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Prisonnière de nous
Prisonnière de nous
作者: Lunalevy

Chapitre 1 — L’annonce

作者: Lunalevy
last update 公開日: 2026-09-18 05:03:33

Je n’avais jamais aimé les dimanches.

Ils avaient quelque chose de trop calme, presque oppressant. Le genre de journée où le silence laisse suffisamment de place aux pensées pour qu’elles deviennent impossibles à ignorer.

Ce matin-là, pourtant, j’avais essayé de ne pas réfléchir.

Installée devant la fenêtre de mon appartement, une tasse de café entre les mains, je regardais les rues encore tranquilles. Mon ordinateur était ouvert devant moi et plusieurs pages de mon roman s’affichaient à l’écran.

J’écrivais depuis presque trois heures.

C’était l’une des rares choses qui me permettaient d’oublier le reste.

Écrire, c’était ma façon de construire un monde dans lequel je pouvais décider de tout. Les personnages faisaient ce que je voulais. Les histoires se terminaient comme je le souhaitais.

Ma propre vie, elle, était beaucoup moins facile à contrôler.

Je poussai un soupir et relus la dernière phrase que je venais d’écrire.

Je la supprimai.

Puis une autre.

Puis tout le paragraphe.

— Génial…

Je laissai tomber ma tête contre le dossier de ma chaise.

J’avais vingt-cinq ans et parfois l’impression de ne pas savoir ce que je faisais de ma vie.

Après tout ce qui s’était passé avec Alex, j’avais pourtant cru que le plus difficile était derrière moi.

Je m’étais trompée.

Mon téléphone vibra sur la table.

Je le pris immédiatement, pensant recevoir un message concernant mon roman.

Mais ce n’était pas mon éditeur.

C’était ma mère.

**Maman : On doit te parler. Viens à la maison cet après-midi. C’est important.**

Je fronçai les sourcils.

Elle aurait pu simplement me dire de venir.

Pourquoi préciser que c’était important ?

Je répondis rapidement.

**Moi : Tout va bien ?**

Les trois petits points apparurent.

Puis disparurent.

Aucune réponse.

Je sentis une légère inquiétude me traverser.

Je connaissais ma mère. Lorsqu’elle disait qu’elle voulait parler, ce n’était généralement pas pour discuter de la météo.

Je passai une main dans mes cheveux avant de regarder l’heure.

Je n’avais aucune envie d’y aller.

Mais quelque chose me disait que je n’avais pas vraiment le choix.

---

Une heure plus tard, je me trouvais devant la maison de mes parents.

Je restai quelques secondes devant la porte, sans bouger.

Une étrange sensation me serrait la poitrine.

Je ne savais pas pourquoi.

J’inspirai profondément avant de sonner.

La porte s’ouvrit presque immédiatement.

Ma mère se tenait devant moi.

Son visage était sérieux.

— Bonjour, ma chérie.

— Bonjour.

Elle s’écarta pour me laisser entrer.

— Ton père t’attend dans le salon.

Je retirai mon manteau.

— Pourquoi vous avez l’air aussi sérieux ?

Elle ne répondit pas.

Et ce silence ne fit qu’augmenter mon inquiétude.

Lorsque j’entrai dans le salon, mon père était assis dans son fauteuil.

Il leva les yeux vers moi.

— Assieds-toi, Liora.

Je m’arrêtai.

Il n’y avait aucune chaleur dans sa voix.

Je m’assis lentement sur le canapé.

Ma mère prit place à côté de lui.

Je les regardai tour à tour.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Mon père joignit ses mains devant lui.

— Nous avons quelque chose à t’annoncer.

Mon cœur se serra.

— Quoi ?

Il échangea un regard avec ma mère.

Puis il prononça une phrase que je n’oublierais probablement jamais.

— Tu vas te marier.

Je crus avoir mal entendu.

— Pardon ?

— Tu vas épouser quelqu’un.

Un rire nerveux m’échappa.

— Très drôle.

Personne ne rit.

Mon sourire disparut.

— Vous êtes sérieux ?

— Oui.

Je me levai brusquement.

— Non.

Mon père resta parfaitement calme.

— Liora…

— Non. Je ne sais pas ce que vous avez prévu, mais je ne vais pas me marier parce que vous avez décidé que c’était le moment.

— Ce n’est pas une simple décision.

— Alors c’est quoi ?

Il se tut quelques secondes.

— Un accord entre nos deux familles.

Je le fixai, incapable de comprendre.

— Un accord ?

— Cela a été décidé il y a longtemps.

Je secouai la tête.

— Et vous avez attendu aujourd’hui pour me le dire ?

— Nous pensions que le moment était venu.

Je sentis la colère monter.

— Le moment était venu ?

Je laissai échapper un rire sans joie.

— C’est ma vie !

Ma mère tenta de m’apaiser.

— Liora, écoute-nous au moins.

— Vous auriez dû m’en parler avant !

Je regardai mon père.

— Qui est cet homme ?

Cette fois, son expression changea légèrement.

Comme s’il savait que le nom allait provoquer quelque chose en moi.

— Elias Sterling.

Le nom résonna dans la pièce.

Elias Sterling.

Je ne connaissais pas cet homme.

Je ne savais rien de lui.

Et pourtant, mes parents venaient de décider qu’il ferait partie de ma vie.

Je me rassis lentement.

— Je ne l’épouserai pas.

Mon père soupira.

— Tu ne comprends pas la situation.

— Alors expliquez-la-moi.

Il ne répondit pas.

Je regardai ma mère.

Elle baissa les yeux.

Cette réaction me glaça davantage que tout le reste.

— Qu’est-ce que vous me cachez ?

Personne ne répondit.

Un silence lourd s’installa dans le salon.

Puis mon père se leva.

— Tu rencontreras Elias demain.

Je relevai brusquement la tête.

— Demain ?

— Oui.

— Et si je refuse ?

Il me regarda droit dans les yeux.

— Tu découvriras alors pourquoi cet accord est beaucoup plus important que tu ne le penses.

Je restai immobile.

Mon père quitta la pièce.

Ma mère fit mine de le suivre, mais avant de partir, elle se retourna vers moi.

Son regard était étrange.

Presque triste.

— Maman ?

Elle hésita.

— Fais attention, Liora.

Puis elle partit à son tour.

Je restai seule dans le salon.

Je sortis mon téléphone, encore incapable de croire ce qui venait de se passer.

Je tapai le nom que mon père venait de prononcer.

**Elias Sterling.**

Avant même que je puisse lancer la recherche, une notification apparut.

Un nouveau message.

Numéro inconnu.

**« Je suppose que tes parents viennent de t’annoncer notre mariage. »**

Mon sang se glaça.

Je relus le message.

Une fois.

Deux fois.

Puis un deuxième message apparut.

**« Ne t’inquiète pas, Liora. Demain, je t’expliquerai pourquoi j’ai accepté. »**

Je cessai de respirer pendant quelques secondes.

Parce qu’une seule question tournait dans ma tête :

**Comment Elias Sterling avait-il obtenu mon numéro… alors que je ne l’avais jamais rencontré ?**

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