LOGINChapitre 33
Sélyane
Le salon est plongé dans une pénombre lourde. Les enfants sont couchés, la maison est silencieuse. Démétrian se tient debout près de la fenêtre, les bras croisés, le visage fermé. Je suis assise sur le canapé, les mains serrées sur mes genoux, le cœur battant.
— Tu n'as pas à me dire qui je peux voir, dis-je enfin, la voix tremblante.
— Je ne te dis pas qui voir. Je te demande de faire attention.
— C'est la même chose. Tu débarques après
Chapitre 44DémétrianJe me réveille dans le fauteuil, le dos raide, la nuque douloureuse. La lumière du matin filtre à travers les rideaux. Maëlys dort encore, paisible. Je me lève doucement, je remonte la couverture sur ses épaules. Puis je sors de la chambre, sans bruit.La maison est silencieuse. Je m'approche de la cuisine. Et je m'arrête.Sélyane est là, debout devant l'évier. Elle ne m'a pas entendu. Elle est en chemise de nuit, les cheveux défaits. Ses épaules tremblent. Elle pleure. Silencieusement. Ses deux mains agrippées au rebord de l'évier, la tête baissée. Et elle pleure.Mon cœur se serre. Je reste figé, dans l'embrasure de la porte. Je n'ose pas bouger. Je n'ose pas respirer. Elle ne sait pas que je suis là. Et c'est mieux. Parce que si elle se retournait, elle fuirait. Elle se cacherait. Ell
Chapitre 43SélyaneLa maison est silencieuse. Les enfants sont couchés depuis une heure. Je suis dans la cuisine, je range les restes du dîner, mes gestes mécaniques. Et puis j’entends un bruit. Un pleur étouffé. Maëlys.Je pose l’assiette, je m’essuie les mains, je m’approche du couloir. La porte de leur chambre est entrouverte. Une faible lumière filtre. Je m’arrête. Je regarde.Démétrian est assis sur le bord du lit de Maëlys. Il la tient contre lui, sa petite tête blottie contre son torse. Elle sanglote, ses mains agrippées à sa chemise.— J’ai fait un cauchemar, murmure-t-elle.— Je sais, mon cœur. Mais je suis là. Tu es en sécurité.Sa voix est douce, chaude, patiente. Une voix que je ne lui connaissais pas. Il caresse ses cheveux, lentement, en lui murmuran
Chapitre 42DémétrianLe bureau est silencieux. Les dossiers s'empilent sur ma table, les appels s'accumulent sur mon téléphone. Mon empire. Celui que j'ai bâti à la force de mes poings, de mes nuits blanches, de mes sacrifices. Et pourtant, je n'arrive pas à me concentrer. Mes pensées sont ailleurs. Dans une petite maison, avec deux enfants qui m'appellent papa.Je repousse les papiers, je me lève, je prends ma veste. Basile me regarde, surpris.— Monsieur, la réunion avec les investisseurs…— Annule.— Pardon ?— Annule tout pour aujourd'hui.Il hoche la tête, sans poser de questions. Je sors, je monte dans ma voiture. La ville défile, floue. Et je me dirige vers l'école. Vers eux.Je les vois sortir, main dans la main. Maëlys sautille, Naël marche plus lentement. Ils ne m'ont pas encore vu.
Chapitre 41SélyaneSept heures du matin. La maison s'éveille doucement. J'entends les enfants rire dans leur chambre. Et j'entends autre chose. Une voix grave, chaude, qui les accompagne. Démétrian est là. Encore.Il est arrivé hier soir, soi-disant pour déposer des livres. Il est resté pour le dîner. Puis pour le bain. Puis pour l'histoire du soir. Et ce matin, il est encore là, en chemise froissée, les cheveux en désordre, préparant des tartines dans ma cuisine.— Maman ! crie Maëlys en dévalant l'escalier. Papa fait des tartines en forme de cœur !Je m'arrête dans l'embrasure de la porte. Il est penché sur le plan de travail, une emporte-pièce dans une main, une tartine beurrée dans l'autre. Naël le regarde, fasciné. Maëlys sautille autour de lui.— Ce n'est pas un cœur,
Chapitre 40DémétrianLe bureau est plongé dans une pénombre que je n’ai pas pris la peine de dissiper. Basile vient de partir, me laissant seul avec les dossiers étalés devant moi. Des années de recherches, de pistes, d’impasses. Mais aujourd’hui, quelque chose a changé. Je tiens une piste. Une vraie.Je prends mon téléphone, je compose le numéro de Sélyane. Elle décroche à la deuxième sonnerie.— Démétrian ? Il est tard.— Je sais. Je peux passer ?Un silence. Puis :— Les enfants dorment.— Je ne viens pas pour eux. Je viens pour toi.Nouveau silence. J’entends sa respiration, hésitante.— D’accord.Vingt minutes plus tard, je suis devant sa porte. Elle ouvre, en robe de chambre, les cheveux défaits. Elle est p&aci
Chapitre 39SélyaneLa porte s'est refermée derrière lui. Je reste seule dans la cuisine, les jambes tremblantes, le cœur battant. Les croissants sont sur le plan de travail, mais je ne les vois pas. Je ne vois que lui, son visage, ses yeux, sa promesse. Et cette chaleur qui monte en moi, cette évidence que je refuse d'admettre.Je recommence à l'aimer.Je m'assois, les coudes sur la table, la tête dans les mains. Les larmes coulent, silencieuses. Je les laisse. Je n'ai plus la force de les retenir. Je pense à ses mains sur ma joue, à son front contre le mien, à sa voix qui tremblait quand il m'a dit qu'il ne partirait plus.Et cette pensée me terrifie.J'ai passé sept ans à me protéger, à construire des murs, à me convaincre que je n'avais plus besoin de lui. J'ai élevé mes enfants seule, j'ai surmonté la peur, la solitude, la menace. J'ai survécu. Et aujourd'hui, il suffit qu'il revienne pour que tout s'effondre.Je me lève, je marc







