MasukElle signe le contrat. Premières règles. Il est glacial.
Une règle à ne surtout pas oublier ! Le contrat faisait dix pages. Laetitia les lut deux fois. Article 1 : Le mariage est un arrangement temporaire pour une durée de six mois. Article 2 : Aucune relation physique n’est exigée, sauf en cas de nécessité publique (photographies, événements). Si, une telle Close y est ajouté pour motif d’une grossesse, le contrat sera revu par les deux parties. Article 3 : Laetitia Dubois recevra un million d’euros à la fin du contrat, déduction faite des frais de la cérémonie. Article 4 : Ni l’une ni l’autre des parties ne révélera l’existence de ce contrat. Article 5 : Les époux partagent le même domicile durant la durée du contrat. Elle releva la tête. — Domicile partagé ? — Nécessaire. Il posa un stylo devant elle. Les journalistes fouillent. Si on vit séparés, ça se saura. — Et si on ne s’entend pas ? — On s’entendra. Je suis rarement là. Vous aurez une suite privée, un assistant, une voiture. Vous ne manquerez de rien. — Sauf de liberté. Il sourit. — Vous ne l’avez jamais eue. C’est un luxe de riches. De plus,la liberté n'existe pas. Au moins vous ne manquerez de rien et serai libre d'avoir tout. Elle signa. Chaque page. Chaque lettre. Quand elle releva la tête, il tenait un chéquier. — Cent mille euros pour vos parents. La maison est sauvée. Officiellement, c’est une avance. Elle prit le chèque sans le regarder. — Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? — On se marie. Demain. — Demain ? — La presse a déjà l’information. Il fallait que je sois sûr que vous acceptiez. Les articles sortent ce soir. Demain, à 11 heures, mairie du 16e. Une cérémonie privée. Ce mariage va un peu redorer mon image donc il faut que ce soit le plus vite possible. Laetitia sentit le sol se dérober. — Je ne peux pas me marier demain. J’ai besoin d’une robe, d’un témoin, de… — J’ai tout prévu. Il sortit une photo de son tiroir. Une robe, simple, élégante. C’est votre taille. Votre mère sera votre témoin. Elle est prévenue. Elle a accepté. — Ma mère ? — Elle veut que vous soyez heureuse. Même si c’est un mensonge. Elle serra la photo dans sa main. — Vous êtes un monstre. — Je sais. Et vous un ange tout droit sorti du ciel. Vous êtes déjà magnifique mais avec cette robe, vous allez en rendre plus d'une jalouses. Il se leva, vint se tenir derrière elle. — Si vous voulez reculer, il est encore temps. Je brûle le chèque, je révoque le contrat, vous retournez chez vos parents. Mais ils perdront tout. Elle se retourna. — Je n’ai pas le choix, n’est-ce pas ? — Non. Il se pencha vers elle, si près qu’elle sentait son parfum. — Bienvenue chez les monstres, Laetitia. Le téléphone sonna. Il décrocha. Son visage se durcit. "La presse vient de publier la photo de Laetitia. Une ancienne photo. Avec un ex. Qui est cet homme ?" Laetitia ne savait pas qui était sur la photo. Le jeune homme souriait, la main sur sa taille. Elle avait 22 ans, elle était à une plage, et elle était amoureuse. Delacroix la regarda. — Qui est-ce ? — Thomas. Mon ex. On s’est quittés il y a cinq ans. — Pourquoi ta photo est dans la presse ? — Je ne sais pas. Elle palpa son téléphone. Son ex n’avait pas de raison de la contacter. Il était marié, heureux, il vivait à l’étranger. — Il a un compte I*******m. Il a posté une vieille photo. Avec un commentaire. — Lequel ? Delacroix lui tendit son téléphone. "Ma première grande amoureuse. Laetitia. J’ai appris qu’elle se mariait demain. Je lui souhaite du bonheur, même si elle ne m’a jamais vraiment aimé." Elle resta figée. — Ce n’est pas vrai. On s’est quittés en bons termes. — Ce matin, un journaliste a appelé pour me poser des questions. Il voulait savoir pourquoi une fille comme toi épousait un type comme moi. Pas d’amour, pas d’histoire, juste un contrat. Elle sentit son cœur s’emballer. — Vous croyez que c’est lui ? — Je ne crois rien. Je sais que quelqu’un est en train de saboter mon mariage. Et je vais le trouver. Il attrapa son blouson. — Où allez-vous ? — Voir ton ex. Il vit à Paris maintenant. Miracle. — Vous ne pouvez pas… — Je peux tout. Il ouvrit la porte. C’est mon métier. Maintenant, prépare-toi. On se marie demain, et personne ne m’empêchera. son changement si brusque la laissait perplexe. Elle ne s'attendait pas à de la tendresse ou de la douceur mais des menaces ainsi, c'était trop. Il sortit. Elle resta seule, le téléphone à la main. Un message venait d’arriver. D’un numéro inconnu. "Laetitia, ne l’épouse pas. Il est dangereux. Tu es en danger. Réponds-moi." Elle reconnut Thomas. Et elle suait à grosses gouttes.La voiture était silencieuse. Personne n'osait faire quoi que ce soit. respirer même était difficile à faire.Cuir noir. Odeur de parfum cher. Mathias conduisait. il avait laissé son chauffeur pour être seul avec elle dans cette voiture. Les deux mains sur le volant. Les yeux droit devant. Droit devant ? quelques instants seulement car de temps en temps il l' observait dans la voiture. il voulait savoir ce qu'elle faisait.Laetitia, côté passager, regardait par la fenêtre. Les bras croisés. le regard droit devant mais, elle observait chaque détail de son visage pour savoir si il était en colère par jalousie ou si il l'a considère juste comme une propriété.Aucun des deux ne parlait. Dehors, la ville défilait. Les embouteillages, la poussière, les klaxons. Dedans, le silence pesait 10 tonnes.Au bout de 10 minutes, Mathias a brisé le silence. — Tu as mangé ? Elle n’a pas répondu. Pourquoi cette question ? qui plus est, elle était stupide ! jusqu'à preuve du contraire el
Thomas et Laetitia. Ça datait de l’université. Quelques mois. Des rires dans les amphis, des nuits à réviser, des promesses idiotes. Une vraie histoire d’amour.Jusqu’au jour où elle a appris. Il l’avait trompée. Avec sa meilleure amie. Elle n’avait rien dit. Elle avait juste fait ses valises. Et depuis, plus rien. Silence radio.Puis elle avait fait la une des journaux. "Disparue. Présumée morte." Et lui avait compris qu’elle était vivante. Il l’avait cherchée. Suppliée. Demandé pardon. Elle l’avait repoussé. A chaque fois.Mais la prison avait tout changé. Les barreaux, les visites, les avocats. Lui était là. Tous les jours. Et à force, un mur était tombé. Si proche qu’il se voyait déjà avec elle. Un appart. Un avenir. *Sa* Laetitia.Alors quand Élodie lui avait tendu cette perche... il l’avait saisie. Une occasion de se rapprocher. De redevenir indispensable.De l’autre côté, Laetitia se préparait. Sortie dans quelques jours. Et il y a trois jours,
Thomas n’en dormait plus. En plus de l’avocat, il avait fait appel à un détective privé. Parce que c’était trop louche. Parce qu’il ne pouvait pas y croire. Pas Laetitia. Pas *sa* Laetitia à lui.Mais il ne savait pas par où commencer. Alors il avait payé quelqu’un pour chercher à sa place.Le rendez-vous était au "Saint-Germain". Un bar sombre, tables collées, où personne ne pose de questions. Julien était déjà là. Détective. 20 ans de PJ. Veste en cuir, regard fatigué. Devant lui, un verre d’eau. Il ne buvait jamais d’alcool en service.Thomas est arrivé les nerfs à vif. Il s’est assis d’un coup. — Alors ? T’as trouvé quoi ?Julien a soupiré. — Rien, Thomas. J’ai fouillé. Ses comptes, ses sorties, son entourage. Rien qui cloche. Elle est clean. Ou alors elle est bonne.Thomas a explosé. — Rien ?! Tu te fous de moi ?! Il a tapé du poing sur la table. — Je te paye pour ça ?! T’es un incompétent ! Un stupide ! Et je parie que t’as été acheté ! C’est ça ?!Ju
Pour que Laetitia puissent sortir de cette infâme situation, elle pouvait compter sur son ex petit ami qui,employa à la foi un avocat et un détective privé. L'avocat était censé essayer par tout les moyens de disculper Laetitia et le détective quant à lui, devait trouver le véritable meurtrier car même si elle est en liberté, le simple fait d'ignorer le coupable fait d'elle une possible coupable. Le cabinet de Maître Durand était une pièce étroite, aux murs couverts de bibliothèques qui croulaient sous les dossiers et les codes de procédure. Une odeur de vieux papier et de café froid flottait dans l'air, mêlée à celle de la cire qui brillait sur le parquet usé par des décennies de pas fatigués. Des étagères en bois sombre s'élevaient jusqu'au plafond, chargées de volumes reliés en cuir, de dossiers jaunis par le temps, de liasses de documents entassés dans un ordre que seul leur propriétaire comprenait. La lumière jaune d'une vieille lampe à abat-jour vert éclairait le bureau, proje
Les jours s'écoulaient comme des siècles. Laetitia avait perdu la notion du temps. La cellule était toujours la même, les murs gris, le lit de fer, la lumière blanche qui ne s'éteignait jamais. Elle ne savait plus si c'était le jour ou la nuit. Elle ne savait plus si elle avait faim ou soif. Elle ne savait plus si elle était vivante ou déjà morte. Personne ne venait la voir. Mathias avait essayé, elle le savait. Les gardiens le disaient, à voix basse, quand ils pensaient qu'elle ne les entendait pas. Il venait, mais on le repoussait. Il était trop impliqué, trop proche, trop suspect. La famille de la victime ne pouvait pas voir l'accusée. C'était la règle. Elle était seule. Seule avec ses larmes, seul avec ses regrets, seule avec sa haine pour un homme qui ne la croyait pas. Et puis, un jour, une visite. La porte s'ouvrit, et elle leva les yeux. Un homme entra, grand, brun, les yeux clairs. Il portait un costume, une chemise blanche, un sourire doux. Elle le reconnut immédia
La cellule était froide. Pas la froideur de l'hiver, non. Une froideur intérieure, qui vous pénètre les os, qui vous glace le sang, qui vous fait oublier ce que c'est que d'être vivant. Laetitia était assise sur le lit de fer, les bras croisés sur ses genoux, le regard fixé sur le mur gris. Les larmes ne coulaient plus. Elles s'étaient taries, épuisées, comme tout le reste d'elle. Elle avait passé la nuit à plaider son innocence. Aux inspecteurs, aux gardiens, à quiconque voulait bien l'écouter. Mais personne ne l'écoutait. Personne ne la croyait. Elle était une étrangère dans cette maison, une profiteuse, une voleuse, et maintenant une empoisonneuse. Tout collait trop bien. Trop parfaitement. — Je n'ai rien fait, répétait-elle sans cesse. Je n'ai jamais voulu faire de mal à personne. J'aimais cette famille. J'aimais... Elle s'arrêtait toujours avant de prononcer son nom. Mathias. Elle l'aimait. Elle l'aimait malgré tout. Malgré ses mensonges, malgré ses secrets, malgré le fait qu







