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fuite impossible

last update publish date: 2026-07-26 20:03:03

Laetitia n’avait pas dormi. À 6 heures, elle avait pris un taxi pour l’appartement de ses parents. Elle avait frappé, Marc avait ouvert.

— Je veux pas me marier, dit-elle en pleurant. C’est un piège.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

Elle montra le message. Son père lut, se gratta le menton.

— Tu sais quoi, Laeti ? Ce type, Delacroix, il a fait des choses mauvaises. Mais Thomas, il était un manipulateur. Il a essayé de te faire croire qu’il t’aimait, et il t’a quittée par SMS.

— Mais là, il me prévient. Il dit qu’il est dangereux.

— Ou bien il veut te récupérer. Il a toujours été jaloux. En plus,tous sont dangereux mais choisi celui qui ne va pas te manipuler.

Elle s’effondra sur le canapé.

— Je ne sais plus quoi faire, papa.

— Tu sais quoi faire. Tu l’as toujours su. Tu ne te maries pas par amour. Tu te maries pour sauver cette famille. Si tu veux fuir, je te soutiendrai. Mais fuir, c’est abandonner.

Elle se releva, prit son sac.

— Je vais lui dire. A lui. Que j’annule.

Elle marcha jusqu’à la voiture qu’il lui avait prêtée. Elle démarra en direction de la mairie, mais au bout de dix minutes, elle tourna, prit une route vers la gare.

Elle allait fuir. Elle allait prendre le premier train. Elle irait chez sa tante, en Bretagne. Elle enverrait un message à Delacroix, elle lui dirait qu’elle ne pouvait pas.

Elle gara la voiture, courut vers le quai. Le train était là, portes ouvertes. Elle monta, s’assit, le cœur battant.

À 8h15, le train allait partir. Elle était libre.

Le téléphone vibra. Un message de Delacroix.

"Ne prends pas ce train. Si tu montes, je vais te chercher. Et je te ramènerai devant l’autel."

Elle leva les yeux. Il était là, sur le quai, en costume sombre. Il la regardait, un sourire, un sourire dangereux.

Elle descendit du train, les jambes tremblantes.

— Comment avez-vous su ?

— La voiture. J’ai un traceur. Il s’approcha d’elle, si près qu’elle recula. Vous avez essayé de fuir. Je vous ai dit que je ne vous laisserais pas.

Elle le gifla.

Il ne broncha pas.

— Vous êtes un salaud. Un salaud manipulateur.

— Et vous êtes une menteuse. Il essuya une goutte de sang à sa lèvre. On est faits pour s’entendre. De plus, je peux bien voir dans vos yeux que vous ne me haïssez pas tant que ça.

Lui dit il en se rapprochant d'elle au point qu'ils n'étaient qu'à un mouvement pour un baiser.

Il l’attrapa par le poignet. "Allez, on se marie. Et si tu essaies encore de fuir, je te jure que je n’annulerai jamais le contrat. Six mois. Peu importe où tu te caches, je te trouverai."

La cérémonie approche. Elle se sent piégée.

La robe était parfaite. Trop parfaite. Laetitia la regardait dans le miroir, les mains moites. Dans une autre situation, je suis sûre qu'elle aurait aimé cette robe blanche. Qu'elle femme ne rêverait pas d'être marié ? encore faut il que ce soit avec un bon homme.

— C’est une robe de mariée, dit-elle à voix basse. Pas un déguisement.

— Mademoiselle Dubois, dit la vendeuse, vous êtes magnifique.

— Je suis piégée. Même dans cette robe je me sens étrangère.

Sa mère posa une main sur son épaule.

— Ma chérie, tu n’es pas piégée. Tu es courageuse. Nous sommes fiers de toi.

— Je ne l’aime pas, maman. Tant que ce n'est pas vous qui vous mariez avec un tel personnage, alors il n'y a rien de mal je crois bien.

— Tu n’as pas besoin de l’aimer. Il te sauve la maison.

— Il m’a ruinée.

— Il te répare. Comment ruiner alors que tu auras autant d'argent ? ce n'est que 6 mois ma petite princesse. Voyons, n'en fait pas toutes une histoire.

Laetitia ferma les yeux. Elle revit son père, les mains tremblantes, et la maison qu’il avait construite. Elle se revit enfant, courant dans le jardin, ses parents souriant.

— Je le fais pour vous.

— Et pour toi, répondit sa mère. Pour toi aussi. Tu fais partie de la famille et tu nous dois bien toutes ces années à prendre soin de toi sans relâche.

Elle enfila la robe. Le tissu collait parfaitement à sa peau, comme une seconde peau. Elle se regarda dans le miroir.

Elle était la mariée. Elle était la victime. Elle était l’héroïne. Mais en aucune façon elle était heureuse.

Un assistant toqua à la porte. "Monsieur Delacroix vous attend. Il a demandé une dernière chose. Il veut que vous portiez cette bague." Il tendit un écrin. Dedans, une bague de fiançailles, une énorme pierre. Et une note : "Pour faire croire à l’amour."

Elle la enfila. Elle se sentit achetée.

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