Mag-log inIl réfléchit. Je vois les pensées qui s'agitent derrière son front, comme des poissons dans un aquarium. Il pèse le pour et le contre. Il cherche le piège. Il ne le trouvera pas, parce que le piège n'est pas là où il le cherche.
— Et la femme ? Et le gosse ?
— Une fois Dario mort, ils ne seront plus un problème. Elle ne sait rien de ses affaires. Elle ne représente aucune menac
ÉlianeJe ne supporte plus cette salle.Les lustres qui scintillent comme des yeux malveillants. Les sourires qui s'étirent comme des plaies. Les miroirs qui me regardent, qui me jugent, qui m'enregistrent peut-être. Je sens leurs regards glacés sur ma peau, sur ma nuque, sur chacun de mes gestes. Je suis une bête en cage dans un zoo de luxe. Une curiosité. Une anomalie. La femme qui a osé défier Jacqueline Delmas et qui danse encore, comme si de rien n'était, comme si son cœur ne tambourinait pas contre ses côtes à chaque seconde qui passe.J'ai besoin de m'échapper.Juste quelques minutes. Juste le temps de respirer sans sentir le poids des caméras sur ma peau, sans entendr
Isabella---Son baiser est sauvage.Pas de douceur. Pas de tendresse. Juste cette rage qui nous dévore tous les deux, cette peur qui se transforme en désir, cette urgence de ceux qui savent que tout peut s'arrêter demain.Je réponds avec la même violence. Mes mains agrippent sa chemise, tirent sur le tissu, arrachent les boutons qui roulent sur le carrelage de la cuisine. J'ai besoin de sentir sa peau. J'ai besoin de le toucher, de le griffer, de le marquer. J'ai besoin de lui faire comprendre qu'il est à moi, qu'il a toujours été à moi, qu'il ne peut pas partir.— Tu ne partiras pas, je grogne contre sa bouche.— Non.— Tu resteras.— Oui.— Tu te battras.— Oui.Il me soulève comme si je ne pesais rien. Mes jambes s'enroulent autour de sa taille. Il traverse l'appartement, nos bouches tou
Je le coupe. Ma voix est dure, tranchante.— Je ne fuirai plus, Marco. J'ai passé sept ans à fuir. Sept ans à regarder mon fils grandir de loin, à travers une vitre de voiture. Sept ans à aimer une femme sans pouvoir la toucher, sans pouvoir lui parler. Sept ans à être un fantôme. C'est fini.Il me regarde longuement. Il voit quelque chose dans mes yeux. De la détermination. De la folie, peut-être. Cette chose qui m'a toujours permis de survivre, même quand tout le monde me croyait mort.— Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?— Trouve-moi des hommes. Des vrais. Pas des gamins qui veulent jouer aux gangsters. Des hommes qui n'ont plus rien à perdre, qui sont prêts à tout, qui ne posent pas de questions.— Ça va coûter cher.— L'argent n'est pas un problème. J'ai des comptes qu'Alessio et
Son visage se ferme. Je vois la peur dans ses yeux, cette peur qu'elle a apprise à force de me voir partir, de me voir revenir blessé, de me voir disparaître. La peur des femmes de mafieux, cette angoisse sourde qui ne les quitte jamais, qui s'insinue dans chaque moment de bonheur pour le teinter d'incertitude.— C'est grave ?— Je ne sais pas encore. Mais je dois y aller.— Et Leo ?— Je serai rentré pour le dîner. Je te le promets.Elle hoche la tête. Elle ne dit rien. Mais je vois tout ce qu'elle ne dit pas. "Reviens." "Ne me laisse pas." "J'ai peur." "Ne me fais pas revivre ce que j'ai vécu il y a sept ans."Je m'approche. Je prends son visage entre mes mains. Sa peau est douce, chaude, vivante. J'embrasse son front, ses paupières, ses lèvres. Des baisers légers, presque religieux.— Je reviens. Toujours.— T
Il s'agenouille devant moi. Il écarte mes cuisses, pose mes jambes sur ses épaules. Ses mains agrippent mes hanches, me tirent vers le bord du plan de travail. Sa bouche descend, trouve mon sexe, et je crie.Sa langue est partout. Lente, précise, impitoyable. Elle dessine des cercles, appuie, aspire, et le monde se réduit à ça. Sa bouche. Ses mains qui agrippent mes hanches. Ses yeux qui restent plantés dans les miens, même maintenant, même là.Je ne peux pas détourner le regard. Je suis prisonnière de ses yeux noirs, de cette intensité qui me dévore. Ses doigts s'enfoncent à nouveau en moi, sa langue continue son travail sur mon clitoris, et je sens l'orgasme monter, inexorable.— Dario... je...Il accélère. Sa langue, ses doigts, tout son corps qui travaille à mon plaisir. Et je bascule.L'orgasme arrive
Sa voix est rauque. Chargée. Elle me traverse comme une décharge électrique, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi.— Oui ?— Regarde-moi.Je pose le couteau. Lentement. Je prends une inspiration. Et je me retourne.Il est là, appuyé contre le chambranle de la porte. Les bras croisés, les manches relevées jusqu'aux coudes, ses avant-bras musclés où je vois les veines, les cicatrices, la vie violente qu'il a menée. Ses yeux noirs plantés dans les miens, intenses, dévorants.— Qu'est-ce qu'il y a ?— Tu sais très bien ce qu'il y a.Son regard glisse sur moi. Mon cou. Mes épaules. Ma poitrine. Mes hanches. Il me déshabille sans bouger, sans un geste, juste avec cette intensité qui me brûle la peau, qui me donne l'impression d'être nue devant lui.— Leo n'
La rue est vide.Bien sûr qu'elle est vide. Il n'est pas là. Il est à l'hôtel Regina, à attendre que je revienne. Et cette absence, que j'ai tant désirée pendant des mois, me semble soudain insupportable.Je prends mon télé
IsabellaL'ascenseur monte trop lentement.Mon reflet dans la porte en cuivre est celui d'une étrangère. Les mêmes yeux, les mêmes cheveux tirés en arrière, mais quelque chose a basculé. Quelque chose que je ne pourrai pas réparer si je fais marche arrière.Le chiffre 4 s'allume.Les portes s'ouvre
Je n'ai pas répondu à ses lettres. Je n'ai pas décroché quand il appelait, ces premiers mois. J'ai choisi le silence, moi aussi. J'ai construit mon deuil comme une forteresse, et j'en ai verrouillé les portes de l'intérieur.Nous sommes deux idiots. Deux fous. Deux lâches.La différence, c'est que
Elle me regarde longtemps. Puis elle secoue la tête, lentement. Pas de colère. Pas de mépris. Quelque chose comme de la stupeur. De la tristesse. De la pitié, peut-être.— Tu as eu tort, dit-elle.Elle referme la fen







