MasukLes minutes s'écoulèrent, lentes, interminables. Les machines bipaient en rythme, les infirmières passaient dans le couloir, la nuit s'épaississait dehors. La ville s'endormait, indifférente à notre drame, à nos peurs, à nos espoirs.
Je pris la main de Sofia, doucement, en prenant
Les minutes s'écoulèrent, lentes, interminables. Les machines bipaient en rythme, les infirmières passaient dans le couloir, la nuit s'épaississait dehors. La ville s'endormait, indifférente à notre drame, à nos peurs, à nos espoirs.Je pris la main de Sofia, doucement, en prenant soin de ne pas déplacer les perfusions.— Tu vas t'en sortir, murmurai-je. Tu es forte. Tu es une Rinaldi. Les Rinaldi ne se laissent pas abattre.Elle ne répondit pas, bien sûr. Mais je sentis ses doigts bouger, juste un peu, comme un signe. Un réflexe, peut-être. Ou peut-être un message. « Je t'entends. Je me
Je m'assis à côté de lui, pris sa main. Elle était chaude, moite, tremblante.— Elle va s'en sortir, dis-je. Elle est forte. Elle est une Rinaldi. Les Rinaldi ne meurent pas comme ça.Il tourna la tête vers moi, les yeux rouges.— Je vais le tuer, dit-il. Viktor. La femme. Tous ceux qui ont trempé dans cette affaire. Je vais les tuer un par un, lentement, doucement. Je vais leur faire regretter d'être nés.— Je sais.— Et toi, tu vas m'aider. Tu vas utiliser ton don pour les trouver. Pour les voir. Pour les traquer jusque dans leurs cauchemars.
Nous courûmes vers une berline noire garée un peu plus loin. Léo prit le volant, je m'assis à côté de lui. Le moteur rugit, la voiture s'élança dans la nuit.— Raconte-moi, dis-je. Tout.Léo déboîta, dépassa une voiture, se rabattit.— Sofia sortait de son cabinet. Elle travaillait tard, comme d'habitude. Un homme l'attendait dans le parking. Il a appelé son nom, elle s'est retournée, il a tiré.— Deux balles.— Oui. Une à l'épaule, une à l'abdomen. Les pompiers sont arrivés vi
Il recula, me sourit. Un sourire triste, résigné, mais pas vaincu. Un sourire qui disait « je t'aime et je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive ».— Va-t'en, Aurélia. Maintenant. Avant que je ne te dise des choses que je devrais garder pour moi. Des choses qui te feraient rester. Des choses que tu n'as pas besoin d'entendre.— Des choses comme quoi ?— Comme le fait que je suis amoureux de toi. Vraiment amoureux. Pas un caprice, pas une passade, pas une tentative de séduire la femme d'un ami. Un amour profond, entier, qui me consume. Qui me fait oublier de manger, de dormir, de vivre. Qui me fait sculpter ton visage dans chaque bloc d
AuréliaJe retournai à l'atelier.Le trajet fut un long tunnel. Les rues défilaient, les immeubles, les feux, tout ce décor urbain que je traversais sans le voir. Mon esprit était ailleurs, concentré sur les mots que j'allais dire, sur la manière de les dire sans faire trop mal, sur la force qu'il me faudrait pour ne pas céder.L'atelier se dressait au bout de la rue, sa verrière brillant dans la lumière de l'après-midi. Je me garai devant, coupai le moteur, restai un moment immobile, les mains sur le volant, le regard perdu dans le vide.Je pouvais
Il encaissa le coup. Je vis la douleur traverser son visage, déformer ses traits, assombrir ses yeux.— Je t'aime, Aurélia. Je t'aime d'une façon que tu ne comprendras jamais. Et oui, je te protège. Oui, je te défends. Oui, je suis jaloux. Parce que je t'ai perdue une fois, dans mes cauchemars, dans mes peurs, dans mes doutes. Et je ne veux pas te perdre vraiment.— Tu ne me perds pas. Tu m'étouffes.Il s'assit par terre, le dos contre le mur, les genoux remontés contre sa poitrine. Lui, l'homme qui faisait trembler toute la ville, était assis par terre comme un enfant perdu. Ses mains étaient ensanglantées, ses
AuréliaLes heures qui suivent sont un tourbillon.Un médecin arrive, un homme d'une cinquantaine d'années au visage fatigué et aux mains sûres. Il examine Matteo, change ses pansements, lui fait une piqûre d'antibiotiques. Il m'examine aussi, prend ma tension, me fait boire un cocktail de vitamine
AuréliaLe rapport s'étale sur la table basse, vingt-trois pages de données, de connexions, de noms. Matteo est en face de moi, dos à la fenêtre. La nuit est tombée sans que je m'en aperçoive.— Il a des ramifications jusqu'en Asie du Sud-Est, dit-il en poussant une photo vers moi. Triades, trafic
AméliaL'air du jardin est frais, chargé de l'odeur de terre mouillée et de feuilles mortes. L'entraînement. Matteo l'a présenté comme une séance de "biométrie avancée en milieu ouvert". Un mensonge pour les oreilles indiscrètes, pour les regards qui se croient cachés.Pour nous, c'est un exercice
AURÉLIAEt puis, aux petites heures, un autre bruit. De la musique. Très faible. Un air de piano, lent, mélancolique, qui filtre à travers les murs. Ça vient d’ailleurs dans l’appartement.Lui.Je ne peux pas m’en empêcher. Je me lève, approche ma main de la porte. Je n’ouvre pas. J’écoute. La musi







