LOGINLe silence qui suivit l'annonce synthétique était plus lourd que le rugissement des moteurs à réaction. Dans la pénombre de la cabine, lalumière rouge du voyant d'alerte clignotait à un rythme régulier, balayant les visages fatigués, couverts de suie et de sang séché. Soixante-douze heures. C’était le temps qu’il restait avant que les puissances gouvernementales du Nord ne fassent disparaître toute trace dessyndicats du crime, de la Source originelle, et des hommes qui en connaissaient l'existence.Logan, les mains crispées sur le manche de pilotage jusqu'à ce que ses articulations en deviennent blanches, jeta un coup d'œil par-dessusson épaule. Sa jambe blessée saignait à nouveau à travers le pansement de fortune, mais la douleur physique semblait dérisoire face à lamenace qui venait de fondre sur eux."Une frappe orbitale...", déclara le lieutenant, sa voix éraillée trahissant une pointe d'incompréhension mêlée de terreur. "On ne parle pl
La pluie tropicale fouettait la baie vitrée fissurée du laboratoire central avec la régularité d'un métronome mortel, projetant sur le sol delinoléum blanc des ombres dansantes et déformées. À chaque coup de tonnerre, l'éclair illuminait la pièce, révélant la démesure ducauchemar. La pièce sentait le verre pilé, la chimie industrielle surchauffée et cette odeur métallique, presque sucrée, du sang frais quis'accumulait en petites marres sombres sous les cadavres de la garde d'élite du cartel.Au centre de ce sanctuaire technologique brisé, le Sujet Zéro laissait échapper un râle rauque, une vibration basse qui faisaits'entrechoquer les scalpels en acier sur les tables d'opération abandonnées. La créature n'avait plus rien d'humain. Les expériencesmenées par Silas dix ans plus tôt dans les abîmes de la Cité Noire avaient gonflé ses fibres musculaires jusqu'à la déchirure, sa peautannée tirant sur un gris cendré parcouru de réseaux veineux d'un ve
La navette de l’Alliance fendait les cieux embrumés du Nord, laissant derrière elle les ruines fumantes et le silence sépulcral de la CitéNoire. À bord de l'appareil, l'air était pesant, chargé d'une odeur de cuir brûlé, d'antiseptique et de sang séché. Le ronronnement lourd desturbines à réaction secondaires apportait un semblant de calme après la tempête, mais dans les yeux des survivants, la guerre continuaitde faire rage.Assis sur un caisson de munitions renforcé, Killian Vance ne bougeait pas. Sa torse massif, zébré de zébrures sombres et de brûluressuperficiellement traitées par Éléonore, se soulevait à un rythme lent, presque menaçant. Ses yeux d'orage, toujours teintés de ce rougeécarlate qui trahissait la présence de sa bête intérieure, suivaient chaque mouvement d'Aria. L'instinct territorial du loup avait été poussédans ses derniers retranchements : on avait osé poser les mains sur sa Reine, on avait tenté de lui l'arracher, et cette affront ne pouvaitêtre lavé que
L’enfer vert et orange s’ouvrit entre eux comme une plaie béante. Le souffle de l’explosion projeta Killian Vance en arrière, sa massecolossale percutant le bitume trempé. Le gaz de la Source originelle, ce composé chimique hautement toxique libéré des profondeurs duPalais, rampait sur le sol de l’avenue en volutes épaisses et phosphorescentes, étouffant les cris des derniers gardes de l'Atlantiqueabandonnés à leur sort.À travers le rideau de feu liquide qui embrasait la carcasse de la voiture blindée, Killian se redressa, ignorant la brûlure de la suie sur sapeau déchirée. Ses yeux d'orage, saturés de sang, cherchèrent la silhouette d'Aria.Elle était là.À genoux au milieu de la fumée corrosive, ses poignets enchaînés par le graphite, elle luttait pour respirer. L'éclat émeraude de ses yeuxvacillait sous l'effet des émanations toxiques, mais son regard restait ancré dans celui de son Alpha. Au-dessus d'eux, dans un gro
Le signal radio se coupa dans un sifflement strident, remplacé par le silence de mort d'une ville dont le cœur venait d'être arraché. Àtravers le pare-brise de la navette, le spectacle était apocalyptique : de la lisière est jusqu'aux docks de Moanda, les gratte-ciels de la CitéNoire s'éteignirent les uns après les autres, comme des bougies soufflées par un géant invisible. Le black-out était total. Les réseaux decommunication, les barrières de sécurité laser et les systèmes de ciblage automatique du cartel de l'Atlantique s'effondrèrent en uninstant.L'onde de choc électromagnétique frappa la navette de plein fouet. Les voyants du tableau de bord clignotèrent furieusement avant demourir, et l'appareil perdit brutalement de l'altitude, ses moteurs d'appoint crachant des étincelles bleutées."Accrochez-vous !", hurla Logan, agrippant le manche de pilotage d'une main tout en ignorant la douleur fulgurante qui vrillait sa jambebrisé
La pluie battante qui s'engouffrait par la verrière brisée du hangar crépitait sur le métal chaud de la navette. L'odeur âcre de la suie, dukérosène brûlé et du sang frais se mêla instantanément au parfum de jasmin coûteux qui flottait autour de la nouvelle venue. VictoriaVance-Duval — car c’était bien elle, la matriarche suprême de la branche européenne du cartel de l’Atlantique — fit un pas de plus sur lebéton mouillé. Son tailleur blanc restait immaculé, défiant la saleté de cette arène de sang où la Meute venait de massacrer les mutins.Derrière elle, les canons des fusils d'assaut de sa garde privée restaient parfaitement immobiles, alignés sur le cœur de Killian.Aria laissa retomber son poignard, ses doigts glissant sur la poignée d'acier. Ses yeux de jade se fixèrent sur cette femme qu'elle n'avait pasrevue depuis la grande purge des laboratoires de la Frontière. Le choc de voir son frère Julian vivant était une chose, ma
Le dôme de verre du grand hall de l'hôtel de ville de New-Ark laissait filtrer la lumière d'une lune de sang artificielle, projetée par les écrans holographiques de la soirée. Aria Sterling ajusta la traîne de sa robe de soie émeraude, feignant un sourire radieux face aux objectifs des photographes
La poussière de marbre et la fumée âcre flottaient dans les ruines du grand hall. Derrière le sénateur Sterling, les projecteurs des véhicules blindés découpaient des silhouettes fantomatiques dans la nuit. L'aura verte toxique qui émanait du vieil homme faisait flétrir instantanément les boiseries
L'aura émeraude qui entourait Aria se dissipa lentement, la laissant retomber lourdement sur le matelas develours noir. Elle haletait, le corps tremblant, les yeux écarquillés par l'incompréhension. Sa propre poitrine la brûlait encore, là où la marque mystérieuse s'était éveillée. Elle n'avait ja
Le sifflement des balles blindées transperça la carrosserie de la berline. Aria étouffa un cri, le corps projeté contre la portière alors que le véhicule dérapait violemment sur le bitume mouillé. L'obscurité de la forêt environnante semblait se refermer sur eux, brisée uniquement par les phares é







