Se connecterChapitre 68
Élise
Londres m’accueille sous un ciel bas, une pluie fine qui ruisselle sur les vitres du taxi. Je retrouve mon penthouse, ses lignes épurées, ses baies vitrées qui surplombent la Tamise. Tout est familier. Tout est identique à ce que j’ai laissé. Et pourtant, rien n’est plus comme avant.
Je dépose ma valise dans l’entrée. Je traverse le s
Chapitre 68ÉliseLondres m’accueille sous un ciel bas, une pluie fine qui ruisselle sur les vitres du taxi. Je retrouve mon penthouse, ses lignes épurées, ses baies vitrées qui surplombent la Tamise. Tout est familier. Tout est identique à ce que j’ai laissé. Et pourtant, rien n’est plus comme avant.Je dépose ma valise dans l’entrée. Je traverse le salon. Je m’arrête devant la baie vitrée. La ville s’étend sous mes yeux, grise, indifférente, éternelle. Je ne ressens rien. Ni soulagement. Ni tristesse. Juste un vide immense, un silence intérieur qui m’étouffe.Victoria arrive dans l’après-midi. Elle a les bras chargés de dossiers, le visage tendu, l’efficacité d’une femme qui veut me ramener à la vie.&n
Chapitre 67GabrielLes jours suivants, je m'effondre.Je ne vais plus au bureau. Je ne réponds plus au téléphone. Je ne mange plus. Je ne dors plus. Je reste dans la demeure, seul, à errer dans les couloirs comme un fantôme. Les domestiques ont reçu l'ordre de ne pas me déranger. Nathan appelle, laisse des messages, envoie des mails. Je ne réponds pas.La chambre d'Élise est intacte. Son parfum flotte encore dans l'air. Je pousse la porte, je m'assois sur le bord du lit, et je respire. Je respire son odeur. Je ferme les yeux. Je la vois. Elle est là. Elle n'est pas là. Elle est partie.Je passe des heures dans cette chambre, à toucher les objets qu'elle a laissés. Un peigne. Un livre. Un bracelet. Le bracelet de ma grand-mère, qu'elle a oublié sur la table de nuit. Je le prend
Chapitre 66ÉliseLa pluie redouble.Je suis debout sous le porche, trempée, épuisée, brisée. Gabriel est devant moi, à quelques mètres, immobile, silencieux. Il attend. Il attend que je parle. Il attend que je décide. Il attend que je reste ou que je parte.Je le regarde. Longuement. Je vois un homme brisé. Un homme qui a découvert l'amour trop tard. Un homme qui a passé sa vie à se protéger, à se cacher, à se mentir. Un homme qui vient de tout avouer, de tout confesser, de tout donner. Un homme qui a enfin parlé.Mais je vois aussi une femme brisée. Une femme qui a trop donné. Une femme qui a attendu pendant sept ans. Une femme qui a souffert pendant cinq ans. Une femme qui a aimé, qui a espéré, qui a cru. Une femme qui vient d'&ecir
Chapitre 65GabrielElle est là, devant moi, trempée, épuisée, brisée. Sa robe rouge colle à sa peau, ses cheveux ruissellent, ses pieds nus sont couverts de boue. Elle me regarde avec des yeux qui ne sont plus gris mais noirs, des yeux de tempête, des yeux de noyée.Et moi, je sais que c'est mon dernier moment. Le dernier moment pour lui dire. Le dernier moment pour qu'elle comprenne.Alors je parle.– Mon père m'a convoqué dans son bureau trois semaines avant sa mort. Il était assis derrière son bureau, un dossier posé devant lui. Il m'a dit : « Gabriel, tu vas épouser Maëlle Moreau. C'est nécessaire. » Pas une question. Pas une demande. Un ordre. J'avais trente ans, et j'ai obéi comme j'avais toujours obéi. Parce que j'étais son fi
Chapitre 64ÉliseJe fuis.Je quitte le palais en courant, mes talons à la main, mes pieds nus sur le gravier glacé du parc. La pluie tombe en torrents, une pluie d’orage qui détrempe ma robe rouge, qui colle mes cheveux à mon visage, qui noie mes larmes sous des trombes d’eau. Je ne sais pas où je vais. Je sais seulement que je dois m’éloigner. M’éloigner d’Helena, de ses révélations, de ses mots qui m’ont transpercée comme des lames. La clause contractuelle. Le mariage forcé. Tout était faux. Tout, absolument tout.– Maëlle !Sa voix me parvient, portée par le vent, déformée par la pluie. Je ne m’arrête pas. Je cours plus vite. Le gravier me brûle la plante des pieds. Les branches des arbres me fouettent
Chapitre 63HelenaLa sécurité m'encercle. Trois hommes en costume sombre, le regard dur, les mains prêtes à intervenir. Je les regarde avec mépris, mais au fond de moi, la panique commence à monter.– Vous savez qui je suis ? Vous n'avez pas le droit de me toucher.– Madame Soren, veuillez nous suivre. Sans faire de scandale.Je ris. Un rire amer, qui résonne dans le hall silencieux. Les invités se sont figés. Les journalistes ont sorti leurs téléphones. Les caméras tournent. Je suis prise au piège, mais je ne leur donnerai pas la satisfaction de me voir céder.– Un scandale ? Mais mon cher, le scandale, c'est moi qui l'ai créé. Vous n'êtes que des figurants.Je fais un pas de côté. Un mouvem







