme fiancée. Je ne vais pas passer ma vie avec une femme capable de s’en prendre à Isabella par jalousie.— Julien, je t’en prie… Tu sais que je n’ai pas volé ce collier. Tu sais qu’elle m’a frappée la première.— Arrête de te chercher des excuses.Il détourna le regard.— Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi.Léna le fixa, les yeux écarquillés. Dix années de souvenirs lui revinrent en désordre : les promesses murmurées, les mains serrées en secret, les moments où elle avait cru qu’il serait son refuge lorsque le monde se retournerait contre elle.Et maintenant, devant tous ces gens, il
Julien détourna brièvement les yeux, puis se plaça aux côtés d’Isabella.— J’ai vu Léna la gifler.Le silence qui suivit fut plus brutal que les deux gifles.Léna le fixa, incapable de détourner les yeux.— Quoi ?Julien ajusta sa manche.— Isabella ne t’a pas frappée. C’est toi qui as levé la main sur elle.— Julien, tu sais que c’est faux…— Ne rends pas les choses plus compliquées.Isabella se blottit davantage contre sa mère. Une larme glissa sur sa joue, mais ses lèvres esquissèrent un sourire presque imperceptible lorsque personne ne regarda dans sa direction.Léna sentit son souffle se suspendre. Julien venait de nier ce qu’il avait vu. Il venait de choisir Isabella devant toute cette assemblée.— Tu mens, souffla-t-elle.— Léna ! s’indigna Madame Laurent. Fais attention à la façon dont tu parles à Julien !— Il sait la vérité !— La vérité, c’est que tu as attaqué Isabella par jalousie, répliqua Monsieur Laurent. Tu n’as aucune gratitude. Nous t’avons gardée dans cette maison,