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#2 Divorçons !

Author: Spicy Witt
last update publish date: 2026-08-18 07:33:03

Point de vue de Serena

« Descends », dit Lucien d’un ton glacial en freinant la voiture.

Mes sourcils se froncèrent brusquement. « Quoi ? Il fait déjà nuit, Luce », protestai-je.

C’était quand même triste : quelques instants plus tôt, nous jouions encore les amoureux devant des clients suisses lors d’un dîner. Ils nous avaient couverts d’éloges, nous considérant comme le couple idéal.

Tout ça, ce n’était que du vent.

Un mensonge éhonté.

« Il y a un taxi juste devant. Sinon, tu peux toujours commander un Uber. Pas la peine de jouer les petites filles avec tes histoires de couvre-feu », lança-t-il d’un ton acerbe.

Je gardai le silence, la poitrine brûlante et serrée, tandis que le brouillard troublant ma vue s’épaississait.

« Descends vite, Ser ! » L’intonation de Lucien monta d’un ton.

« Où est-ce que tu vas, au juste ? » demandai-je en agrippant la ceinture de sécurité devant ma poitrine.

« Ça ne te regarde pas », répondit-il d’un ton neutre, la bouche à demi fermée.

Je resserrai encore davantage ma prise. Je le fixai, les yeux plissés.

« C’est moi qui gère tout ton emploi du temps. Je te rappelle tout, que ce soit pour le travail ou ta vie privée. Et maintenant, tu me dis que ça ne me regarde pas ? »

La mâchoire de Lucien se crispa. Il me rendit mon regard, encore plus perçant. « Et alors ? » me lança-t-il d’un ton provocateur.

« Tu veux voir Camille, n’est-ce pas ? » l’accusai-je sans détour.

Les muscles de la mâchoire de Lucien se contractèrent davantage. Il serrait le volant si fort que ses jointures blanchissaient.

« Je sais qu’elle est revenue. Tu veux te remettre avec elle, n’est-ce pas ? » l’accusai-je à nouveau en me penchant légèrement vers lui.

« Ça ne te regarde pas », siffla Lucien, le regard assombri.

« Oh, bien sûr que ça me regarde », rétorquai-je aussitôt. « Avant que ça n’arrive, je veux qu’on divorce. » J’insistai sur le dernier mot tout en reculant.

Enfin, je l’avais dit. Je n’en pouvais plus.

Lucien s’éloignait de plus en plus et changeait. Il rentrait de moins en moins souvent à la maison depuis une semaine. Il arrivait désormais souvent en retard aux réunions importantes. Il rentrait aussi souvent plus tôt que d’habitude.

Une chose qu’il s’était toujours interdit de faire.

Et tout cela à cause d’un seul nom : Camille.

J’en suis certaine. Quoi d’autre ?

« Il n’est pas question de divorcer. Maintenant, descends », conclut-il d’une voix qui frôlait le grognement.

Je restai bouche bée. Que voulait-il dire ?

Lucien appuya sur le bouton de ma ceinture de sécurité. « Descends, Ser. Tu veux rentrer encore plus tard ? »

Mes lèvres tremblaient. Je serrai fermement mon sac à main et descendis sans fermer la portière.

J’entendis Lucien jurer. Il claqua la portière latérale et démarra en trombe, faisant crisser les pneus.

Les larmes que je retenais de toutes mes forces depuis tout à l’heure finirent par jaillir. Je me serrai dans mes bras. J'avais laissé mon manteau dans la voiture, et celle-ci était déjà partie sans se soucier le moins du monde de moi.

J’étais de plus en plus convaincue que ma décision était la bonne. Avant de m’effondrer complètement, je devais mettre fin à ce mariage.

La porte de mon bureau s’ouvrit, laissant apparaître mon voisin de bureau.

Super. Après avoir passé la nuit dehors sans rentrer à la maison, le voilà qui débarquait avec son air impassible, sans la moindre trace de culpabilité.

« On déjeune ensemble tout à l’heure, d’accord ? » Sa proposition avait tout d’une menace.

« Désolée, j’ai déjà un rendez-vous », répondis-je en gardant les yeux rivés sur l’écran de mon ordinateur.

Lucien haussa les sourcils. « Avec qui ? » demanda-t-il d’un ton sec.

« Ça ne te regarde pas », répondis-je sur le même ton.

C’est que lui seul avait le droit de le faire ?

« Un homme ou une femme ? » demanda-t-il à nouveau d’un ton légèrement exigeant.

Avais-je mal entendu ?

Je gloussai légèrement sans lui répondre.

« Déjeune avec moi. Pas besoin de faire des histoires en déjeunant avec quelqu’un d’autre. À midi, dans mon bureau. »

Il se retourna après avoir réitéré son invitation.

Je levai les yeux au ciel en voyant son comportement. Avant, j’aurais toujours obéi.

Maintenant ? Certainement pas !

À 11 h 30, je me faufilai hors de mon bureau. Je me fichais bien de Lucien. Mon rendez-vous avec ma meilleure amie, Émilie, était très important.

Dès mon arrivée au restaurant où nous avions rendez-vous, je lui fis part de mon intention.

« Quoi ? Tu es vraiment décidée à divorcer de Lucifer ? Euh, je veux dire, de Lucien », grimaça Émilie.

J’esquissai un petit sourire. « S’il te plaît, rédige la demande de divorce, Em. Je ne réclame rien. Je veux juste qu’on puisse divorcer le plus vite possible. »

Émilie était avocate et s’était spécialisée dans les divorces. C’était pour cette raison que je lui faisais confiance.

Elle poussa un long soupir. « Enfin, Ser, ton intelligence refait surface. Pendant trois ans, tu as été l’esclave d’un amour stupide. J’ai envie de te coller une claque derrière la tête ! », lança-t-elle sans détour.

« Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis, Ser ? » demanda à nouveau Émilie en sirotant son café.

Je restai silencieuse un instant. « Elle… est revenue », répondis-je d’une voix faible en baissant la tête.

Émilie repoussa aussitôt sa tasse de café. « Cette manipulatrice qui n’arrête pas de profiter de toi ? »

La voix forte d’Émilie attira l’attention des gens autour de nous. Je lui donnai un coup de pied dans le tibia. Elle se tut aussitôt. Je lui racontai brièvement l’histoire, trop paresseuse pour remuer le couteau dans la plaie de mon mariage.

« J’attends les documents dès que possible, d’accord Ém ? », conclus-je en me levant. La pause touchait à sa fin.

Elle me fit un signe de pouce levé tout en pinçant les lèvres.

Je repris le volant, tranquillement, en direction du bureau. À peine avais-je franchi le seuil de mon bureau qu’une voix grave me vrilla les oreilles.

« Pourquoi ton portable était-il éteint ? Tu étais où, au juste ? » me demanda Lucien d’un ton tonitruant. Il se leva de la chaise où il était assis, à ma place.

« J’ai oublié de le recharger », répondis-je laconiquement.

« Tu n’as pas répondu à mon invitation à déjeuner. Et je t’ai appelée je ne sais combien de fois pour te dire quelque chose d’important », dit-il en s’approchant de moi et en m’attrapant par le bras.

Je fronçai les sourcils. « Quoi ? »

« Papi a fait un malaise. Allez, il faut qu’on aille à l’hôpital », m’exhorta-t-il en me tirant par la main.

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