Se connecterLe signal radio se coupa dans un sifflement strident, remplacé par le silence de mort d'une ville dont le cœur venait d'être arraché. Àtravers le pare-brise de la navette, le spectacle était apocalyptique : de la lisière est jusqu'aux docks de Moanda, les gratte-ciels de la CitéNoire s'éteignirent les uns après les autres, comme des bougies soufflées par un géant invisible. Le black-out était total. Les réseaux decommunication, les barrières de sécurité laser et les systèmes de ciblage automatique du cartel de l'Atlantique s'effondrèrent en uninstant.L'onde de choc électromagnétique frappa la navette de plein fouet. Les voyants du tableau de bord clignotèrent furieusement avant demourir, et l'appareil perdit brutalement de l'altitude, ses moteurs d'appoint crachant des étincelles bleutées."Accrochez-vous !", hurla Logan, agrippant le manche de pilotage d'une main tout en ignorant la douleur fulgurante qui vrillait sa jambebrisé
La pluie battante qui s'engouffrait par la verrière brisée du hangar crépitait sur le métal chaud de la navette. L'odeur âcre de la suie, dukérosène brûlé et du sang frais se mêla instantanément au parfum de jasmin coûteux qui flottait autour de la nouvelle venue. VictoriaVance-Duval — car c’était bien elle, la matriarche suprême de la branche européenne du cartel de l’Atlantique — fit un pas de plus sur lebéton mouillé. Son tailleur blanc restait immaculé, défiant la saleté de cette arène de sang où la Meute venait de massacrer les mutins.Derrière elle, les canons des fusils d'assaut de sa garde privée restaient parfaitement immobiles, alignés sur le cœur de Killian.Aria laissa retomber son poignard, ses doigts glissant sur la poignée d'acier. Ses yeux de jade se fixèrent sur cette femme qu'elle n'avait pasrevue depuis la grande purge des laboratoires de la Frontière. Le choc de voir son frère Julian vivant était une chose, ma
La voix brisée d'Éléonore s'éteignit dans un crépitement de friture statique, laissant derrière elle un silence plus coupant que les éclats demarbre qui jonchaient le sol du Palais. La pluie fine de la Cité Noire s'infiltrait par le toit éventré, lavant le sang noir et la poussière deplâtre sur le visage de Killian Vance. L'Alpha ne bougea pas d'un pouce, sa silhouette colossale pétrifiée sous l'impact de cette ultimerévélation.Robert. L'homme qu'il avait épargné quelques heures plus tôt sur les docks de Moanda, l'homme à qui il avait accordé sa clémence au nomde la survie de sa famille. Tout n'avait été qu'une sinistre mise en scène."Son fils…," murmura Logan, sa voix tendue par la douleur alors qu'il s'appuyait de tout son poids contre l'épaule de Killian, sa jambeblessée traînant sur les débris. "Balthazar… C'est lui qui dirige le contingent des jeunes loups du Croissant de Sang depuis que son pères'est fait écarter. S'il tie
La voix de Silas retomba sur la salle d'audience comme une chape de plomb liquide. Aux balcons, les charges explosives fixées auxcolonnes de marbre clignotaient d'une lueur orange régulière, un compte à rebours silencieux vers l'anéantissement. Logan, suspendu au-dessus du vide, la corde lui enserrant le cou, laissa échapper un gémissement étouffé, ses yeux tuméfiés cherchant désespérément leregard de son Alpha.Au centre de la pièce, le temps semblait s'être arrêté. Killian Vance se tenait immobile, le torse soulevé par une respiration lourde,sauvage. Le sang noir de ses ennemis filait le long de ses avant-bras, mais sa fureur brute venait de se heurter à un mur invisible. Soninstinct de possession absolue pour Aria hurlait de la protéger, de l'arracher à ce nid de vipères, mais la vision de son lieutenant, de sonfrère d'armes qui avait saigné à ses côtés depuis les premiers jours du gang, lui brisait le cœur."Dix secondes, Killian," rép
L’obscurité de la grande salle d’audience du Palais de Justice fut instantanément déchirée par les faisceaux blancs des lampes tactiques dela garde d’élite. La lumière crue se répercuta sur les dorures des plafonds et sur les visages horrifiés des parrains de la mafia, pétrifiésautour de la table de banquet. Au centre de ce chaos visuel, Killian Vance maintenait sa poigne de fer ancrée dans les cheveux du parrainMarcus. Ses yeux d’orage fixaient la silhouette qui se tenait à l’entrée de la pièce."Julian…," souffla Aria.Son arme, qu’elle pointait quelques secondes plus tôt sur le conseil des traîtres, trembla imperceptiblement. La surprise frappa la jeunefemme avec la violence d'un poison à action rapide. Son frère aîné, l'homme dont elle avait pleuré la perte pendant des mois après ladestruction des laboratoires de la Frontière, se tenait là, bien vivant. Il ne portait plus la blouse blanche du chercheur, mais un costume desoie sombre aju
Le silence qui s’installa dans la cabine de la navette fut plus lourd que le fracas des explosions qui consumaient le port de Moanda. Les morceaux du téléphone satellite de Diego glissèrent entre les doigts de Killian Vance, crépitant sur le plancher métallique. À la lueur des flammes faiblissantes de la côte, le visage de l'Alpha semblait sculpté dans la roche la plus sombre. Ses yeux d'orage, injectés de sang, ne fixaient rien, mais son corps tout entier laissait échapper une aura de haine si dense que Logan, aux commandes de l'appareil, n'osa pas croiser son regard dans le rétroviseur. "Silas…," murmura Aria, brisant la chape de plomb qui menaçait de les étouffer. Sa voix, d'ordinaire si ferme, manqua d'assurance sur la dernière syllabe. Sa main se posa inconsciemment sur son cœur, là où battait le lien qui l'unissait à
La poussière de marbre et la fumée âcre flottaient dans les ruines du grand hall. Derrière le sénateur Sterling, les projecteurs des véhicules blindés découpaient des silhouettes fantomatiques dans la nuit. L'aura verte toxique qui émanait du vieil homme faisait flétrir instantanément les boiseries
Le monde explosa dans un fracas de métal et de flammes. Le souffle de la détonation balaya la chambre d'hôte, pulvérisant les miroirs et projetant des milliers de éclats de verre mortels à travers la pièce. Dans un réflexe purement animal, Killian bascula son corps massif par-dessus celui d’Aria, faisa
L'aura émeraude qui entourait Aria se dissipa lentement, la laissant retomber lourdement sur le matelas develours noir. Elle haletait, le corps tremblant, les yeux écarquillés par l'incompréhension. Sa propre poitrine la brûlait encore, là où la marque mystérieuse s'était éveillée. Elle n'avait ja
La marche forcée à travers les montagnes de la frontière avait duré une partie de la nuit. Aria, épuisée, lespieds meurtris à travers ses talons hauts qu’elle avait fini par abandonner, s’était résignée à se laisser porter. Agrippée au torse nu et brûlant de Killian, elle avait senti chaque battem







