로그인Chapitre 61
Nathan
Les cris de maman résonnent dans tout l'appartement, ils rebondissent sur les murs jaunis, ils percent le silence qui régnait quelques secondes plus tôt, et je n'ai jamais entendu maman crier comme ça, jamais, pas même quand j'ai fait une crise et qu'elle a appelé les secours, pas même quand les médecins lui ont annoncé que mes reins ne fonctionnaient plus, pas même q
Chapitre 64NathanMaman me tient contre elle, mes pieds nus touchent à peine les marches froides de l'escalier, et je sens son cœur qui bat très vite dans sa poitrine, je sens ses bras qui me serrent fort, trop fort, comme si elle avait peur que je m'envole, que je disparaisse, que je coure encore. Mais je ne cours plus, je suis fatigué, mes jambes sont lourdes, mes yeux me piquent, et je regarde le monsieur assis sur les marches, mon papa, celui qui a dit qu'il était mon papa, celui qui pleurait par terre dans le salon il y a quelques minutes et qui maintenant ne bouge plus, ne parle plus, ne nous regarde même plus.Il a la tête baissée, les coudes sur les genoux, les mains qui pendent dans le vide, et ses épaules sont secouées de petits tremblements, comme s'il avait froid, comme s'il pleurait encore sans faire de bruit. Il n'a pas levé les yeux
Chapitre 63SarahNathan a couru dehors, il a jailli de l'appartement comme une flèche, ses petits pieds nus frappant le carrelage froid, et je n'ai pas eu le temps de le retenir, je n'ai pas eu le temps de l'attraper par le bras, je n'ai eu que le temps de hurler son nom, un cri qui a déchiré le silence de l'appartement dévasté, et puis je me suis lancée à sa poursuite, le cœur battant à tout rompre, les jambes qui tremblent, les poumons en feu. Il a dévalé le couloir, il a poussé la porte de l'immeuble qui n'était pas fermée, et je l'ai suivi, je l'ai suivi sans réfléchir, sans penser à Lucas, sans penser à Jérôme resté dans l'appartement, sans penser à rien d'autre qu'à mon fils qui fuyait, mon fils qui avait eu peur, mon fils qui avait plaqué ses mains sur ses oreilles pour
Chapitre 62LucasJe sors de l'appartement sans un mot, sans un regard en arrière, sans même refermer la porte que j'ai défoncée une heure plus tôt et qui pend toujours sur ses gonds comme un oiseau blessé. Mes jambes sont lourdes, mes épaules sont voûtées, mes bras pendent le long de mon corps comme s'ils ne m'appartenaient plus, et je franchis le seuil de ce studio misérable avec la sensation de quitter un champ de bataille, un champ de ruines où gisent les débris de ma colère et de mon amour et de tout ce que j'ai détruit sans le vouloir.Le couloir est silencieux, plongé dans la pénombre, et mes pas résonnent sur le carrelage usé tandis que je marche vers l'escalier. Je n'ai nulle part où aller, je n'ai personne à qui parler, je n'ai que ce vide immense qui s'est ouvert dans ma poit
Chapitre 61NathanLes cris de maman résonnent dans tout l'appartement, ils rebondissent sur les murs jaunis, ils percent le silence qui régnait quelques secondes plus tôt, et je n'ai jamais entendu maman crier comme ça, jamais, pas même quand j'ai fait une crise et qu'elle a appelé les secours, pas même quand les médecins lui ont annoncé que mes reins ne fonctionnaient plus, pas même quand elle a vu le monsieur dans le couloir de l'hôpital. Sa voix est aiguë, perçante, pleine d'une colère et d'une douleur qui me font peur, qui me font mal au ventre, qui me donnent envie de me cacher sous mon lit comme je le faisais quand j'étais petit et que l'orage grondait dehors.Et puis je vois mon papa, celui qui vient de me dire qu'il était mon papa, celui qui me serrait dans ses bras il y a encore une minute, je le vois qui pl
Chapitre 61NathanLes cris de maman résonnent dans tout l'appartement, ils rebondissent sur les murs jaunis, ils percent le silence qui régnait quelques secondes plus tôt, et je n'ai jamais entendu maman crier comme ça, jamais, pas même quand j'ai fait une crise et qu'elle a appelé les secours, pas même quand les médecins lui ont annoncé que mes reins ne fonctionnaient plus, pas même quand elle a vu le monsieur dans le couloir de l'hôpital. Sa voix est aiguë, perçante, pleine d'une colère et d'une douleur qui me font peur, qui me font mal au ventre, qui me donnent envie de me cacher sous mon lit comme je le faisais quand j'étais petit et que l'orage grondait dehors.Et puis je vois mon papa, celui qui vient de me dire qu'il était mon papa, celui qui me serrait dans ses bras il y a encore une minute, je le vois qui pl
Chapitre 60SarahJe les vois, Lucas au-dessus de Jérôme, son genou écrasant la poitrine de mon ami, ses mains serrées sur le col de sa veste, son visage déformé par une fureur que je ne lui ai jamais vue, une fureur animale, territoriale, qui me rappelle le jour où il m'a chassée, le jour où il a prononcé ces mots qui m'ont brisée en mille morceaux. Jérôme est allongé sur le carrelage, les bras en croix, le souffle coupé, et il ne se débat pas, il ne riposte pas, il reste là, impuissant, écrasé par cet homme qui a toujours obtenu tout ce qu'il voulait, qui a toujours détruit tout ce qui se mettait en travers de son chemin.Et puis j'entends Lucas qui dit « ma famille », j'entends ces deux mots qui sortent de sa bouche comme s'ils lui appartenaient, comme s'il avait le droi







