Se connecterLE SEIGNEUR DE L'APOCALYPSE Dans sa vie précédente, Adam n'était qu'un simple employé de bureau, méprisé par ses collègues et trahi par sa petite amie, qui l'a abandonné aux zombies pour sauver sa propre peau. Il est mort seul, dans l'indifférence générale. Mais lorsque le monde s'effondre à nouveau, Adam se réveille... 90 jours avant le début de l'apocalypse. Cette fois, Adam est déterminé à ne pas être une victime. Il utilise ses souvenirs du futur pour se préparer méthodiquement : il achète un entrepôt sécurisé, accumule des armes, de la nourriture et des médicaments, et surtout, il développe un talent inné pour le combat. Mais un événement inattendu change la donne . En accomplissant ces missions, il gagne des points qu'il peut échanger contre des compétences surhumaines (force, vitesse, régénération) et des objets rares. Alors que le chaos éclate, Adam ne se contente pas de survivre : il bâtit un refuge imprenable et devient un leader respecté et craint. Sur son chemin, il sauve et protège plusieurs femmes aux passés brisés, qui finissent par tomber amoureuses de lui : · Léa, une ancienne militaire qui devient sa bras droit et sa garde du corps. · Sophia, une brillante scientifique qui l'aide à comprendre le virus et le Système. · Camille, une jeune femme douce mais déterminée, qui lui rappelle son humanité. Mais le monde post-apocalyptique est impitoyable. Adam devra affronter des gangs de pillards, des mutants, et surtout, son ancienne petite amie, qui cherche à le manipuler pour profiter de son refuge. Entre la survie de son groupe, les attaques extérieures et les tensions amoureuses au sein de son harem, Adam devra prouver qu'il est devenu le maître de son destin. Car dans ce nouveau monde, soit on règne, soit on meurt.
Voir plus— Adam.
— Haaaaaaaa !
Je hurle, et ma bouche ne sait pas encore dans quel monde elle se trouve. Le cri racle ma gorge, accroche quelque chose au fond, ressort plus maigre. Je me redresse si vite que mon front manque mes genoux ; le drap me retient par les jambes. Je tire dessus, je tire encore — il ne faut pas qu'ils me tiennent, pas les jambes, pas maintenant. Ma main part vers mon cou et je la plaque sur la morsure, là, juste sous la mâchoire, là où la peau doit pendre, là où je sens les dents entrer. Je presse. Mes doigts glissent sur de la sueur, pas sur du sang. Je presse plus fort. Le cri s'éteint et je reste avec la bouche ouverte, sans bruit, sans air — une bouche qui sert enfin à quelque chose : prendre, prendre tout ce qui passe. Je ne trouve pas la plaie. Je ne trouve que ma peau et mon pouls qui se débat dessous. Ce petit animal idiot ne comprend pas qu'il est mort ; il cogne contre mes doigts. Je les retire, puis je les repose. Je cherche à droite, à gauche, tout le tour. Mes ongles font mal. La douleur est nette, presque propre. Ce n'est pas la bonne douleur. La bonne ouvre ; celle qui reste serre.
Je baisse les yeux sur ma main. Je ne distingue presque rien — des doigts gris dans le peu de jour, des doigts entiers, les miens. Je les compte sans en avoir envie : le pouce, les autres, cinq. Quelle chose obscène : cinq doigts pour un homme qui n'a plus de gorge. Je passe la langue sur mes dents. Du sel. Ma bouche est sèche et pleine de sel — pas ce goût épais qui m'emplit encore, pas cette chaleur de monnaie et de viande qui me descend dans le cou sans que je puisse l'avaler. Je crache sur le drap. Il n'y a presque rien. Je me penche, je regarde : une trace sombre de salive, rien de rouge. Je voudrais rire. Mon ventre se contracte et je ne ris pas. Derrière mes yeux, les dents reviennent. Elles trouvent leur place. Elles tirent. Je sens ma propre peau céder avec une lenteur absurde — le corps fait cela, il prend le temps de mourir quand tout en lui demande que ce soit vite. Je porte mes deux mains à ma gorge et je reste plié dessus. Je suis ici. Je suis ici. Le mot ne tient pas ; « ici » ne veut rien dire. Je sens encore le sol sous ma joue — non, c'est le drap contre mon genou. Je ne sais plus. Mes paumes collent, ma nuque ruisselle. Il y a un tissu contre mon ventre et je le repousse comme s'il respirait. Rien ne respire, sauf moi. Moi, trop fort. Moi, trop vite.
Je ferme la bouche pour écouter, et l'air ressort par mon nez avec un bruit cassé. Le silence ne se déchire pas : pas de course, pas de choc, pas de faim dans le noir. Juste ce souffle de mauvais outil, ma poitrine qui ne sait plus faire son travail. Je lui pose une main dessus, je pousse un peu, comme si je pouvais la remettre en place. Le cœur va trop vite. Il devrait ne pas aller du tout. Je le sens — je suis obligé de le sentir, je n'ai pas le choix. Je suis vivant. Le mot ne me touche pas encore ; il reste devant moi, un mot sur une porte que je n'ose pas ouvrir. Je baisse la tête et une goutte tombe de mon nez sur le drap. Je la suis du regard : une goutte, pas une flaque. Je peux compter ce qui sort de moi. Je peux encore compter. Les dents ne comptent pas ; elles prennent.
Je secoue la tête et je le regrette : la pièce bascule. Je ferme les yeux.
— Sarah ?
Personne. Mais son rire est là, pas loin — pas si loin que je puisse faire semblant de ne pas l'entendre. Il arrive avec le reste : la morsure, le sang, mon souffle qui ne passe plus. Il y a sa bouche, et je ne peux pas la séparer de ce bruit.
— Sarah, arrête.
Le rire continue. Il n'a rien de grand, rien d'un cri de folle ; c'est presque peu de chose. Voilà ce qui me donne envie de m'arracher la tête : ce presque, cette petite dépense d'air tandis que tout le mien fout le camp.
— Arrête ! je dis. Arrête, Sarah !
Ma voix part dans la chambre et retombe. Je rouvre les yeux ; le jour me pique. Sarah n'est pas dans la pièce. Le rire non plus. Ma gorge se serre encore et mes mains remontent — encore. Elles ne veulent rien apprendre. Je les oblige à rester sur mes cuisses, je les plaque. Je sens mes muscles trembler dessous. Je serre jusqu'à ce que ça fasse assez mal pour être ici — pour être dans cette chambre et pas dans cette bouche qui me tient. Je regarde le drap, son pli, la couture. Je regarde longtemps une couture. On ne me parle jamais du rôle des coutures dans le fait de ne pas devenir fou. Je pourrais presque lui en vouloir, à ce fil qui tient, à cette petite ligne obstinée. Il n'a pas l'air de savoir ce qui vient. Tout a cette insolence : le tissu, le mur, l'air — tout reste à sa place. Moi seul, je n'y arrive pas.
Je tends un pied hors du lit. Le sol est frais. Je le retire aussitôt, puis je le remets. Frais, dur, sans rien qui colle. Mon autre pied suit. Mes orteils se recroquevillent. Je m'assieds au bord et je reste là, les jambes écartées, les coudes sur les cuisses, la tête entre les mains. Je compte mes souffles : un entre, un sort. Le suivant bute. Je recommence. Je ne compte plus. Il suffit de laisser entrer. Il suffit de ne pas mourir de la façon la plus stupide après une mort dont je porte encore les dents.
Ma langue colle au palais. J'avale — c'est douloureux. Je recommence aussitôt : il faut vérifier, il faut que je sache où cela fait mal. La gorge tient. Elle tient. Je penche la tête en arrière et je tire la peau sous mon menton. Les doigts ne rencontrent qu'une chaleur lisse. Je passe les ongles dessus sans appuyer : aucun trou, aucune chair ouverte. Je voudrais voir mes mains en plein jour. Je voudrais ne plus avoir besoin de les voir. Je tourne les paumes, je les approche de mon visage. Il y a de petites lignes que je connais — je ne sais pas comment je les connais. Personne ne passe sa vie à regarder le dedans de ses mains, sauf quand il y reste quelque chose. Le sang ne reste pas ici. Il est ailleurs. Il est pourtant partout dans ma tête. Je frotte les paumes l'une contre l'autre ; elles font ce bruit sec de peau sur peau. Je m'arrête pour écouter. C'est ce bruit que je choisis — pas le rire, pas les dents. Ça : mes deux mains qui se touchent et ne trouvent rien entre elles.
— Adam ? Tu es réveillé ?
La voix vient de derrière la porte. Je ne réponds pas. Je ne sais pas quel Adam elle appelle.
— Adam, je t'entends. Tu as crié.
C'est Sarah. La vraie. Pas celle de mes dents. Ma gorge se ferme d'un coup.
— Va-t'en, je dis.
— Quoi ?
— Va-t'en, Sarah.
Un silence. Puis la poignée tourne, doucement, et la porte s'entrouvre. Je vois son visage dans l'entrebâillement, ses cheveux encore plats d'un côté, la marque de l'oreiller sur sa joue. Elle a l'air fatiguée. Elle a l'air de quelqu'un qui vient de se lever et qui ne sait pas encore ce que la journée lui veut.
— Tu as crié, elle dit. J'ai cru que...
— Que quoi ?
Elle ne finit pas. Elle regarde mes mains, mes mains sur mes cuisses, mes doigts écartés comme si je venais de lâcher quelque chose.
— Tu es tout pâle, elle dit. Qu'est-ce qui se passe ?
— Rien. Un cauchemar.
— Un cauchemar, elle répète, et sa voix est plate, méfiante. Tu m'as appelée. Tu as crié mon nom.
— J'ai crié ton nom ?
— Deux fois. Peut-être trois. Tu hurlais « arrête ».
Je regarde mes genoux. Une petite secousse passe dans le muscle, puis cesse.
— Je ne me souviens pas, je dis.
C'est faux. Je me souviens de tout. Mais je ne veux pas le lui donner. Elle reste dans l'entrebâillement, une main sur le chambranle, l'autre tenant sa robe de chambre fermée contre elle. Elle attend quelque chose. Un mot, un geste, une explication qui lui permette de retourner se coucher. Je ne lui donne rien.
— Tu veux que je reste ? elle demande.
— Non.
— Adam...
— Non, Sarah. Laisse-moi.
— AdamIl me saute dessus sans prévenir, un poids mort qui me tombe sur les épaules, un poids qui sent la mort et qui pèse plus que son corps, plus que son poids réel, plus que tout ce que j'aurais pu imaginer, plus que tout ce que j'aurais pu craindre, et je m'écrase au sol, la machette qui m'échappe, les mains qui se lèvent pour protéger mon visage, les avant-bras qui se croisent, les poings qui se serrent, et je sens ses doigts qui me griffent la joue, ses ongles qui s'enfoncent, sa peau qui se déchire, et je sens ses dents qui claquent à un centimètre de mon nez, à un millimètre, à rien du tout, et je sens son haleine, une haleine de pourriture, de viande avariée, de quelque chose qui n'est plus vivant, de quelque chose qui n'a jamais été vivant, de quelque chose qui n'aurait jamais dû exister, et je me dis que c'est ça, que c'est ça la mort, que c'est ça la vraie mort, celle qui mord, celle qui griffe, celle qui veut me dévorer.Je cherche la machette, mes doigts qui raclent le b
— AdamLa machette me scie la paume à force de la serrer, le manche enveloppé de ruban adhésif qui colle à ma peau, ce ruban que j'ai enroulé dix fois, vingt fois, trente fois peut-être, pour que le métal ne glisse pas, pour que mes doigts ne lâchent pas au mauvais moment, pour que cette lame reste solidaire de ma main comme si elle en faisait partie, comme si elle était le prolongement de mon bras, comme si elle était tout ce qui me séparait encore de la mort, et je pousse la porte du hangar d'un coup d'épaule, le barbelé qui grince, le métal qui crie, les gonds qui protestent, et le monde s'ouvre devant moi comme une gueule, une gueule béante, une gueule qui sent la mort et qui n'attend que moi, qui n'attend que le premier pas, que la première erreur, que le premier moment d'inattention.L'air sent le brûlé et la viande, une odeur qui me rentre dans le nez et qui s'y accroche, une odeur que je ne connaissais pas et que je reconnaîtrai désormais entre mille, une odeur qui me suit, qu
— AdamLa télévision crépite dans un coin du garage, les images qui sautent, les visages qui se succèdent, les journalistes qui parlent, qui parlent, qui parlent, leurs voix qui se chevauchent, qui se répètent, qui se contredisent, et je passe devant sans m'arrêter, les mains pleines de cartons, les bras qui tirent, le dos qui proteste, les jambes qui flageolent à chaque pas, et je me dis que je n'ai pas le temps, que je n'ai pas le temps d'écouter, que je n'ai pas le temps de m'arrêter, que chaque minute passée devant cet écran est une minute perdue pour ce qui compte vraiment.— … propagation rapide en Asie du Sud-Est …Je m'arrête, le carton suspendu au-dessus de la pile, les mots qui résonnent, qui s'installent, qui ne partent pas, les mots qui s'accrochent à mon cerveau comme des sangsues, comme des évidences que je refusais de voir, comme des confirmations de tout ce que je savais déjà sans vouloir le savoir.— … les autorités sanitaires se veulent rassurantes …Je pose le carto
— AdamLe dojo sent la sueur et le tatami mouillé, une odeur que je connais, une odeur qui me rappelle les cours de judo de mon enfance, les ceintures blanches, les chutes, les rires, et je pose mon sac contre le mur, les mains encore moites du volant, les épaules raides, le dos qui tire, le corps tout entier qui semble ne plus savoir comment se tenir debout, comme si les semaines passées à porter des cartons, à dérouler du barbelé, à soulever des packs d'eau, avaient fini par user quelque chose en moi, quelque chose que je ne savais même pas que j'avais.L'instructeur est un homme sec, la cinquantaine, les cheveux ras, les avant-bras couverts de cicatrices, des cicatrices anciennes, des cicatrices qui racontent des histoires, des histoires de bagarres, de chutes, de couteaux peut-être, et il me regarde entrer sans sourire, les bras croisés, les yeux qui évaluent, qui pèsent, qui jugent, des yeux qui ont vu trop de types comme moi, des types qui débarquent un jour avec leurs peurs et
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