Chapitre 3SélyaneLa matinée s'étire, lourde, comme si l'air lui-même retenait son souffle. Je suis arrivée au bureau plus tôt que d'habitude, incapable de rester chez moi, incapable de supporter le silence de la maison une minute de plus. Les rues étaient encore grises, les lampadaires allumés, et je marchais vite, les épaules serrées, le regard fixe. J'avais l'impression d'être suivie, épiée, mais je ne voyais personne. Juste cette sensation tenace, ce poids entre mes omoplates.Mon bureau est froid. La lumière des plafonniers tombe sur les meubles clairs, sur les échantillons de tissus soigneusement rangés, sur les plans d'architecte étalés. Tout est à sa place, sauf moi. Je me tiens debout près de la fenêtre, les bras croisés, à fixer la rue en contrebas. Les voitures passent, les passants pressent le pas. La ville s'éveille, indifférente à ma panique. Je devrais m'asseoir, boire un café, préparer mes dossiers. Au lieu de cela, je reste là, figée, le cœur battant trop vite.Hier
Última actualización : 2026-08-26 Leer más