ВойтиChapitre 14 : L'Heure du ChoixAnyaLe corps de l'homme gît entre nous, une flaque sombre qui s'étend sur le plancher pourri de la cabane. L'odeur du sang se mêle à celle de la terre humide et du bois moisi. Dehors, les moteurs grondent, se rapprochent. Ils vont être là dans quelques secondes.Dante me regarde, l'arme que je tiens toujours pointée vers le sol. Ses yeux parcourent mon visage, cherchant la femme qu'il a connue, mais elle n'existe plus. Elle est morte dans une pluie de vérités assassines.— Donne-moi l'arme, Anya.Sa voix est calme, trop calme, comme s'il parlait à un animal sauvage prêt à s'enfuir.Je serre plus fort la crosse, la sensation du métal froid contre ma paume devenant familière, presque réconfortante.— Non.— Tu ne sais pas t'en servir.— Apprends-moi.Le bruit des voitures qui s'arrêtent à l'extérieur nous coupe la parole. Des portières claquent. Des voix. Ils sont au moins cinq, peut-être plus.Nous sommes pris au piège.Dante jette un regard rapide par u
Chapitre 13 : L'Élue du SanctuaireLéoLe silence après la tempête est un organisme vivant. Il se nourrit des derniers échos de terreur, des souvenirs de violence imprégnés dans les fibres du bois, dans la texture de l'air. Nous digérons l'offensive de Marcus, transformant sa rage stérile en une vigilance froide, sa volonté brisée en une couche supplémentaire de détermination. Le Gardien, dans l'arrière-boutique, veille sur les trois nouvelles formes inertes. De la glaise humaine, prête à être modelée. La question n'est pas si nous les utiliserons, mais comment.La boutique a rouvert. La symphonie des offrandes a repris, mais la mélodie en a changé. Elle est plus sombre, plus complexe, teintée des accents métalliques du conflit. Les clients, sans savoir pourquoi, parlent un peu moins fort, leurs confessions sont plus enfouies, leurs regards plus furtifs. Le sanctuaire inspire un respect mêlé de crainte. C'est bien.Et puis, elle entre.Un frisson, immédiat et profond, parcourt notre ê
Chapitre 12 : La Nuit des VéritésAnyaLa voiture avale les kilomètres dans un silence de plomb. Marco conduit, Dante à ses côtés. Je suis à l'arrière, prisonnière entre les deux hommes et les mensonges qui nous enveloppent comme un linceul. Chaque tour de roue m'éloigne un peu plus de la femme que j'étais, de cette Anya qui croyait à l'amour pur, à la rédemption possible.La pluie se met à tomber, fine et glacée, crépitant sur le toit métallique comme une menace. Les essuie-glaces balaient l'eau en un rythme hypnotique, incapable de chasser les ombres qui dansent dans mon esprit.Mon père était des leurs.La phrase tourne en boucle, s'enfonce en moi comme un couteau. Tous ces souvenirs d'enfance, ces moments où je l'avais vu rentrer fatigué, ces cadeaux somptueux qu'il m'offrait... Tout prenait un sens nouveau, sinistre.— Où allons-nous ? demandé-je enfin, brisant le silence oppressant.Marco échange un regard avec Dante dans le rétroviseur.— Un endroit plus sûr. Plus isolé.— Un a
Chapitre 11 : L'Héritage du SangAnyaLe monde bascule. Littéralement. Mes jambes cèdent et je m'effondre sur le sol de bois froid. La révélation de Marco tourne en boucle dans mon esprit, chaque répétition plus dévastatrice que la précédente.Votre père était des leurs.Dante est à mes côtés en un instant, ses mains sur mes épaules, mais je me dégage violemment.— Tu le savais.Ce n'est pas une question. Je vois la vérité dans ses yeux, dans la façon dont il évite mon regard.— Anya...— TU LE SAVAIS !Mon cri résonne dans la petite maison, chargé de toute la douleur et la trahison qui viennent de déchirer mon âme. Marco recule d'un pas, gêné.Dante prend une profonde inspiration, et quand il relève finalement les yeux vers moi, son regard est celui d'un homme prêt à se noyer.— Oui. Je le savais.Le choc est si violent que j'en ai le souffle coupé. Toutes ces nuits où nous nous sommes confiés, tous ces secrets que nous avons brûlés, toutes ces promesses échangées... et il avait gard
Chapitre 10 : Le RefugeAnyaL'aube nous trouve épuisés, hagards, garés devant une maison de pierre isolée au bout d'un chemin forestier. Les vitres sont sombres, le toit moussu. Dante a les yeux cernés, ses doigts toujours crispés sur le volant comme s'il craignait de lâcher prise.— C'est à qui ? demandé-je, la voix rauque.— À moi. Enfin, sous un nom que personne ne connaît. Mon père... prévoyait ce genre de choses.Le poids de cette révélation m'écrase. Même mort, l'ombre de son père plane sur nous, nous protège et nous emprisonne à la fois.L'intérieur sent le renfermé et la poussière. Le mobilier est spartiate, recouvert de draps blancs qui ressemblent à des linceuls. Dante verrouille la porte derrière nous, pose l'arme sur la table avec un bruit sec qui résonne dans le silence.— Nous restons ici quelques jours. Le temps de voir s'ils nous ont suivis.Je fais le tour de la pièce principale, mes doigts traçant un sillon dans la poussière sur le manteau de la cheminée. Cette mais
Chapitre 9 : Le Poids du SangAnyaLa route défile sous nos pneus, un ruban d'asphalte gris qui semble absorber la lumière du jour. Je regarde par la fenêtre les paysages défiler, devenant de plus en plus sauvages, les bâtiments laissant place à des forêts denses. Chaque kilomètre qui nous éloigne de la ville devrait me soulager, mais une tension persiste entre nous, palpable comme une troisième présence dans la voiture.Dante n'a pas prononcé un mot depuis deux heures. Ses doigts serrent le volant avec une force qui blanchit ses jointures. Je connais ce silence, cette posture raide. C'est celle qu'il adoptait quand les démons de son passé revenaient le hanter.— Tu veux que je conduise un moment ?Il sursaute légèrement, comme sorti d'une profonde rêverie.— Non. Je vais bien.Mais sa voix est tendue, étranglée. Je pose ma main sur son bras.— Arrête-toi à la prochaine aire. Nous avons besoin de faire une pause.Quelques kilomètres plus loin, il se range sur une aire déserte, perdue







