MasukLa salle est tombée dans une agitation totale. Chaque invité chuchotait avec son voisin sur des spéculations concernant la tournure du mariage. Quand Philippe s'est rendu compte de ce qui se passait, il a juste pu prononcer un nom :
- Erina ! Plus de cinq ans s'étaient écoulés depuis la dernière fois qu'il avait mis l'œil sur elle. Elle n'était qu'une adolescente à l'époque mais aujourd'hui il semblait que le bourgeon avait éclos pour devenir une magnifique rose. Philippe s'est lentement avancé vers Erina qui était figée sur place ne sachant pas si elle devait reculer ou pas. Lilibet qui au départ était excitée de voir son père, se cachait maintenant derrière sa mère au fur et à mesure que Philippe approchait. Elle ne le connaissait pas. Pour elle, il n'était qu'un inconnu et sa maman l’avait toujours mis en garde contre les inconnus. Sera-t-il content de la voir ou est-ce qu'il les mettra hors de sa vie ? Lilibet ne s'était pas posée toutes ces questions lorsqu’elle a choisi de rencontrer son père après qu’Erina lui ait dit toutes la vérité sur l’ignorance de son existence aux yeux de son père ; elle voulait juste le voir, le connaître. Quand elles sont arrivées à H Country, Lilibet a appris que le mariage de son père avait lieu ce jour même. La petite avait tout fait pour que sa mère l'emmène à la mairie voir son père car elle souhaitait secrètement pouvoir arriver à temps et empêcher que son père n’épouse une autre. Maintenant il était devant elle et elle ne savait comment réagir. - Phillipe... Philippe... Que fais-tu ? C'est notre mariage, le maire n'a pas que ça à faire. Embarrassée par les circonstances, Catherine a essayé de convaincre Philippe lorsqu'elle l'a vu s'éloigner d'elle. Philippe quant à lui, a regardé avec une émotion indescriptible l'adorable petite fille joufflue qui se cachait derrière Erina. Comme tout le monde présent, il l'avait compris, c'était sa fille, cette petite potelée était sa chair. Il ne pouvait s'empêcher d'émettre des petits rires hystériques intermittents. Se rendant bien compte qu'elle avait causé un chaos, Erina se sentait mal à l'aise et a pris la main de Lilibet en lui disant : - Viens chérie, on y va, ton père doit se marier. Tu pourras le rencontrer plus tard. Lilibet n'a pas protesté, elle a suivi sa mère vers la sortie, se retournant de temps en temps pour regarder Philippe. Si ce n'était pas elle, sa mère ne se serait jamais rendue directement à la mairie dès leur arrivée. Erina avait prévu que Lilibet et Philippe devaient faire connaissance après son mariage avec Catherine et pas avant, encore moins pendant. Mais après leur sortie de l'aéroport, sa capricieuse fille a lâché sa main puis a couru se placer au milieu de la route provoquant ainsi la révolte de de tous les véhicules qui rageaient de pouvoir passer pour poursuivre leurs occupations. Lilibet a joué la sourde oreille lorsque sa mère la suppliait de dégager de la route. Quand elle tentait de s'approcher pour la porter de là, Lilibet a couru vers la voiture la plus proche d'elle, elle était sur le point de monter sur le capot. Erina s’est résignée. Elle a promis qu'elles se rendront directement à la mairie. Satisfaite de son résultat, Lilibet a couru dans les bras de sa mère. Avant d’y aller, Erina avait l’esprit partagé entre deux camps car ne sachant pas si elle souhaitait arriver avant que le mariage soit célébrer ou alors quand ce serait déjà fait car s’il y avait une chose qu’elle savait pertinemment au fond d’elle, c’est qu’elle n’avait pas pu oublier Philippe toutes ces années et redoutait les retrouvailles. Voyant la mère et la fille sortir de la mairie, Philippe a paniqué et s'est lancé à leur poursuite. À ce moment, il n'était plus le PDG distant et indifférent que la ville avait toujours connu mais plutôt un homme qui réagissait face à une situation de la vie comme n'importe quel autre sur Terre. - Philippe, où vas-tu ? Mon amour, nous devons nous marier, s'il te plaît que fais-tu ? Catherine s'est mise à crier pour retenir l'homme qui était censé être son époux à cet instant précis si Erina n'était pas apparue avec sa fille clamant haut et fort à quiconque voulait l'entendre qu'elle est celle de Philippe. Philippe s'est arrêté au milieu de la salle, il avait presque oublié qu'une femme l'attendait devant l'autel. A ce moment, il n'était pas capable de réfléchir correctement donc il a pris la décision qu'il jugeait être la meilleure sur le moment : - Le mariage est annulé jusqu'à nouvel ordre. Il a annoncé cela comme s'il parlait de la météo du jour puis il a continué son chemin. Hors de la mairie, Erina et Lilibet étaient sur le point de monter dans le taxi qui les avait amenés et qui attendait dehors depuis tout ce temps. Avant qu'elles ne le fassent, Erina a senti une pression sur son bras. - Où comptes-tu aller ainsi ? Philippe a resserré sa prise autour du bras d'Erina comme s'il craignait qu'elle ne s'évapore encore une fois dans la nature s’il la lâchait. - M. Huiret, je suis navrée de vous avoir perturbé dans un moment aussi important mais je dois y aller maintenant. Erina a fait son possible pour paraître calme et imperturbable mais au fond d'elle, sa nervosité s'était propagée dans toutes ses cellules. Philippe a froncé les sourcils quand il a entendu sa réponse. - Tu penses que tu peux apparaître dans ma vie et disparaître comme ça te chante ? Je te rappelle que tu viens de ruiner mon mariage. - Ecoute, je reconnais que je n’aurais pas dû débarquer ainsi et je suis profondément désolée pour tout ça, crois-moi. Tiens, voilà mon adresse actuelle, tu peux y passer après ton mariage si tu veux mieux connaître ta fille. Moi j'ai un taxi qui m'attend. Avant que Philippe n'ouvre la bouche pour dire autre chose, le taxi s'était déjà éloigné avec Erina et Lilibet qui s'était mise debout sur le siège arrière pour regarder la silhouette de son père qui rétrécissait au fur à mesure que le chauffeur de taxi conduisait. La presse n'avait manqué aucun détail de ce qui venait de se passer pendant le mariage de ces deux descendants de deux puissants empires de H Country. Elle venait de mettre la main sur le sujet qui fera la une des journaux pendant les prochains jours. Ignorant toutes les agitations et le désordre que faisaient Catherine et les invités, Philippe est entré dans sa voiture et l'a démarré puis il a disparu dans le brouillard de poussière soulevé par l'effet de l'excès de vitesse de sa voiture.Non embarrassé, l’homme a regardé sa main restée en l’air et dont Catherine avait royalement ignoré. Il a esquissé un faible sourire amer et s’est ensuite assis.Perdu dans son observation depuis un moment, Catherine a finalement récupéré ses esprits en entendant le raclement de gorge de ce dernier.- Oh ! Bon, on y va ?Catherine a lancé les hostilités. L'homme répondait aisément à toutes ses questions. La confiance dégagée dans ses réponses était d’une telle maitrise qui donnait envie de l'écouter toute la journée. Catherine était certaine d'une chose : cet homme maîtrisait son domaine. A moins qu'il avait appris à réciter par cœur les rouages du métier pour l’impressionner lors de son interview, c’était jusque-là un as.A la fin de l'entretien qui avait duré plus longtemps que prévu, Catherine a refermé son cahier de notes, décroisé les pieds et s’est élégamment levée.- Nous vous recontacterons. Avait-elle laissé entendre. Ma secrétaire va vous reconduire.L'homme a hoché la tête
Erina ne savait plus depuis combien de temps elle marchait après sa sortie du restaurant. La jeune femme avait ordonné à son chauffeur de rentrer sans elle et avait laissé ses pieds la conduire au hasard. Après sa longue marche, elle commençait à ressentir une légère fatigue.Connaissant les employés de Philippe, elle se doutait que le chauffeur ne l'avait certainement pas écouté. Même s'il n'était pas visible, il ne devait pas être loin. Peut-être la suivait-il à distance. Car Philippe ne tolérerait pas qu'il l'abandonne seule dans la rue ; surtout dans son état.En pensant à Philippe, Erina a eu un rictus de sourire. A cet instant précis, elle aimerait tellement être dans ses bras où elle se sentait toujours en sécurité. Elle avait besoin qu'il lui souffle des mots qui la rassureraient.Erina a sorti son portable avec l’intention de joindre son chauffeur. A sa grande surprise, plusieurs appels manqués de Philippe étaient marqués dans sa barre de notification. Erina s'était alors sou
Ces dernières semaines, Erina nageait dans le bonheur absolu, choyé par Philippe. En se regardant dans la glace, Erina trouvait qu'elle avait pris tellement de kilos en trop et que ceci n'était pas seulement dû à sa grossesse. Elle mettait d’autres kilos sur le compte du fait que son mode de vie était devenu sédentaire depuis qu'elle avait pris la décision d'abandonner son travail pour s'occuper un peu plus de sa fille.Erina était devenue maussade en regardant son reflet dans la glace. C'était le sixième vêtement qu'elle essayait et elle n’était toujours pas satisfaite. Son ventre était devenu plus gros qu’avant, limitant ainsi la possibilité des vêtements qu'elle pouvait s'autoriser à mettre.Finalement elle opta pour une robe ample, légère et tombante. Ça faisait des semaines qu'elle n'avait pas vu Lima alors elle était contente de pouvoir la retrouver pour le déjeuner.La vie de cette dernière était devenue excitante depuis qu'elle avait reçu sa promotion au travail. Lima bien que
Rhema avait aussi noté la mauvaise humeur dans la voix de son fils.- Tout va bien ? Elle a demandé.- Je suis à la cuisine si vous avez besoin de moi. Dora a informé et s’apprêtait à quitter les lieux.- Non Dora, tu peux rester. Philippe l’a retenu alors qu’il retirait sa veste.La seconde suivante, sans cacher son énervement, il s’est adressé à Rhema :- Tu peux m'expliquer ce qui ne va pas avec toi ?- De quoi tu parles ? Rhema a demandée toute confuse.- Demander la garde de Lili ? Sérieusement ?! Tu as perdu la tête ?- Rhema, mais com… Ahurie, Dora a laissé échapper.Rhema a lâché un sourire moqueur.- Quel traître ! J'aurais dû m'en douter qu'il te serait loyal ?- Quel genre de femme es-tu ? Bon sang ! Vouloir retirer une enfant à sa mère. Philippe a poursuivi.Amusée, Rhema a renchéri :- Une mère ? Cette femme ne mérite pas d'éduquer un sang Huiret.- Au diable tes règles sordides et ton Huiret. Lui a rageusement balancé Philippe. Que tu le veuilles ou non, c'est sa mère et
Feignant l’ignorance, Catherine s’est interloquée :- Thomas ? C’est q…- Ne fais pas semblant Catherine, tu sais très bien de qui je parle.- Eh ben, non. Je…- Tu veux dire que tu as payé la caution de libération d'un homme que tu ne connais pas ? Ou alors tu es devenue amnésique après le paiement ?Catherine s'est figée sur le coup, les yeux écarquillés pendant une brève seconde avant de reprendre son attitude calme. Elle n'a pas eu le temps de dire quoi que ce soit. Philippe s'est levé de sa chaise, s’est approché d’elle. Se servant de son index et son majeur sous le menton de Catherine, il a lentement relevé la tête de cette dernière sur lui. Son geste n'avait rien de brusque mais Catherine pouvait déceler la fureur sur son visage.- Je me fiche bien de ce que tu peux faire avec qui en privé. Mais si je découvre que tu as quelque chose à voir de près ou de loin avec ce qui s'est passé à l'hôtel lors de ta soirée de lancement, je te promets Catherine que tu vas regretter d'avoir u
Erina est restée là un bon moment, laissant du temps à son esprit d'assimiler ce qui venait de se passer à l'instant.Lorsque Dora est revenue dans le salon, elle tenait dans ses mains un plateau contenant une bouteille d'eau et un verre vide. Elle a trouvé une Erina absente. Dora a posé sur la table le plateau qu'elle portait et a ensuite placé une de ses mains sur l'épaule d’Erina. Cette dernière a sursauté comme ayant été ramenée d’un monde lointain.Erina a levé la tête vers Dora mais en réalité elle ne la voyait pas. Ses mouvements étaient mécaniques. Elle voyait vaguement la silhouette de la personne près d’elle et sentait avoir été touchée à l’épaule mais son esprit était toujours à des années lumières.Erina a balancé sur la table tout ce qu'elle avait en main, les photos et le chèque. Elle a ensuite attrapé son sac à main. Sans dire mot, elle s'est levée et a quitté la maison Huiret.Stupéfaite par les actions de la jeune femme, Dora a tenté de la retenir mais y a renoncé. El
- Non, ne sois pas désolé. Après tout, c’est ma faute, je n’aurais pas dû attirer l’attention le jour de ton mariage.- Mais c’est moi qui ai insisté pour que tu reviennes dans cette ville. Et si tout ceci arrive, c’est uniquement parce que tu es là.Erina a repris ses esprits, et a ensuite fait qu
Quand il est arrivé au poste de police, Philippe a aperçu depuis la porte d'entrée une petite fille portant son petit matelot jean avec un t-shirt rose. Ses cheveux de taille moyenne attachés avec des rubans roses en deux pompons la rendaient mignonne mais sa solitude brisait le cœur de n'importe q
Ce n'était un secret pour personne que la puissante famille Huiret possédait la plus grande fortune au monde. Quiconque entrait dans leur domaine familial serait frustré par l'exposition de richesse dont font preuve ses propriétaires. Depuis la mort de son mari, Rhema Huiret la maman de Philippe av
Philippe s'est assis sur le petit canapé avec sa fille sur ses genoux. - Tu t'appelles Lili, c'est ça ? A-t-il demandé à la petite fille joufflue qui n'arrêtait pas de le regarder. - En fait c'est Lilibet mais tout le monde m'appelle Lili. - Quelle âge as-tu Lili ? Ça te dérange si je t'ap







