Mag-log inLéa resta un long moment immobile dans la cuisine, le téléphone encore serré dans sa main tremblante. Les mots de son père résonnaient dans sa tête comme une sentence. Ne me fais pas honte. Elle n’avait plus le choix. Les jambes lourdes, elle monta l’escalier comme on monte à l’échafaud.
Dans la chambre d’amis, elle enfila la robe noire que quelqu’un avait livrée pendant son absence. Une robe moulante, élégante, courte, avec un décolleté discret mais provocant. Elle se regarda dans le miroir. Son reflet lui faisait pitié. Elle hésita longtemps devant le tiroir, puis, par pur esprit de rébellion, elle mit une culotte en coton noir. Je ne serai jamais nue devant cet homme. Je ne lui donnerai rien. Elle espérait que son message de tout à l’heure avait été clair : ils n’étaient que des colocataires. Rien de plus. Elle prit une profonde inspiration et poussa la porte de la chambre conjugale. Alexandre était assis dans le large fauteuil en cuir près de la fenêtre, les jambes écartées dans une posture arrogante. La lumière tamisée de la lampe de chevet creusait les ombres sur son visage. Il ne souriait plus. L’homme charmant de la cuisine avait disparu. Ses yeux étaient sombres, presque noirs, froids comme ceux d’un prédateur qui observe sa proie. Son visage semblait différent, plus dur, plus cruel. — Approche, petit chat, dit-il d’une voix basse. Léa s’avança à une distance respectable, les bras croisés sur sa poitrine. Mais cela ne suffit pas. Alexandre tendit le bras, saisit son poignet et la tira violemment vers lui. Elle se retrouva debout entre ses jambes écartées, si proche qu’elle sentait la chaleur de son corps. Ses mains glissèrent lentement sur ses mollets, remontèrent le long de ses cuisses, caressant la peau sous la robe. Elles atteignirent ses fesses et se figèrent. Il venait de sentir la culotte. Son regard changea instantanément. Une lueur terrifiante y passa, comme si quelque chose d’inhumain venait de se réveiller. Ses yeux ressemblaient à ceux d’un démon sorti des enfers. D’un geste sec, il la tira encore plus fort. Léa bascula en avant et se retrouva couchée sur ses genoux, le ventre écrasé contre ses cuisses, les fesses en l’air. Elle se débattit immédiatement, paniquée. — Non ! Lâche-moi ! Une claque violente s’abattit sur sa fesse droite. Le bruit claqua dans la chambre. Léa poussa un cri de surprise et de terreur. La douleur était brûlante. — J’aime pas quand on m’écoute pas, petit chat, murmura-t-il d’une voix glaciale qui la terrifia plus que la gifle elle-même. Il souleva la robe, baissa la culotte d’un coup sec jusqu’à ses genoux malgré ses mouvements désordonnés. Deux autres claques, encore plus fortes, s’abattirent sur sa peau nue. Léa cria, les larmes aux yeux. Ses fesses rougissaient déjà. Elle finit par se laisser faire, tremblante, épuisée par la peur. Elle était maintenant exposée, sans sous-vêtements, les fesses à l’air sur les genoux de son mari. Un profond dégoût lui tordit l’estomac. Alexandre passa lentement ses mains sur ses fesses rougies, les caressant presque tendrement. La chaleur de la peau le fit sourire. Puis, sans prévenir, il écarta brutalement ses cuisses. Léa se débattit à nouveau. Il attrapa son bras droit, le tordit derrière son dos et appuya jusqu’à lui arracher un gémissement de douleur. — Tu bouges et je te casse un bras. Ce n’était pas une menace en l’air. C’était une promesse calme et froide. Il relâcha légèrement la pression, mais garda le bras bloqué. Ses doigts revinrent entre ses jambes. Il écarta ses lèvres intimes. Léa était complètement sèche. Alexandre cracha sur ses doigts, étala la salive et enfonça deux doigts d’un coup dans son vagin. Léa gémit de douleur. Il commença des va-et-vient, tantôt rapides, tantôt lents, forçant son corps sec et réticent. — Tu n’étais pas déjà mouillée quand ton Théo te baisait ? murmura-t-il à son oreille, la voix chargée d’une rage contenue. Ici ? Dans cette chambre ? Sur mon lit ? Léa se figea. Il savait. Il avait tout vu. Les larmes coulèrent sur ses joues. Alexandre accéléra le mouvement de ses doigts, les courbant à l’intérieur, frottant sans pitié. — Jouis pour moi comme tu as joui pour lui. Crie mon nom cette fois. Elle avait mal. Terriblement mal. Son corps refusait, son esprit était paralysé par la terreur. Pas une once de plaisir. Seulement la sensation d’être violée, salie, punie pour avoir osé chercher un peu de chaleur dans les bras de l’homme qu’elle aimait. Alexandre continuait, impitoyable, ses doigts entrant et sortant tandis que son autre main maintenait fermement son bras tordu. Il respirait calmement, presque sereinement, comme s’il savourait chaque seconde de sa souffrance. Léa ferma les yeux, mordant sa lèvre jusqu’au sang. Elle ne jouirait pas. Elle ne lui donnerait pas ce plaisir. Mais elle savait, au fond d’elle, que cela ne faisait que commencer.La pluie avait cessé, mais pas les larmes de Léa. Le soleil pointait déjà le bout de son nez mais elle était encore assise sur ce banc, les pieds nus, la robe froissée, le maquillage dilué sur ses joues. Elle finit par se lever et appela un taxi. Arrivée à la villa, le silence la frappa. Aucun domestique en vue. Comme si Alexandre les avait tous renvoyés d’un seul coup. Elle monta prendre une douche froide. L’eau glacée se mélangea à ses larmes. Elle n’arrivait plus à les retenir. Elles coulaient sans fin, silencieuses, épuisantes. Après s’être habillée, elle descendit dans le salon. Alexandre était là. Il portait des lunettes de soleil, même à l’intérieur. Comme s’il voulait cacher qu’il avait pleuré. Ou cacher la honte qu’elle lui inspirait. À côté de lui se tenait un homme en costume, une mallette à la main. — Madame, asseyez-vous , dit l’homme poliment. Nous allons procéder au divorce. Léa mordit sa lèvre inférieure de toutes ses forces pour ne pas pleurer. Elle sentit le
Léa avait quitté la fête. Elle s’était réfugiée sur le balcon de l’hôtel, les mains posées sur la rambarde, regardant les voitures arriver et repartir dans la nuit. Elle ne pensait à rien. Ni à Théo. Ni à Lia. Juste au vide. À l’air froid. Au bruit lointain de la réception. Des pas s’approchèrent derrière elle. Elle crut un instant que c’était Alexandre. Mais la voix qui s’éleva n’était pas la sienne. — Ça va ? Elle se retourna et se retrouva face à Théo. Un faible sourire lui échappa. — Oui. — Tu as l’air en pleine forme, oui… Elle ne répondit rien. Elle se retourna de nouveau vers la rue. Des questions lui brûlaient la langue. Depuis quand ? Est-ce que c’était pour ça qu’il l’avait abandonnée ? Pourquoi venait-il lui parler maintenant ? Mais avant même qu’elle puisse les formuler, quelque chose se brisa en elle. Pas à cause de Théo. Autre chose. Une sensation brutale, comme si elle était sur le point de perdre la personne la plus importante de sa vie. Alors qu’elle l’avait
Les semaines avaient passé. Avec elles, l’amour entre Léa et Alexandre s’était installé plus profondément, plus silencieusement, fait de regards, de nuits partagées, de gestes moins brutaux et de non-dits qui s’étaient lentement transformés en habitudes. Et avec elles aussi étaient arrivées les fiançailles de Lia. C’était un samedi matin lorsqu’elle entra dans le bureau d’Alexandre. Il était penché sur ses dossiers, comme toujours. Elle s’arrêta devant son bureau. — C’est les fiançailles de Lia. Tu viens avec moi ? Alexandre releva les yeux, déposa son stylo et la regarda droit dans les yeux, comme il le faisait toujours quand une question comptait vraiment. — Tu as envie que je vienne ? Léa hésita une seconde. — Je sais pas… Oui. Un léger sourire étira ses lèvres. — Alors j’irai avec toi. Le soir venu, Léa s’était vêtue d’une robe de designer élégante, des talons hauts, les cheveux soigneusement coiffés. Alexandre, à ses côtés, était impeccable dans un costume sombre.
Léa n’arrivait pas à dormir. Alexandre dormait à côté d’elle, le visage enfin détendu, un bras lourd posé sur sa taille. Sa respiration était calme. Pour une fois, il n’avait pas de tension dans la mâchoire. Elle le regardait dans la pénombre, les yeux grands ouverts, et les paroles de Vanessa revenaient encore et encore.Psychopathie.Non sévère.Calculateur. Possessif.Une intelligence capable de détruire quelqu’un.Elle connaissait déjà ces mots, d’une certaine façon. Elle les avait sentis sur sa peau, dans sa gorge, entre ses cuisses. Elle les avait vus dans ses yeux quand il la frappait, quand il la retenait, quand il la regardait comme une chose qui lui appartenait. Mais les entendre officiellement, posés là comme un diagnostic, changeait quelque chose. Jusqu’où pouvait-il aller ? Est-ce qu’il avait déjà tué ? Pourquoi ne lui avait-il jamais rien dit ? La réponse était évidente. Un homme comme lui ne se définit pas. Il agit. Il contrôle. Il prend. Et il protège ce qu’il con
Léa avait enfin pris sa douche et s’était glissée sous les draps. Dans le noir de la chambre, les paroles de Vanessa tournaient en boucle. Elle était partagée entre le doute et ce qu’elle voulait croire. Jusqu’où pouvait-il être dangereux, réellement ? Est-ce qu’il avait déjà tué quelqu’un ? Pourquoi ne lui avait-il jamais rien dit ? Bien sûr. Un psychopathe ne te dit jamais qu’il est un psychopathe. Elle s’endormit sans s’en rendre compte, emportée par ces pensées. La nuit était déjà bien avancée quand elle sentit une main lui caresser le visage. Elle entrouvrit un œil. Alexandre était penché au-dessus d’elle. Elle referma aussitôt les paupières, non par peur, mais parce qu’elle avait encore envie de dormir. — Allez, lève-toi, murmura-t-il en continuant de lui caresser la joue. On m’a dit que tu n’avais rien mangé aujourd’hui. — Hmmmm… j’ai pas envie, marmonna-t-elle en s’étirant. — Même ? — Porte-moi alors, dit-elle avec un petit sourire paresseux. Il sourit à son tour. —
Le café arriva, posé avec discrétion sur la table basse par une domestique qui se retira aussitôt, sans un bruit. Les deux femmes prirent chacune leur tasse. Un silence confortable s'installa quelques instants, seulement troublé par le bruit léger des cuillères contre la porcelaine et le tic-tac discret d'une horloge quelque part dans le salon. Léa observait Vanessa du coin de l'œil. Il y avait dans cette femme une élégance tranquille, quelque chose de posé qui contrastait tellement avec la dureté de son beau-fils. Elle se demanda, l'espace d'un instant, ce que ça avait dû être d'élever un enfant comme Alexandre, de le regarder grandir en sachant déjà, peut-être, que quelque chose en lui ne ressemblait pas aux autres. Puis une question brûla les lèvres de Léa. Une question qu'elle n'avait jamais osé formuler à voix haute, même dans sa tête. Une tentation presque monstrueuse. — Il est déjà allé voir un psychologue ? Vanessa resta pensive un long moment, les yeux perdus quelque par







