เข้าสู่ระบบSeule, sous une pluie battante, Léna titubait le long de la route. Ses jambes tremblaient, ses vêtements dégoulinaient d’eau et ses chaussures glissaient sur le bitume. Elle avançait sans savoir où aller. Chaque pas lui coûtait davantage, mais elle refusait de s’arrêter. Partir loin de cette famille était la seule et unique option qui s'offrait à elle.
Un grondement de moteur retentit derrière elle.
Elle se retourna.
Les phares d’un camion l’aveuglèrent. Le klaxon hurla. Léna tenta de s’écarter, mais son pied glissa.
Le choc fut brutal.
Son corps fut projeté dans un fossé. Sa tête heurta le sol, et un gémissement étranglé s’échappa de ses lèvres.
— Ah…
Elle essaya de se redresser. Ses bras cédèrent. Une douleur aiguë lui déchira la poitrine. Elle toussa violemment et cracha du sang dans l’eau boueuse.
Le camion freina.
Le chauffeur descendit précipitamment et courut vers elle.
— Mademoiselle ! Vous m’entendez ?
Léna entrouvrit les yeux. Sa bouche trembla.
— Aidez… moi…
L’homme s’accroupit près du fossé. Il sortit son téléphone, mais ses doigts hésitèrent sur l’écran.
Léna tendit faiblement la main vers lui. Ses doigts ensanglantés agrippèrent le bas de son pantalon.
— S’il vous plaît… ne me laissez pas…
Le chauffeur baissa les yeux vers elle. Il dégagea sa jambe, se releva et recula.
— Je vais appeler les secours…
Léna hocha la tête. Une quinte de toux la secoua. Du sang coula de ses lèvres.
— Vite… je vous en prie…
L’homme retourna vers son camion.
— Monsieur…
Il ne se retourna pas.
La portière claqua. Le moteur rugit. Les phares disparurent au loin.
Léna resta immobile, la main tendue dans le vide.
— Non…
Sa voix se brisa.
Elle tenta de ramener son bras contre elle, mais il retomba lourdement dans la boue. La pluie s’abattait sur son visage. Elle toussa encore, cracha du sang et se mit à trembler.
— Aidez-moi… quelqu’un…
La route demeura déserte.
Ses paupières s’alourdirent. Pourtant, elle s’efforça de les garder ouvertes. Elle ne voulait pas mourir. Pas ainsi. Pas dans un fossé, sans personne pour lui tenir la main.
Un visage traversa son esprit.
Julien.
L’homme qu’elle avait aimé avait vu toutes les humiliations de cette soirée. Il avait pourtant choisi de la condamner, avant de la rejeter comme une voleuse.
Léna ferma les yeux. Une larme glissa sur sa joue.
— Même toi…
Elle n’eut pas la force de terminer.
Sa respiration se fit plus courte. Elle tourna péniblement la tête, cherchant une silhouette sur la route. Personne. Elle tendit encore les doigts, mais ils ne rencontrèrent que l’herbe mouillée.
Une pensée lui traversa alors l’esprit.
Depuis sa naissance, elle avait attendu qu’on l’aime.
À l’orphelinat, elle avait espéré qu’une famille viendrait la chercher. Chez les Laurent, elle avait cru trouver un foyer. Avec Julien, elle avait rêvé d’un avenir.
Mais chaque espoir s’était transformé en douleur.
Un sanglot remua faiblement sa poitrine.
— Toute ma vie…
Elle cracha du sang, puis inspira dans un effort désespéré.
— Je n’ai… connu que ça…
La pluie battait son corps sans relâche. Ses doigts se crispèrent une dernière fois sur la terre.
Elle aurait voulu avoir une famille qui l’aime. Un homme qui la protège. Quelqu’un qui, au moins une fois, choisisse de rester.
Mais elle allait mourir seule, comme si sa présence n’avait jamais compté.
Ses lèvres tremblèrent.
— Si seulement…
Sa voix s’éteignit presque.
— Si seulement… je pouvais recommencer…
Une larme roula jusqu’à son oreille.
— Je ne les aimerais plus… Je ne leur donnerais plus jamais mon cœur…
Son souffle vacilla.
— Je leur ferais… payer…
Ses yeux se fermèrent lentement.
Une dernière pensée traversa son esprit : sa vie n’avait été qu’une succession de blessures, de rejets et d’espoirs brisés.
Si seulement une seconde chance m’était accordée…
Sa main retomba.
La pluie continua de tomber sur le fossé.
Léna L
aurent rendit son dernier souffle, seule, abandonnée dans la nuit, sous la pluie.
Et cette fois, personne ne vint la sauver.
Lorsque Léna entra dans le salon, elle n'eut même pas besoin de regarder autour d'elle pour comprendre ce qui l'attendait.Madame Laurent était installée sur le canapé principal, Monsieur Laurent consultait quelques documents et Isabella occupait la place juste à côté de sa mère. Une petite boîte en velours reposait entre ses mains.Léna reconnut immédiatement la scène.Trois ans plus tôt, Isabella avait déjà profité de ce moment pour l'humilier devant leurs parents. Elle lui avait montré son nouveau bijou, multiplié les remarques méprisantes et attendu avec impatience que Léna laisse paraître sa jalousie.À l'époque, elle était tombée dans le piège.Pas aujourd'hui.— Enfin ! s'exclama Isabella en levant les yeux vers elle. Tu en as mis du temps ! On dirait qu'il faut toujours te rappeler que tu vis sous ce toit.Léna referma tranquillement la porte derrière elle.— Bonjour à toi aussi, Isabella.Le sourire de sa sœur adoptive se figea une fraction de seconde. Elle avait probablement
L’écran bleuté qui flottait devant Léna se mit soudain à vibrer. Des lignes de lumière parcoururent sa surface, accompagnées d’un léger son électronique. Les caractères jusque-là immobiles se réorganisèrent rapidement, avant qu’une voix mécanique ne retentisse dans son esprit.[Bip ! Détection de l’hôte compatible.][Activation du Système de la vraie héritière en cours…]Léna sursauta.— Quoi ?La lumière s’intensifia, illuminant la chambre d’un éclat bleuté. Elle recula instinctivement, le regard fixé sur l’écran qui semblait prendre vie sous ses yeux.[Activation terminée.][Bienvenue, hôte. Vous êtes désormais liée au Système de la vraie héritière.]Léna resta bouche bée.— Le système de la vraie héritière… ?Elle sentit un frisson lui parcourir la nuque. Ces mots n’étaient pas anodins. Elle savait déjà qu’elle était la véritable fille biologique des Laurent. Dans sa première vie, elle avait découvert cette vérité après vingt-quatre années passées à se croire orpheline. Mais commen
Léna ouvrit brusquement les yeux.Un souffle rauque s’échappa de sa gorge tandis qu’elle se redressait sur son lit, le cœur affolé. Ses mains se plaquèrent contre sa poitrine, cherchant instinctivement les blessures qui l’avaient condamnée quelques instants plus tôt. Elle s’attendait à sentir ses côtes brisées, le sang couler sur sa peau, la douleur atroce de l’impact du camion.Mais rien.Son corps était intact.Elle baissa les yeux vers ses mains tremblantes, puis effleura son visage. Sa peau était froide, mais elle respirait. Elle était vivante.— Non… C’est impossible…Sa voix n’était qu’un murmure étranglé.Les images de cette nuit terrible s’imposèrent à son esprit : la pluie battante, les phares aveuglants, le choc violent, puis le conducteur qui l’avait abandonnée dans le caniveau sans même lui porter secours. Elle se souvenait de son sang, de sa faiblesse, de son dernier souffle.Elle était morte. Elle en était certaine.Alors pourquoi se trouvait-elle dans cette chambre ?Lé
Seule, sous une pluie battante, Léna titubait le long de la route. Ses jambes tremblaient, ses vêtements dégoulinaient d’eau et ses chaussures glissaient sur le bitume. Elle avançait sans savoir où aller. Chaque pas lui coûtait davantage, mais elle refusait de s’arrêter. Partir loin de cette famille était la seule et unique option qui s'offrait à elle.Un grondement de moteur retentit derrière elle.Elle se retourna.Les phares d’un camion l’aveuglèrent. Le klaxon hurla. Léna tenta de s’écarter, mais son pied glissa.Le choc fut brutal.Son corps fut projeté dans un fossé. Sa tête heurta le sol, et un gémissement étranglé s’échappa de ses lèvres.— Ah…Elle essaya de se redresser. Ses bras cédèrent. Une douleur aiguë lui déchira la poitrine. Elle toussa violemment et cracha du sang dans l’eau boueuse.Le camion freina.Le chauffeur descendit précipitamment et courut vers elle.— Mademoiselle ! Vous m’entendez ?Léna entrouvrit les yeux. Sa bouche trembla.— Aidez… moi…L’homme s’accro
Elle fit un pas vers lui.— Qu’est-ce que tu veux dire ?Julien jeta un regard aux invités qui les observaient. Puis il prit une inspiration et déclara d’une voix suffisamment forte pour que toute la salle l’entende :— Je romps avec toi.Un murmure de surprise traversa la réception.Léna sentit ses lèvres trembler.— Tu… tu romps avec moi ? Après tant d'années ?— Je ne veux pas d’une voleuse comme fiancée. Je ne vais pas passer ma vie avec une femme capable de s’en prendre à Isabella par jalousie.— Julien, je t’en prie… Tu sais que je n’ai pas volé ce collier. Tu sais qu’elle m’a frappée la première.— Arrête de te chercher des excuses.Il détourna le regard.— Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi.Léna le fixa, les yeux écarquillés. Dix années de souvenirs lui revinrent en désordre : les promesses murmurées, les mains serrées en secret, les moments où elle avait cru qu’il serait son refuge lorsque le monde se retournerait contre elle.Et maintenant, devant tous ces gens, il
Julien détourna brièvement les yeux, puis se plaça aux côtés d’Isabella.— J’ai vu Léna la gifler.Le silence qui suivit fut plus brutal que les deux gifles.Léna le fixa, incapable de détourner les yeux.— Quoi ?Julien ajusta sa manche.— Isabella ne t’a pas frappée. C’est toi qui as levé la main sur elle.— Julien, tu sais que c’est faux…— Ne rends pas les choses plus compliquées.Isabella se blottit davantage contre sa mère. Une larme glissa sur sa joue, mais ses lèvres esquissèrent un sourire presque imperceptible lorsque personne ne regarda dans sa direction.Léna sentit son souffle se suspendre. Julien venait de nier ce qu’il avait vu. Il venait de choisir Isabella devant toute cette assemblée.— Tu mens, souffla-t-elle.— Léna ! s’indigna Madame Laurent. Fais attention à la façon dont tu parles à Julien !— Il sait la vérité !— La vérité, c’est que tu as attaqué Isabella par jalousie, répliqua Monsieur Laurent. Tu n’as aucune gratitude. Nous t’avons gardée dans cette maison,