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#3 À l’hôpital

Penulis: Spicy Witt
last update Tanggal publikasi: 2026-08-18 07:40:48

Point de vue de Serena

« Tiens, voilà les petits-enfants chéris ! Si j’étais papi, je vous rayerais de la liste des héritiers. »

C’est avec ces paroles acerbes qu’un cousin de Lucien nous accueillit.

La main de Lucien se resserra autour de la mienne. J’avais pourtant refusé de la lui donner dès notre descente de voiture, mais il avait insisté, allant jusqu’à menacer de me porter si je continuais à refuser.

Il était vraiment obsédé par son image !

« Où étais-tu passé, mon fils ? Pourquoi n’es-tu arrivé que maintenant ? » demanda Valérie, ma belle-mère, d’un ton inquiet. Elle me jeta un bref coup d’œil.

« Désolé, maman, j’étais en téléconférence avec un client à Dubaï. Du coup, je n’ai pas pu répondre à mon portable », répondit Lucien en serrant sa mère dans ses bras.

Je fis une petite moue, nullement touchée par cette excuse qui, en apparence, cherchait à me défendre. Tout ça, au final, c’était pour son propre intérêt.

« À quoi ça sert d’avoir une assistante personnelle si on ne peut même pas te joindre ? », se plaignit à nouveau Valérie en me lançant un regard acerbe.

« C’est moi qui l’ai demandé, maman. Ce n’est pas la faute de Serena », insista Lucien en me regardant.

Je détournai la tête, refusant de lui répondre.

Valérie fronça les sourcils en me voyant détourner le regard. « Tu… »

« Papi, comment va-t-il, maman ? » intervint Lucien.

Valérie fixa la porte blanche devant nous.

« Ton grand-père est stable, mais le médecin a dit de ne pas le contrarier. Enfin bon… il se fait vieux, tu sais. À son âge, c’est déjà du rab. »

Je secouai doucement la tête. Quelle belle-fille hypocrite ! Elle jouait tellement les gentilles devant Albert.

« Allons voir papi, s’il te plaît », demandai-je à Lucien.

« Patience, ma chérie. Je vais d’abord demander à l’équipe médicale si tu peux entrer, d’accord ? Attends ici un instant. » Lucien lâcha ma main tout en me caressant la tête et se dirigea vers le poste des infirmières.

Valérie fit une petite moue en voyant son fils s’éloigner.

« Quand Albert ne sera plus là, tu n’auras plus personne pour te protéger. Je ferai tout pour que Luce divorce de toi. Je sais pertinemment qu’il aime encore beaucoup Camille », lança-t-elle d’une voix étouffée.

Je restai impassible, ne pouvant pas répondre de manière à provoquer une dispute. Nous étions à l’hôpital.

« Tu lui fais de la lèche juste pour nous faire passer pour des incapables ! » siffla-t-elle juste devant mon visage.

« Faire de la lèche ne rapporte pas grand-chose à l’entreprise », répondis-je fermement avec un sourire en coin.

L’air renfrogné, Valérie m’agrippa le poignet, visiblement furieuse de ma réponse. 

« On verra jusqu’où ira ton arrogance. »

Elle me tordit le poignet en souriant d’un air sournois.

Je grimaçai de douleur et, spontanément, j’enfonçai le talon de mon escarpin sur le dessus du pied de ma belle-mère.

Valérie hurla de douleur. Sa prise sur mon poignet se relâcha.

La sœur et la cousine de Lucien, qui riaient encore quelques secondes plus tôt en voyant ma belle-mère s’en prendre à moi, se turent aussitôt. Elles se précipitèrent vers Valérie.

« Maman, ça va ? » demanda Niki, la sœur de Lucien.

« Maman, qu’est-ce qui se passe ? » demanda Lucien en revenant.

« Ça va », répondit Valérie en me lançant un regard furieux. « J’ai failli tomber, j’ai eu un sursaut », prétexta-t-elle.

Lucien me regarda. Il savait que sa famille ne m’aimait pas. Devant eux, il prenait toujours ma défense. Bien sûr, c’était pour faire bonne impression aux yeux d’Albert.

« Viens, allons voir papi, Ser », me dit-il en passant son bras autour de ma taille.

Je retins mon souffle en entrant dans la chambre de soins intensifs d’Albert.

Ses yeux fatigués perçurent notre présence. Un faible sourire se dessina sur ses lèvres pâles.

« Mes chers petits-enfants », nous salua-t-il doucement tout en essayant de se redresser dans son lit.

Je m’approchai aussitôt de lui et tendis la main. « Chut, papi, ne te lève pas. » Je caressai son épaule solide, que l’âge commençait à user.

Albert eut un petit rire. « Je vais bien. Je veux juste que vous m’accordiez un peu plus d’attention », rétorqua-t-il en faisant la moue.

Lucien déplaça le petit canapé rond vers le lit d’Albert et me tira doucement pour que je m’y asseye. Albert sourit en le voyant.

« Je crois que je pourrais faire le tour de la Tour Eiffel en courant si vous m’apportiez des nouvelles de mes futurs arrière-petits-enfants », plaisanta Albert.

Lucien éclata de rire. Je me contentai d’esquisser un sourire crispé.

« Sois patient, papi », répondit Lucien en me massant l’épaule.

Je me dégageai, mal à l’aise. Désolée, papi. Il n’y aura jamais d’arrière-petit-enfant.

« Tu ne serais pas stérile, Luce ? Ou… Ser, ton mari ne serait pas très performant au lit ? On dirait qu’il n’a pas hérité de mon charme. » Albert plissa les yeux en direction de son petit-fils avec un air dédaigneux.

J’éclatai de rire en entendant la plaisanterie de ce vieil homme qui gardait encore son sens de l’humour malgré son teint pâle.

Lucien se contenta de faire une petite moue.

Bien sûr, que pouvait-il faire d’autre ?

« Ser ? » Albert me lança un regard insistant, attendant ma réponse.

Je jetai un coup d’œil à Lucien qui me regardait tendrement. Je compris qu’il me lançait en réalité un regard qui m’ordonnait de jouer le jeu.

« Peut-être que Lucien devrait effectivement prendre des cours particuliers, papi », répondis-je finalement en regardant mon mari d’un air satisfait.

Les yeux de Lucien s’assombrirent un instant avant qu’il ne se remette à rire et qu’il m’embrasse sur le sommet de la tête.

« Ma femme est adorable, n’est-ce pas, papi ? » dit-il en me serrant le dos.

Albert eut un petit rire. « Je le sais, elle est la seule qui mérite d’être à tes côtés. Elle possède toutes les qualités requises pour devenir la grande dame de la famille Hubert. » Il me regarda avec une tendresse sincère, bien différente de celle de son petit-fils.

« Je suis heureux de vous voir heureux. Promettez-moi de toujours rester ensemble. Prouvez-moi que mon intuition n’a pas failli. D’accord, Lucien, Serena. »

Lucien acquiesça fermement. Je restai silencieuse, incapable de faire autre chose que de baisser la tête.

« Serena ? » Albert remarqua que je ne lui répondais pas.

J’essayai d’esquisser un petit sourire. « Oui, papi. »

Albert me sourit largement, puis me demanda de le prendre dans mes bras.

Je l’enlaçai et, sans m’en rendre compte, des larmes coulèrent sur mes joues.

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