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#4 Continuer à se battre

ผู้เขียน: Spicy Witt
last update วันที่เผยแพร่: 2026-08-18 07:51:35

Point de vue de Serena

« Arrête de te comporter bizarrement, Serena », me réprimanda Lucien sur le parking de l’immeuble.

Nous avions la même destination, mais prenions des voitures différentes. D’habitude, il nous demandait de prendre la même voiture pour donner l’impression que nous étions proches et en bons termes, bien sûr. À présent, il préférait que nous partions chacun de notre côté.

« Dans ce cas, arrête de voir Camille », rétorquai-je avec acrimonie, ce qui durcit aussitôt les traits de son visage.

« Tu devrais aller la voir toi aussi. Elle n’arrête pas de prendre de tes nouvelles. »

Oh, il venait donc d’admettre qu’ils se voyaient régulièrement.

Je ralentis ma respiration qui s’accélérait, tentant de calmer la douleur qui me serrait la poitrine. J’ouvris la portière et appuyai aussitôt sur l’accélérateur, laissant Lucien derrière moi, les yeux fixés sur ma voiture.

Au bureau, j’essayais de me concentrer, même si c’était très difficile. J’avais deux présentations à terminer. Toutes deux devaient être présentées par Lucien à nos clients.

Au milieu du cliquetis du clavier, le bruit de talons hauts résonna. Quelqu’un ouvrit la porte de mon bureau.

Je détournai les yeux de l’écran et écarquillai les yeux en voyant qui se tenait là.

« Salut, Serena », me dit-elle d’une voix douce.

Elle n’avait pas changé. Elle était même plus belle. Ses cheveux roux tombaient en cascade dans son dos, lui donnant une allure féminine. Sa tenue était toujours aussi élégante, sans pour autant dissimuler sa sensualité.

« Tu es bien occupée, n’est-ce pas, Madame Hubert ? » lança-t-elle d’un ton sarcastique. Sans même demander la permission, elle s’assit sur la chaise face à mon bureau.

« Qu’est-ce que tu veux, Camille ? » demandai-je après avoir rangé le dossier de présentation de Lucien.

Je répondis à quelques e-mails que j’avais laissés de côté, les yeux rivés sur l’écran de mon ordinateur.

« Tu ne veux même pas m’accorder un peu d’attention en faisant semblant d’être occupée ? C’est ça, la mentalité d’une bonne. Tu es la femme de Lucien, mais tu te comportes plutôt comme l’une de ses employées. » Camille renifla en pinçant les lèvres.

« Je suis une femme qui se soucie des résultats de l’entreprise. C’est pour ça que Lucien a besoin de moi », répondis-je en haussant un sourcil.

Camille éclata d’un rire hautain. « Tu es une voleuse, Serena. Si je n’étais pas partie, Lucien ne t’aurait jamais épousée. »

Je restai de marbre, la mâchoire légèrement crispée.

« Ce n’est pas parce qu’on partageait tout à l’orphelinat que tu crois pouvoir partager Lucien avec moi ? » poursuivit-elle en me fixant, les yeux plissés.

« C’est Lucien qui m’a demandé de l’épouser », affirmai-je en relevant le menton.

« Oui, parce qu’il subissait la pression de ce vieux schnock d’Albert ! » rétorqua Camille sans hésiter.

« Surveille ton langage ! » la réprimandai-je, refusant qu’elle insulte celui qui me protégeait.

« Vous avez de la chance d’avoir Albert, Ser. Sans lui, vous seriez ruinés », siffla-t-elle avant de laisser échapper un petit rire.

« Tu verras bien, Ser. Je vais reprendre ce qui m’appartient », menaça-t-elle en repoussant d’un geste la photo de Lucien et moi qui trônait sur mon bureau.

La porte de mon bureau s’ouvrit.

« Tu es là, Cam. Mais pourquoi tu pleures ? » La voix de Lucien trahissait son inquiétude. Il se précipita vers Camille.

Je restai bouche bée en voyant les yeux de cette femme déjà remplis de larmes.

Camille était vraiment folle !

Depuis toute petite, elle trompait souvent la directrice du foyer où nous avions grandi ensemble. Elle faisait semblant de pleurer et accusait les autres enfants de la maltraiter. À l’époque, je ne pouvais qu’assister, impuissante, à ses manigances. Elle le faisait certes pour notre bien à toutes les deux.

Aujourd’hui, ses talents d’actrice s’étaient encore perfectionnés. En un clin d’œil, elle se transformait en victime.

« Ce n’est pas grave, Luce. Je suis juste émue. Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas revu ma meilleure amie d’enfance. Apparemment, Serena ne me considère pas comme telle. » Elle sanglotait, les larmes coulant sur son visage lisse.

Lucien me regarda avec colère et déception.

Je poussai un petit soupir. « Je réagis simplement à ce qu’elle a dit, Luce », me défendis-je.

« Mais qu’est-ce qui te prend ? Tu es vraiment méchante ! » me réprimanda Lucien.

Les faux sanglots de Camille s’intensifièrent. « Ce n’est pas grave, Luce. Allez, ne t’en prends pas à Serena. Aïe, Luce, j’ai encore mal à la tête. Quand je suis trop émue, la douleur revient. »

Je fronçai profondément les sourcils. Revient ? De quelle maladie souffrait-elle ?

Lucien passa aussitôt un bras autour des épaules de Camille. « Allez, je t’emmène chez le médecin. »

La jeune femme secoua la tête. « Ce n’est pas la peine. Allons plutôt chez moi. Ça passera tout seul si je me repose un peu », dit-elle d’un ton mielleux.

Lucien acquiesça et guida Camille vers la porte, me laissant seule derrière eux.

Je pris la feuille qui sortait de l’imprimante. Je la relus, puis hochai la tête d’un air résolu.

C’était ma lettre de démission.

Tout à l’heure, Émilie m’avait envoyé le projet de ma demande de divorce. Je l’approuvai. Elle n’avait plus qu’à le finaliser et à le déposer au tribunal.

Pardonne-moi, Albert.

Permets-moi, à moi, cette orpheline que tu as tant aimée, de choisir la voie du bonheur.

Ce n’était pas que je manquais de considération, mais je voulais continuer à vivre. Je voulais être heureuse. Et rester mariée à Lucien me tuait à petit feu.

Si je remettais directement ma lettre de démission à Lucien, il la refuserait sans aucun doute.

Je devais trouver un moyen de lui faire signer.

Je restai silencieuse en me mordillant la lèvre. Un sourire s’épanouit soudain sur mon visage.

Je glissai la lettre parmi les dossiers qu’il devait signer. J’avais exprès empilé une pile de dossiers pour le déconcerter.

Lorsque je lui tendis les dossiers, le visage de Lucien s’assombrit immédiatement.

« Je t’ai dit de ne pas m’apporter autant de dossiers. Je n’ai pas le temps de tous les parcourir », se plaignit-il.

« Ce ne sont que des documents courants, Luce. Une simple prolongation de contrat. Je les ai déjà vérifiés, comme d’habitude. Tu me fais confiance pour ça, n’est-ce pas ? » rétorquai-je en affichant un sourire charmant.

Les lèvres de Lucien se retroussèrent légèrement en voyant mon sourire, qui s’était effectivement fait rare ces derniers temps. Une lueur passa dans ses yeux, mais elle disparut aussitôt derrière son expression impassible.

« D’accord. »

Il commença à apposer sa signature sur chaque dossier.

Mon cœur battait à tout rompre. Mes mains moites serraient fermement le stylo.

Lorsqu’il arriva à ma lettre de démission, la main de Lucien s’arrêta. Son regard se leva.

Non !

« Luce, il se fait tard. Dépêche-toi, un client attend ce contrat », l’exhortai-je en souriant à nouveau.

Sa signature se traça enfin sur le papier.

Oui !

J’avais désormais en main les deux clés de ma liberté : ma demande de divorce et ma lettre de démission.

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