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CHAPITRE 12 : LA BIBLIOTHÈQUE 2

Auteur: Déesse
last update Date de publication: 2026-09-24 02:48:21

Mes pieds avancent encore. Un pas. Deux. Le tapis est épais sous mes orteils. Mon cœur cogne contre mes côtes, pas de peur, pas de honte, quelque chose d'autre, quelque chose qui n'a pas de nom et qui chauffe mon ventre, qui raidit mes cuisses.

Il me regarde venir. Ses yeux descendent de mon visage à ma gorge, à la naissance de mes seins visibles sous la soie, à mes hanches, à mes genoux. Il ne dit rien. Sa mâchoire se contracte. Un muscle joue dans sa joue. Ses doigts se ferment, s'ouvrent.

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    Je défais la boucle. Le cuir claque, un bruit sec qui résonne contre les murs carrelés, et ce bruit me fait mouiller. Je défais le bouton. Je baisse la fermeture éclair. Dent par dent. Lente. Précaise. Je glisse ma main dans l'ouverture. Je le trouve. Chaud. Dur. Déjà trempé au bout. Je le sors. Je le regarde. Il est beau. Épais. Droit. Une veine qui court sur le côté. Le gland luisant, gonflé, violet. Je passe mon pouce dessus, et Thomas ferme les yeux, et sa tête part en arrière, et il émet un souffle, un souffle court, un souffle de bête.— Regarde-moi, dis-je.Il ouvre les yeux. Il me regarde. Il me regarde comme un homme qui se noie regarde la rive. Et moi, je m'agenouille. Lentement. Le carrelage est dur sous mes genoux. La vapeur tourne autour de nous. L'eau coule toujours. Je ne la coupe pas. Je veux ce bruit. Je veux cette vapeur. Je veux que tout soit flou, sauf lui.Je le prends dans ma main. Je le tiens à la base. Je le serre. Je sens

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    ÉléonoreLa porte de la salle de bain est entrouverte. Je le sais parce que je l'ai laissée comme ça. Pas par hasard. Parce que je savais qu'il monterait. Parce que je savais qu'il chercherait. Parce que je savais que sa femme, ma petite sœur, ma Clarisse, ma chair, mon sang, est en bas, dans la cuisine, en train de couper des légumes avec la précision d'une horloge suisse, et qu'elle ne montera pas avant au moins vingt minutes.Alors j'ai laissé la porte entrouverte. Et j'ai laissé le peignoir glisser. Et j'ai laissé l'eau couler, chaude, trop chaude, cette buée qui monte et qui colle à la peau et qui fait que tout devient flou, tout devient possible.Il frappe. Deux coups secs. Contre le chambranle.— Éléonore ? Tu en as pour longtemps ?Sa voix. Cette voix. Grave, posée, cette voix d'homme qui n'a jamais besoin de crier pour être entendu. La voix de quelqu'un qui sait qu'on l'écoutera de toute façon. Je ne réponds pas tout de

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