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Chapter 2

Author: Anatory
last update publish date: 2026-01-12 01:57:14

La portière claqua derrière Sofia avec un bruit sec, presque trop fort dans l’air chaud de l’après-midi. Le soleil cognait sur la peau comme une main brûlante. Elle plissa les yeux, et la première chose qu’elle vit fut lui.

Pedro.

Torse nu, la peau luisante de sueur et de crème solaire, un vieux short en toile kaki qui tombait bas sur les hanches, révélant la ligne nette des obliques. Il tenait une bouteille d’eau à la main, l’autre appuyée sur la rambarde de la terrasse. Quand il les aperçut, son visage s’ouvrit en grand sourire, celui qui faisait toujours apparaître les petites rides au coin des yeux.

« ¡Por fin ! Les voilà, les stars de Los Angeles ! »

Sa voix grave, avec cet accent qui roulait les « r » comme une caresse. Sofia sentit son estomac se contracter. Elle resta plantée là une seconde de trop, à le regarder descendre les marches pour venir les accueillir.

Javier sortit en premier, claqua une accolade virile à Pedro, les tapes dans le dos habituelles, les rires complices. Diego suivit, déjà en train de charrier Pedro sur sa « nouvelle coupe de cheveux de vieux » Pedro n’avait rien changé depuis dix ans, juste quelques fils gris en plus aux tempes, et ça lui allait beaucoup trop bien.

Sofia descendit la dernière.

Pedro tourna la tête vers elle.

« Mija… »

Il la détailla de haut en bas, sans le vouloir vraiment, ou peut-être que si. Ses yeux s’attardèrent une fraction de seconde sur ses jambes nues, sur le short en jean qui remontait haut, sur le débardeur blanc qui collait un peu à cause de la chaleur de la voiture. Puis il releva les yeux, et son sourire devint plus doux, presque prudent.

« T’as grandi, hein ? »

Elle haussa les épaules, essayant de garder une voix neutre.

« Ça arrive. Salut, Pedro. »

Il s’approcha, posa une main sur son épaule – juste une seconde, mais assez pour qu’elle sente la chaleur de sa paume, la rugosité des callosités. Elle sentit son pouls s’accélérer dans la gorge.

Puis Ellie apparut derrière son père.

Ellie, dix-neuf ans maintenant, plus grand que l’année dernière, les épaules un peu plus larges, le même sourire un peu timide que quand ils avaient douze ans. Il portait un t-shirt noir délavé et un short de basket, les écouteurs toujours autour du cou.

« Sof ! »

Il la serra dans ses bras sans hésiter, un câlin trop long, trop fort, ses mains qui glissèrent un peu trop bas dans son dos avant de remonter. Sofia sentit l’odeur de son déodorant, de la crème solaire, et quelque chose de familier qui lui rappela les étés d’avant. Elle lui tapota le dos, mal à l’aise.

« Salut, Ellie. Ça va ? »

« Ouais… super content que t’es là. »

Il la relâcha enfin, mais ses yeux restèrent accrochés aux siens une seconde de trop. Elle détourna le regard, croisa celui de Pedro qui les observait, immobile, un sourcil légèrement relevé.

Le déchargement commença. Valises, glacière, sacs de courses. Pedro prit la plus lourde des valises de Sofia sans demander, les muscles de son dos roulant sous la peau quand il la souleva. Leurs mains se frôlèrent sur la poignée. Juste un contact. Électrique. Elle retira la sienne comme si elle s’était brûlée, mais pas assez vite pour qu’il ne le remarque pas. Il ne dit rien. Juste un petit sourire en coin, presque imperceptible.

La maison était la même : quatre chambres, la sienne au fond du couloir, celle avec la fenêtre qui donnait directement sur l’océan. Elle avait toujours eu cette chambre pour elle toute seule, depuis ses douze ans. Javier disait que c’était « sa chambre de grande », même quand elle n’était pas encore grande. Elle y entra, posa sa valise sur le lit, referma la porte.

Le silence la frappa d’un coup.

Elle s’assit sur le bord du matelas, les mains sur les cuisses. Le trajet l’avait fatiguée, la chaleur, les regards, tout ça. Elle ferma les yeux.

Elle revit Pedro torse nu sur la terrasse. La façon dont la lumière jouait sur sa peau, les petites gouttes de sueur qui descendaient le long de son sternum, jusqu’à disparaître sous la ceinture du short. Elle se mordit la lèvre inférieure.

Ses mains glissèrent lentement sur ses propres cuisses, remontèrent un peu, effleurèrent l’intérieur. Elle pensa à lui. À ce qu’elle avait imaginé pendant six mois. À ce qu’elle n’osait pas s’avouer.

Elle s’allongea sur le lit, en travers, les cheveux étalés sur la couette. Sa main droite descendit sous l’élastique de son short. Elle était déjà humide. Juste comme ça. Juste parce qu’il était là, dehors, à quelques mètres.

Elle ferma les yeux plus fort. Imagina ses mains à lui. Rugueuses, chaudes, qui la saisissaient par les hanches. Sa bouche sur son cou. Son souffle rauque contre son oreille quand il murmurait « mija » d’une voix différente, plus basse, plus possessive.

Ses doigts bougèrent plus vite. Elle retint un gémissement, se mordit le poignet. Le plaisir monta vite, presque trop vite. Elle pensa à lui en train de la regarder, à ses yeux sombres qui la dévoraient pendant qu’elle se donnait du plaisir pour lui.

Quand elle jouit, ce fut silencieux, violent, les muscles tendus, le dos arqué sur le lit. Elle resta là, haletante, les joues brûlantes.

Puis la culpabilité arriva, comme toujours, en deuxième vague.

Elle attrapa son téléphone sur la table de nuit, composa le numéro d’Isabella sans réfléchir.

Sa mère décrocha à la deuxième sonnerie.

« Ma chérie ? Tout va bien ? »

« Ouais… on vient d’arriver. »

Un silence. Isabella savait lire les silences de sa fille.

« Tu as l’air bizarre. C’est la chaleur ? Ou c’est autre chose ? »

Sofia hésita. Elle ne pouvait pas tout dire. Pas encore. Peut-être jamais.

« Juste… fatiguée du trajet. Et… je repensais au divorce. À tout ça. »

Isabella soupira doucement.

« Ça fait trois ans, Sofia. Tu n’as pas à porter ça toute ta vie. Ton père et moi… on a fait ce qu’on pouvait. Parfois, les gens s’aiment mal. Ça arrive. »

« Je sais. »

« Et toi ? Tu vas bien, vraiment ? »

Sofia ferma les yeux. Elle entendit au loin la voix de Pedro qui riait avec Javier, le bruit des bouteilles qu’on posait sur la table de la terrasse.

« Ouais. Ça va. Je crois. »

Elles parlèrent encore un peu. Isabella lui raconta son dernier voyage d’affaires, sa nouvelle promotion, sa vie qui continuait sans regarder en arrière. Sofia l’écouta, admirative, jalouse, un peu triste.

Quand elle raccrocha, le soleil était plus bas.

Dehors, on préparait le barbecue. L’odeur de charbon et de viande grillée montait déjà jusqu’à sa fenêtre.

Elle se leva, se passa de l’eau sur le visage, remit une culotte propre, enfila une robe légère couleur crème qui s’arrêtait mi-cuisse.

Elle descendit.

Pedro était là, toujours torse nu, en train de retourner des steaks sur le grill. Il leva les yeux quand elle apparut dans l’encadrement de la porte-fenêtre.

Il la regarda.

Longtemps.

Trop longtemps.

Et cette fois, il ne détourna pas les yeux le premier.

Sofia sentit la chaleur remonter dans son ventre, plus forte que tout à l’heure.

L’été venait juste de commencer.

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Comments (1)
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Dark_ecritur
J'adore....
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