Se connecterChapitre 10 : L'orage
Je prends une douche. L'eau chaude tombe sur moi en cascade, détend mes muscles, mais pas le reste. Rien ne peut calmer ce reste. Je ferme les yeux. Je laisse l'eau couler sur mon visage, sur mes seins, entre mes jambes. Je pense à ses mains. À sa bouche. À son gémissement. Je pense à son érection contre mon ventre, dure et chaude et désespérée.
Je pense à ce qui aura
Nous faisons l'amour en silence, en chuchotant, en retenant nos souffles pour ne pas réveiller les voisins de chambre. C'est différent de tout ce que nous avons connu. Plus fragile. Plus précieux. Plus bouleversant.— Je t'aime, murmure-t-il contre mon oreille.— Je t'aime.— Pardon. Pour tout.— Pardon. Moi aussi.Il jouit doucement, un soupir étouffé dans mon cou. Je jouis juste après, un frémissement silencieux qui parcourt mon corps.Après, nous restons enlacés dans le lit ét
Le quatrième jour, mon téléphone sonne. C'est un numéro inconnu.— Allô ?— Madame Clara Moreau ?— Oui.— C'est l'hôpital Saint-Louis. Monsieur Alexandre Delaunay a eu un accident de voiture. Il a demandé qu'on vous prévienne.Le monde s'effondre. Les murs de mon appartement vacillent. Ma respiration s'arrête.— Il est... il va bien ?— Rien de grave. Quelques contusions, une légère commotion. Il est conscient. Mais il a demandé à vous voir.—
ClaraTrois jours après l'incident avec Maxime, Alexandre me fait une nouvelle proposition.— Je veux qu'on emménage ensemble, dit-il un soir au dîner. Vraiment ensemble. Plus de va-et-vient entre ton appartement et le mien. Plus de nuits séparées quand on se dispute. Plus d'incertitude. Je veux qu'on vive ensemble.Il me regarde avec espoir, avec attente, avec cette intensité qui me fait fondre et qui m'effraie en même temps.Je repose ma fourchette. Je prends une gorgée d'eau. Je gagne du temps.— Alexandre... je ne suis pas prête.
Il retire sa main. Il sourit. Il se lève, prend son verre, retourne à son bureau.— Finis ton verre, dit-il. Et rentre chez toi. Il t'attend.Je finis mon vin. Je me lève. Je prends mon sac. En passant devant lui, je m'arrête une seconde.— Merci, Maxime. Pour ta franchise. Pour ton honnêteté.— Merci à toi. D'être qui tu es.Je sors. Dans l'ascenseur, dans la rue, dans le métro, ses mots résonnent en moi. Il finira par te faire souffrir. Tu mérites mieux. Je serai là.Je re
ClaraDeux semaines après les tests, la vie a repris son cours.Je travaille toujours à la communication. Alexandre est toujours directeur marketing. Nous nous croisons dans les couloirs, nous déjeunons parfois ensemble, nous rentrons le soir dans son appartement ou dans le mien, nous faisons l'amour, nous dormons enlacés, nous nous réveillons ensemble.Tout est presque parfait. Presque.Parce qu'il y a Maxime.Il n'a pas renoncé. Il ne renonce jamais. C'est ce qui fait de lui un bon chef de projet, un excellent strat
Il m'embrasse. Un baiser différent de celui de la veille. Plus joyeux, plus léger, plus vivant. Un baiser de renaissance.Ses mains glissent sur mon corps. Elles ne tremblent plus. Elles sont assurées, confiantes, amoureuses. Elles redécouvrent chaque parcelle de ma peau, chaque courbe, chaque secret.— J'ai envie de toi, murmure-t-il contre mes lèvres.— Moi aussi.— Tout de suite.— Oui. Tout de suite.Il me soulève du canap&
GABRIELJe suis revenu.Je n'ai pas pu faire autrement, la force qui me ramène vers elle est plus forte que toute volonté, plus fondamentale que tout instinct de préservation, c'est un aimant qui tire toute ma substance vers cet épicentre qu'elle constitue.Je me tiens de l'autre côté de la rue, di
GABRIELLa porte de l’appartement se referme derrière nous et le monde extérieur cesse d’exister. Il n’y a plus que le halo tamisé de la lampe du couloir, les ombres familières des meubles, et le silence qui n’est plus un vide mais un espace palpable, chargé de tout ce qui n’a pas encore été dit, p
GABRIELUn sourire, alors, naît sur ses lèvres, un sourire léger, tremblant, qui n'est pas un sourire de joie triomphante ou d'apaisement, mais un sourire de reconnaissance profonde, de vérité brutalement partagée, comme si nous venions, tous les deux, de franchir une étape cruciale dans la compréh
GABRIELLa rue dévore mes pas dans son gosier d'asphalte et de lumières tremblantes, chaque mètre arraché à la chaleur de l'appartement étant une conquête amère, une victoire de la volonté sur le désir pur qui hurle dans chacune de mes veines comme un animal en cage. L'air nocturne s'insinue entre