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- Dis maman, il est où mon papa?
Erina Hayne s'est figée en entendant la question de sa fille. Ce n'était pas la première fois qu'elle la lui posait mais à chaque fois, Erina lui donnait la même réponse : - Je te l'ai déjà dit bébé, il est en voyage. Elle n'a même pas eu le courage de faire face ce petit être qui mangeait sur la table derrière elle. - Mais ça fait des années maintenant, moi je veux le voir. S'est plainte la petite Lilibet. Erina a laissé la vaisselle qu'elle faisait pour s'asseoir près de sa fille afin de mieux la rassurer : - Lili, quand le moment viendra, il te fera une grosse surprise ; d'accord chérie? Lilibet a hoché la tête à sa mère à contrecœur mais n'était toujours pas satisfaite. Voyant sa mine triste, Erina a lissé les cheveux courts de sa gamine vers l'arrière et lui a tendrement dit: - Nous serons en retard, vas chercher ton sac et on y va. Sous les ordres de sa mère, Lilibet a gentiment obéit et a quitté la cuisine mais ne pouvait cacher la tristesse qu'affichait son visage et qui fendait le cœur de sa mère Erina. Depuis la voiture, Erina a tendrement regardé sa fille se diriger vers sa classe. La beauté de Lilibet ne passait pas inaperçue mais la tristesse qui émanait d'elle rendait désolé quiconque la voyait, en particulier sa mère. Que pouvait-elle faire? Comment dire à sa fille que son père ne sait même pas qu'elle existe? Elle avait été amoureuse de Philippe Huiret depuis qu'elle était en classe de 6ième. Pour pouvoir être plus proche de lui, elle était même allée jusqu’à intégrer l’équipe qui s’occupait des besoins des joueurs de football en tant que bénévole. Philippe ne lui avait jamais adressé la parole jusqu'à ce jour ensoleillé sur le terrain de football. Elle distribuait l'eau aux joueurs de l'équipe de football auquel il appartenait. Occupée à contempler le visage de l'homme qu'elle aimait pendant qu'elle lui tendait la bouteille d'eau, Erina ne s'est pas rendue compte que sa tête était sur le point de se prendre un ballon de foot, dans le sens propre du terme. - Attention ! Philippe s'est écrié en tirant Erina pour qu'elle ne soit pas frappé par la balle. Depuis ce jour-là, dans le cœur d'Erina, Philippe est passé du statut de coup de cœur à héro. Elle était devenue accro à lui, elle suivait la plupart des matchs qu'il jouait au lycée. Un jour contre toute attente, Philippe lui a demandé d'être sa petite amie. Sans y penser, elle a dit « oui » oubliant qu'il était déjà en dernière année et elle en classe de troisième donc il allait bientôt entrer à l'université. Bien évidemment, il était prévu que Philippe quitte la ville après son baccalauréat pour continuer dans une prestigieuse université hors de H Country. Erina se sentait sur un nuage en vivant son idylle avec son prince charmant sans se préoccuper de l’avenir ; tout était parfait. Du moins jusqu’au soir du bal des élèves de dernière année : Erina avait naïvement perdu sa virginité avec Philippe. Peu de temps après cette nuit là, elle avait surpris une conversation entre Philippe et ses coéquipiers de football. Selon leurs dires, son histoire avec Philippe n'était qu'un pari qu'il avait passé avec ses amis. Cette nouvelle lui a fendu le cœur au point où elle a déménagé pour M Country. Loin de sa terre natale, Erina a appris qu'elle était enceinte, c'était risqué de fréquenter en étant maman mais Erina avait décidé de relever le challenge, elle ne voulait pas se débarrasser de son enfant, il était quand même la preuve qu'autrefois elle avait vu son rêve amoureux se réaliser. Sa fille avait déjà cinq ans et réclamait son père encore plus qu'avant. Ce n'est pas qu'Erina s'en fichait de voir sa fille aussi abattue mais elle ne savait que faire d'autre qu'essayer de la calmer. Depuis son départ de H Country, Erina n’avait aucune nouvelle de Philippe ; elle ne savait pas dans quel pays il se trouvait ni à quoi il ressemblait après toutes ces années. Erina a été sortie des souvenirs de son passé par un coup de téléphone. Elle a regardé l'écran et a répondu : - Thomas, quoi de neuf ? A-t-elle dit. - Ça va et toi? - Bien. Il y a un problème ? - Pas vraiment, je voulais juste te rappeler la réunion de ce matin donc tu dois être à l'heure. - D'accord. Elle a ensuite raccroché. Thomas Hilit et Erina s'étaient connus au lycée lorsqu'elle est arrivée à M Country. Il l'avait énormément soutenu durant sa grossesse en lui apportant les cours à la maison pour qu'elle ne redouble pas son année. Par chance, elle avait réussi son examen et eu son bébé la même année. Thomas était comme un père pour Lilibet. Plus les jours passaient plus l'état de Lilibet était inquiétant tant pour sa mère que pour ses enseignants. Sa maîtresse a donc décidé de convoquer Erina à l'école afin de lui en parler. - Mme Hayne, votre fille est de plus en plus dépressive, vous devez faire quelque chose. Lui a informé la maîtresse de Lilibet. - Que me conseillez-vous ? Je suis tout aussi inquiète pour ma fille. - Donnez-lui ce qu'elle demande, elle veut juste voir son père, faites-le et nous verrons si les choses s'améliorent. La supposition de la maîtresse a bouleversé Erina. Et si elle avait raison ? Si le seul moyen pour que sa fille aille mieux était de la faire rencontrer son père ? La jeune maman était maintenant face à un dilemme et il lui fallait prendre une décision avant que l'état mental de sa fille ne devienne critique. H Country était une de ces villes vraiment animées. Dans les rues, les klaxons des voitures et motos se font entendre dans tous les coins en permanence. Ce jour-là plus que jamais, la ville était bruyante non pas parce que les volumes des musiques des bars et des klaxons étaient plus forts que d'habitude mais parce que c'était le mariage du fils des Huiret. Le mariage de Philippe Huiret avec Catherine Lan, l'une des filles les plus convoitées de la communauté bourgeoise du pays se tenait ce jour. Tout était prêt, les invités étaient installés, le marié attendait devant l'autel comme le veut la tradition. Il ne restait plus que la mariée qui bien-sûr a fait une entrée spectaculairement éblouissante. Tenant la main de sa future épouse, Phillipe s'est placé face au maire avec Catherine. Au moment où la cérémonie s'apprêtait à commencer, une voix féminine a résonné dans tout l'enseigne de la mairie. - Philippe. Surpris d'entendre son prénom, le marié vêtu d'un costume argenté s'est gracieusement retourné. Ses magnifiques yeux gris foncés regardaient avec surprise la femme qui se tenait au milieu du couloir avec une jolie petite fille tenant sa poupée dans sa main gauche. Lilibet a levé la tête vers sa maman et lui a adorablement demandé : - Est-ce que c'est lui mon père? Erina avait les yeux fixés sur les deux personnes devant. Elle a répondu à sa fille: - Oui Lili, c'est bien ton père. La pièce était silencieuse donc tout le monde a clairement pu entendre l'échange de mots entre la mère et la fille. Après plusieurs recherches, Erina avait finalement pu retrouver Philippe mais l'ironie du sort avait voulu qu'elle l'affronte le jour de son mariage.Catherine ne savait plus que faire. De toutes les possibilités auxquelles elle avait pensé, aucune n’était adéquate sur le moment.- Tu as su t'adapter on dirait. Philippe a commenté.Catherine a dégluti avec peine. Elle regardait craintivement Philippe.- Philippe. Catherine a pu prononcer ; essayant bien que mal de réprimer sa peur.L'instant d'après, l'officier apportait à Philippe une chaise sur laquelle il s'est assis hors de la cellule. Il observait Catherine à travers les grilles tandis que celle-ci restait debout, ses deux mains agrippées aux barres de fer des grilles de la cellule.Philippe a lentement retiré la veste de son costume. Pendant qu'il le faisait, Catherine l'observait, son esprit cherchant la meilleure façon d’introduire la conversation.- Tu t'amuses ? Philippe a demandé sans la regarder.Silencieuse, Catherine le fixait avec une fureur grandissante. Philippe a soigneusement plié sa veste et l’a lancé à son épaule. Puis il a croisé un pied sur l’autre avant de p
Depuis l'ultimatum que lui avait posé Philippe, Rhema n'avait pas revu Lilibet. Son orgueil considérait inenvisageable l'infirme possibilité qu'elle mendie l'autorisation d'Erina pour passer du temps avec sa petite-fille. Depuis lors, Rhema n'avait eu aucun contact ni avec Philippe ni avec Lilibet. Elle avait appris par le billet de Dora que Lilibet passait régulièrement du temps chez les parents d’Erina.Les journées paraissaient longues pour Dora qui n'avait plus grand chose à faire depuis qu'elle était uniquement dans la maison avec Rhema. La maison était propre et rangée la grande partie du temps.Pour occuper son temps, Dora aimait bien défiler les publications des réseaux sociaux les unes après les autres. Entre commentaires, émojis de toutes sortes et éclats de rires, Dora maitrisait le code d’utilisation des réseaux sociaux et n’avait rien à envier à une génération Z.Sa file d'actualité comprenait plusieurs centres d'intérêt. Gossips, blagues et actualités politiques, Dora ne
Au bout d'un moment, Boris ne pouvant plus supporter le regard du jeune homme sur lui, s'est raclé la gorge pour dissiper la tension. Barrett s’est aussitôt ressaisie :- Euh... Bien-sûr, vous avez raison, désolée. Je... Je... Je voulais vous remettre ceci.Barrett s'est avancé vers Catherine et a posé un lot de documents devant elle. Il lui a montré les différentes zones qui nécessitaient son attention.Boris les observait attentivement tous les deux.Après le départ de Barrett, Boris s'est empressé de suggérer à sa fille :- Tu dois absolument virer ce type- Pourquoi ? Catherine lui a demandé, semblant confuse.- Eh ben...Boris cherchait les mots adéquats.- Comment ça pourquoi ? Il est irrespectueux et se croit tout permis, tu as vu comment il se permet d'entrer à sa guise dans ton bureau ?- Oui, je sais. Il prend beaucoup trop son aise mais il bosse bien.- Ce n'est pas une excuse ça Catherine, tu dois...- Papa tu peux ju...Catherine s'est interrompue en entendant le grabuge
Erina n’était pas au courant mais Philippe préparait minutieusement sa fête de demande en mariage. Pour l'occasion, Philippe avait fait appel au meilleur bijoutier qu'il connaissait afin que ce dernier lui présente ses plus belles collections de pierres précieuses. Il voulait quelque chose d’unique, de captivant. Sa belle devait porter chaque jour à son doigt un véritable symbole de son amour pour elle.Philippe avait plus d’absence qu’avant et justifiait cela par des déplacements qu'il devait faire pour le compte du travail. Erina ne voyait en ça rien d'étrange car c'était le quotidien de Philippe.Philippe avait partagé son projet avec quelques personnes de leur entourage qui étaient désormais dans la confidence de ce qu'il prévoyait faire. Tous avaient fait la promesse ultime de ne rien dévoiler à Erina jusqu'au grand jour.Philippe avait soigneusement gardé sa bague de demande dans un endroit où Erina ne la trouverait jamais. Erina était presque à terme. Philippe n'avait plus qu'
Non embarrassé, l’homme a regardé sa main restée en l’air et dont Catherine avait royalement ignoré. Il a esquissé un faible sourire amer et s’est ensuite assis.Perdu dans son observation depuis un moment, Catherine a finalement récupéré ses esprits en entendant le raclement de gorge de ce dernier.- Oh ! Bon, on y va ?Catherine a lancé les hostilités. L'homme répondait aisément à toutes ses questions. La confiance dégagée dans ses réponses était d’une telle maitrise qui donnait envie de l'écouter toute la journée. Catherine était certaine d'une chose : cet homme maîtrisait son domaine. A moins qu'il avait appris à réciter par cœur les rouages du métier pour l’impressionner lors de son interview, c’était jusque-là un as.A la fin de l'entretien qui avait duré plus longtemps que prévu, Catherine a refermé son cahier de notes, décroisé les pieds et s’est élégamment levée.- Nous vous recontacterons. Avait-elle laissé entendre. Ma secrétaire va vous reconduire.L'homme a hoché la tête
Erina ne savait plus depuis combien de temps elle marchait après sa sortie du restaurant. La jeune femme avait ordonné à son chauffeur de rentrer sans elle et avait laissé ses pieds la conduire au hasard. Après sa longue marche, elle commençait à ressentir une légère fatigue.Connaissant les employés de Philippe, elle se doutait que le chauffeur ne l'avait certainement pas écouté. Même s'il n'était pas visible, il ne devait pas être loin. Peut-être la suivait-il à distance. Car Philippe ne tolérerait pas qu'il l'abandonne seule dans la rue ; surtout dans son état.En pensant à Philippe, Erina a eu un rictus de sourire. A cet instant précis, elle aimerait tellement être dans ses bras où elle se sentait toujours en sécurité. Elle avait besoin qu'il lui souffle des mots qui la rassureraient.Erina a sorti son portable avec l’intention de joindre son chauffeur. A sa grande surprise, plusieurs appels manqués de Philippe étaient marqués dans sa barre de notification. Erina s'était alors sou
- Non, ne sois pas désolé. Après tout, c’est ma faute, je n’aurais pas dû attirer l’attention le jour de ton mariage.- Mais c’est moi qui ai insisté pour que tu reviennes dans cette ville. Et si tout ceci arrive, c’est uniquement parce que tu es là.Erina a repris ses esprits, et a ensuite fait qu
Quand il est arrivé au poste de police, Philippe a aperçu depuis la porte d'entrée une petite fille portant son petit matelot jean avec un t-shirt rose. Ses cheveux de taille moyenne attachés avec des rubans roses en deux pompons la rendaient mignonne mais sa solitude brisait le cœur de n'importe q
Ce n'était un secret pour personne que la puissante famille Huiret possédait la plus grande fortune au monde. Quiconque entrait dans leur domaine familial serait frustré par l'exposition de richesse dont font preuve ses propriétaires. Depuis la mort de son mari, Rhema Huiret la maman de Philippe av
Philippe s'est assis sur le petit canapé avec sa fille sur ses genoux. - Tu t'appelles Lili, c'est ça ? A-t-il demandé à la petite fille joufflue qui n'arrêtait pas de le regarder. - En fait c'est Lilibet mais tout le monde m'appelle Lili. - Quelle âge as-tu Lili ? Ça te dérange si je t'ap







