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Chapter 3

Author: Anatory
last update publish date: 2026-01-12 02:00:54

Sofia hésita une seconde sur le seuil de la porte-fenêtre, le cœur battant encore de ce qui s’était passé dans sa chambre. La robe crème qu’elle avait enfilée tombait souplement sur ses hanches, effleurant ses cuisses nues, et elle se sentait à la fois vulnérable et audacieuse. Dehors, l’air du soir était tiède, chargé de l’odeur du sel marin et du charbon qui crépitait. Le soleil déclinait lentement vers l’horizon, peignant le ciel en nuances d’orange et de rose, comme si l’été lui-même voulait mettre en scène ce qui allait suivre.

Pedro était là, comme elle l’avait imaginé, penché sur le grill. Il avait enfilé un t-shirt gris délavé Dieu merci, ou peut-être pas mais il était encore pieds nus, les cheveux un peu en bataille après avoir passé la journée à bricoler. Il retournait les steaks avec une pince métallique, les flammes léchant la viande dans un sifflement appétissant. Javier était à côté de lui, une bière à la main, en train de raconter une anecdote sur un client difficile au travail. Diego et Ellie, eux, étaient assis sur les chaises longues un peu plus loin, en train de rire à propos d’un meme idiot sur le téléphone d’Ellie.

Sofia inspira profondément et descendit les deux marches qui menaient à la terrasse. Le bois craqua légèrement sous ses sandales, attirant l’attention. Pedro leva les yeux le premier, et son regard la transperça comme une flèche. Il ne dit rien, mais ses lèvres s’étirèrent en un sourire discret, presque complice. Elle sentit ses joues s’échauffer à nouveau.

« Ah, voilà la dormeuse ! » lança Javier en la voyant. « T’as fait une sieste ? Le trajet t’a tuée ? »

« Un peu, ouais, » répondit-elle en forçant un rire léger. Elle s’approcha du grill, sentant la chaleur des braises sur sa peau. Pedro lui tendit une assiette vide sans un mot, comme s’il savait qu’elle voulait s’occuper les mains.

« Tiens, mija. Sers-toi une bière si tu veux. »

Sa voix était basse, rauque, et elle dut se retenir pour ne pas fixer ses avant-bras, les veines saillantes sous la peau tannée par le soleil. Elle prit l’assiette, leurs doigts se frôlèrent à nouveau délibérément ? et elle murmura un « merci » à peine audible.

Le dîner se déroula dans une atmosphère familière, presque trop normale pour ce que Sofia ressentait intérieurement. Ils s’installèrent autour de la table en bois patinée par les années, sous les guirlandes de lumières que Javier allumait toujours pour les soirées barbecue. Les steaks étaient juteux, accompagnés de maïs grillé, de guacamole frais et de tortillas chaudes une tradition mexicaine que Javier et Pedro maintenaient religieusement, même si ça faisait des décennies qu’ils avaient quitté Guadalajara. Diego racontait des histoires de fac, Ellie hochait la tête en riant, et Sofia essayait de se fondre dans la conversation, répondant par monosyllabes quand on lui posait une question.

Mais son esprit était ailleurs. Chaque fois que Pedro parlait, sa voix vibrait en elle comme une caresse. Elle l’observait à la dérobée : la façon dont il mordait dans son steak, ses lèvres luisantes de jus, ses yeux qui croisaient les siens par moments, chargés d’une intensité qu’elle n’avait jamais remarquée avant. Ou peut-être si, mais elle l’avait ignorée.

Puis, au milieu d’une blague de Javier sur un match de foot raté, le téléphone de Pedro vibra sur la table. Il jeta un coup d’œil à l’écran, son sourire s’effaça instantanément. Il décrocha sans se lever, portant le portable à son oreille.

« Allô ? »

Une voix féminine, aiguë et insistante, retentit à l’autre bout du fil. Sofia ne put s’empêcher d’écouter, même si elle feignait de s’intéresser à la conversation d’Ellie et Diego – son frère, pas si petit que ça, mais toujours protecteur comme un aîné.

« Pedro, c’est Emma. Faut qu’on parle, s’il te plaît. »

Pedro fronça les sourcils, son corps se raidissant. « Écoute, Emma, j’ai pas le temps pour tes bêtises. Me rappelle plus, là. Je raccroche. »

Il appuya sur l’écran et reposa le téléphone avec un soupir exaspéré. Javier le regarda, un sourcil arqué.

« Encore Emma ? »

Pedro secoua la tête, forçant un rire. « Ouais, cette petite folle veut pas me lâcher. Je sais pas comment elle a fait pour avoir mon nouveau numéro. J’ai changé de ligne il y a trois mois, juste pour ça. »

Javier éclata de rire, tapant du poing sur la table. « ¡Cabrón ! T’as toujours eu le chic pour attirer les emmerdes sur deux jambes. c'est pour ça que je te dit de sortir avec des femmes de ton âge , elle à quoi, vingt-cinq ans ? T’aurais dû la larguer plus tôt. »

« Vingt-trois » corrigea Pedro en haussant les épaules. « Et c’est elle qui m’a largué, souviens-toi. Ou du moins, c’est ce qu’elle raconte. Mais bon, on s’en fout. Santé ! »

Ils trinquèrent leurs bières, plaisantant sur les ex encombrantes et les cœurs brisés. Sofia, elle, sentait un nœud se former dans son estomac. Emma. Ce nom la ramenait six mois en arrière, à ce dîner de décembre chez eux à Los Angeles. Pedro était venu avec elle une blonde aux yeux verts, toute en courbes et en rires forcés, qui s’était accrochée à son bras comme si c’était une bouée. Sofia l’avait trouvée vulgaire, trop maquillée, trop bruyante. Mais ce n’était pas ça qui l’avait marquée.

C’était plus tard, dans la soirée. Sofia était descendue à la buanderie pour chercher un pull propre il pleuvait dehors, et la maison était fraîche. Elle avait ouvert la porte sans frapper, pensant que personne n’y était. Et là, dans la pénombre éclairée seulement par la petite ampoule au plafond, elle les avait vus.

Emma à genoux sur le sol carrelé, les mains sur les cuisses de Pedro. Lui, adossé à la machine à laver, le pantalon baissé aux chevilles, son sexe dur et luisant sorti, entrant et sortant de la bouche d’Emma avec un rythme lent, hypnotique. Pedro gémissait doucement, la tête renversée en arrière, les yeux fermés, une main dans les cheveux blonds d’Emma pour guider ses mouvements. Le bruit ce bruit humide, obscène avait figé Sofia sur place pendant une seconde interminable.

Puis Pedro avait ouvert les yeux. Il l’avait vue. Son expression avait viré à l’horreur pure. « M****a… Sofia ! »

Emma avait sursauté, recrachant avec un bruit vulgaire, se redressant en essuyant sa bouche du revers de la main. Pedro s’était redressé vite, remontant son pantalon d’un geste paniqué, son érection encore visible sous le tissu. Sofia n’avait pas pu détacher les yeux de cette scène : le sexe de Pedro, épais et veiné, encore luisant de salive, avant qu’il ne le range maladroitement.

Elle avait tourné les talons et couru dans l’escalier, le cœur cognant dans sa poitrine, les joues en feu. Elle s’était enfermée dans sa chambre, tremblante, excitée malgré elle, confuse.

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