ログインLe lendemain matin, malgré son anxiété, elle se décida à aller voir son bourreau. Alors après avoir petit déjeuner et après avoir reçu les encouragements de sa famille, elle s'en alla.
Toujours en bus malheureusement. La maison de Delacroix était un bunker chic : verre, acier, lumière blanche. Le majordome l’accueillit sans un mot et la guida jusqu’à un bureau immense. Il l’attendait derrière son bureau. Il avait changé de costume, une veste sombre, une chemise blanche ouverte. Tout homme d'affaires se doit d'avoir plusieurs vestes chez lui. Quant à elle, elle avait opté pour un accoutrement plus responsable avec une chemise blanche en dessous et en dessus de cette dernière, une veste en jean. Un pantalon jean et une simple tennis couronnaient l’ensemble. — Je vous ai vue hier, dit-elle sans préambule. Vous m’avez dit que vous m’aviez choisie pour ma réputation. — C’est en partie vrai. — Mais vous saviez qui j’étais. Vous saviez que mon père avait investi dans votre projet. Il ne broncha pas. — Oui. — Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi me faire souffrir ? Il se leva, fit le tour du bureau, et s’arrêta devant elle. Trop près. — Parce que je vous dois une dette. Il sortit un dossier de son tiroir, le posa sur la table. Votre père a investi 50 000 euros dans mon projet. C’était tout ce qu’il avait. Il a perdu, et je n’ai pas pu le rembourser. J’étais jeune, j’étais arrogant, j’ai cru que je pourrais reconstruire plus tard. C'était un jeu de hasard. Ce projet avait toutes les chances de réussite alors,ton père après m'avoir écouté a décidé de se lancer mais c'est surtout parceque, j'ai promis qu'il n'allait rien perdre. Et tout homme se doit de n'avoir qu'une seule parole. — Et vous n’avez pas reconstruit. — J’ai reconstruit le groupe. Mais j’ai oublié les petits. Laetitia, je ne suis pas un homme bon. Je ne cherche pas à le devenir. Mais j’ai une conscience. Elle est abîmée, elle est sale, mais elle existe. Je ne compte pas commencer cette aventure dans le mensonge. Elle le regarda. -Mais, je ne comprends pas. C'est vous qui nous devez mais pourquoi c'est moi qui devrait travailler ? -Effectivement je vous dois mais cette somme suffira t'elle pour vous ? jusqu'à quand ? je vous propose de doubler cette somme en plus de votre maison. Je ne suis en rien obligé de vous rembourser. Mais, je vous laisse une chance de vous sauver. — Vous m’avez proposé un million pour m’épouser. — Vous êtes la seule personne à qui je puisse rendre cet argent sans que ça paraisse suspect. Un mariage, une donation, un divorce. Personne ne saura. Vos parents seront sauvés. — Et mon père ? Il sait que c’est de votre faute. — Je le sais. Il le sait. Il sait aussi que c’est la seule chance qu’il a de garder sa maison et plus encore. Delacroix se pencha un peu. Je ne vous demande pas de m’aimer. Je vous demande de m’aider à réparer une erreur. Laetitia serra les mâchoires. — Et si je refuse ? Il haussa les épaules. — Alors je rachèterai la maison de vos parents par un autre biais. Je mettrai un tiers, je ferai en sorte qu’ils la gardent. Mais vous serez toujours endettée envers moi. Et moi, je n’aurai pas ma femme. — Vous avez besoin de moi. — Désespérément. Elle ferma les yeux. Elle vit la maison de son enfance. Le jardin où elle jouait. La cuisine où sa mère cuisinait. Les nuits où son père lisait des histoires. — Et l’amour ? demanda-t-elle. Vous n’y croyez pas ? Il eut une lueur dans les yeux. — L’amour dites vous ? Tout est une question d’intérêt et de profil. Si je décide de m’investir dans une histoire d’amour ,qu’est ce que j’y gagnerait ? Je crois aux contrats. Je crois aux promesses. Je crois qu’on peut faire du mal sans le vouloir, et qu’on peut réparer sans aimer. — Et si je tombe amoureuse de vous ? Avez-vous pensez un seul instant à moi ? Il eut un rire, un rire froid. — Vous ne le ferez pas. Je suis fait pour être haï. C’est plus sûr. Je ne désire pas être aimé par intérêt mais pour ce que je suis. Elle prit une grande inspiration. — J’accepte. Mais pas pour vous, pour mes parents et je veux pouvoir m’en aller au plus vite. Il lui tendit la main. Elle hésita, puis la prit. Quand leurs doigts se touchèrent, elle sentit une décharge électrique. Pas de l’amour. De la peur.2h13. La pluie cognait contre les vitres du manoir. Dans le noir, deux ombres. Thomas. Élodie. — 3 minutes avant que les caméras reviennent, a chuchoté Thomas. Les mains moites. — Alors dépêche-toi, a répondu Élodie. Froide.Ils sont entrés par la porte de service. En haut, Laetitia dormait d’un sommeil agité. Depuis la dispute, elle ne dormait plus vraiment.Elle s’est réveillée avec une main sur la bouche. — Chut, c’est moi, a murmuré Thomas. Son cœur s’est brisé en mille. — Thomas... pourquoi ? — Parce que si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura.Élodie a sorti un chiffon. Odeur chimique. Laetitia a lutté. En vain. Le noir.Elle s’est réveillée dans une camionnette. Poignets liés. Élodie en face, les jambes croisées. Un sourire. — Bienvenue dans le plan B, ma chérie.Ils l’ont retenue 6 heures. Dans un entrepôt. Puis les sirènes. La police. Appel anonyme de Mathias. De retour au manoir, le chaos. Élodie, en larmes, s’est jetée dans les bras de
La nuit était tombée. Lourde. Électrique. Dans un petit appartement mal éclairé, Thomas marchait de long en large. Ses poings étaient serrés. En face, Élodie sirotait du vin rouge. Calme. Dangereuse.— Tu as compris ? a-t-elle dit en posant son verre. Sa voix était douce. Trop douce. — Si tu ne peux pas l’avoir... alors personne ne l’aura.Thomas s’est arrêté net. — Tu parles de quoi ? — De Laetitia. Élodie s’est levée. Sa robe noire collait à sa peau. — Mathias l’a enfermée dans cette maison comme un trophée. Il l’humilie. Il la possède. Et toi tu restes là à l’appeler sans réponse ? Non. On la prend. On la kidnappe. On fait en sorte que Mathias perde tout. Et après... elle reviendra vers toi. Par peur. Par gratitude.Thomas a dégluti. Kidnapper. Le mot lui a brûlé la gorge. Mais l’image de Mathias au téléphone : *"Je n’aime pas partager"* lui est revenue. Il a hoché la tête. Une fois. — Ok. On fait ça.Dehors, la pluie a commencé à tomber.Laetitia vena
Appartement d’Élodie. Lumière tamisée. Bouteille de vin à moitié vide. Thomas faisait les cent pas. Les nerfs à vif. — Il m’a dit de disparaître. "Je n’aime pas partager". Élodie, assise sur le canapé, robe noire, jambes croisées. Elle souriait. — Parfait. Il a mordu. Elle s’est levée. S’est approchée de lui. — On va lui donner une raison de la garder près de lui. Et une raison de te détester. — Comment ? — Toi tu joues le mec épris, désespéré. Tu l’appelles, tu la supplie. Et moi... moi je m’occupe du reste. Elle a posé sa main sur sa poitrine. — Tu me fais confiance ? Thomas a hoché la tête. Il n’avait plus rien à perdre. Cette nuit-là, ils ont couché ensemble. Par vengeance. Par calcul. Au matin, Élodie l’a regardé et a dit, toute douce : — Thomas... je suis enceinte. De toi. Il est resté figé. Et elle a souri. Le piège venait de se refermer. Le soir même. Manoir Delacroix. Dîner. Silence. Encore. Laetitia a craqué la première. — Tu peux ar
Thomas a raccroché. Sa main tremblait. "Je n’aime pas partager." La phrase de Mathias tournait en boucle dans sa tête. Il a balancé son téléphone contre le mur. L’écran a explosé. — Salaud ! Il a donné un coup de pied dans la table. -Perdu. Encore. Comme à la fac. Comme avec sa meilleure amie. Toujours le second. Et là, le souvenir est revenu. Élodie. Au bar. Son sourire. *"C’est une opportunité, Thomas. Pour toi. Pour Laetitia."* Il a ramassé les débris du téléphone. Le cœur en feu. Si Mathias voulait jouer au propriétaire... Lui allait jouer au sauveur. Il a rappelé Élodie. — On fait comme tu as dit. La voiture s’est arrêtée devant le portail. Le manoir. Immense. Froid. Les rideaux tirés. Dès que Laetitia est descendue, les domestiques étaient là. Dans le hall. Alignés. Les regards. Ceux qui disent : *"C’est elle. La meurtrière."* Aucun "bonjour". Aucun sourire. Juste le silence. Mira est passée devant elle avec un plateau. Elle s
La voiture était silencieuse. Personne n'osait faire quoi que ce soit. respirer même était difficile à faire.Cuir noir. Odeur de parfum cher. Mathias conduisait. il avait laissé son chauffeur pour être seul avec elle dans cette voiture. Les deux mains sur le volant. Les yeux droit devant. Droit devant ? quelques instants seulement car de temps en temps il l' observait dans la voiture. il voulait savoir ce qu'elle faisait.Laetitia, côté passager, regardait par la fenêtre. Les bras croisés. le regard droit devant mais, elle observait chaque détail de son visage pour savoir si il était en colère par jalousie ou si il l'a considère juste comme une propriété.Aucun des deux ne parlait. Dehors, la ville défilait. Les embouteillages, la poussière, les klaxons. Dedans, le silence pesait 10 tonnes.Au bout de 10 minutes, Mathias a brisé le silence. — Tu as mangé ? Elle n’a pas répondu. Pourquoi cette question ? qui plus est, elle était stupide ! jusqu'à preuve du contraire el
Thomas et Laetitia. Ça datait de l’université. Quelques mois. Des rires dans les amphis, des nuits à réviser, des promesses idiotes. Une vraie histoire d’amour.Jusqu’au jour où elle a appris. Il l’avait trompée. Avec sa meilleure amie. Elle n’avait rien dit. Elle avait juste fait ses valises. Et depuis, plus rien. Silence radio.Puis elle avait fait la une des journaux. "Disparue. Présumée morte." Et lui avait compris qu’elle était vivante. Il l’avait cherchée. Suppliée. Demandé pardon. Elle l’avait repoussé. A chaque fois.Mais la prison avait tout changé. Les barreaux, les visites, les avocats. Lui était là. Tous les jours. Et à force, un mur était tombé. Si proche qu’il se voyait déjà avec elle. Un appart. Un avenir. *Sa* Laetitia.Alors quand Élodie lui avait tendu cette perche... il l’avait saisie. Une occasion de se rapprocher. De redevenir indispensable.De l’autre côté, Laetitia se préparait. Sortie dans quelques jours. Et il y a trois jours,







