เข้าสู่ระบบChapitre 53
_ Emma
Le baiser naît d'un silence.
Nous sommes debout au milieu du petit salon, face à face, les yeux dans les yeux, et aucun de nous ne parle, aucun de nous ne bouge, aucun de nous ne sait quoi faire de cette vérité qu'il vient de déposer à mes pieds comme une offrande brûlante. Je t'aime. Je ne t'ai jamais cessé de t'aimer. Les mots résonnent encore dans m
Chapitre 56_ VictorJe me réveille seul.Le drap est froid à côté de moi, ce froid particulier des draps qu'on a quittés depuis plusieurs minutes déjà, ce froid qui dit l'absence plus sûrement que n'importe quel mot, plus cruellement que n'importe quel adieu. Ma main tâtonne dans le vide, cherche la chaleur de son corps, ne trouve que le tissu froissé et l'oreiller qui porte encore l'empreinte de sa tête, le souvenir de ses cheveux défaits, le parfum de jasmin qui flotte dans l'air comme un fantôme. Elle est partie. Elle s'est levée avant l'aube, elle s'est glissée hors du lit sans faire de bruit, elle a fui la chambre et cette nuit et tout ce que nous avons partagé, comme si tout cela n'était qu'un rêve qu'elle refusait de prolonger.Et pourtant, je souris.Je
Chapitre 55_ EmmaJe fuis la chambre avant son réveil.L'aube est encore pâle, une lumière laiteuse qui filtre à travers les rideaux et qui caresse les meubles sans les réchauffer. Victor dort profondément, son visage enfoui dans l'oreiller, ses cheveux noirs en désordre, sa respiration lente et régulière, un bras étendu vers l'endroit où je me trouvais quelques minutes plus tôt, comme s'il cherchait encore ma chaleur, comme si son corps refusait d'admettre que je ne suis plus là. Il est beau dans le sommeil, tellement beau, tellement vulnérable, tellement éloigné de l'homme froid et arrogant que j'ai défié au vernissage, que j'ai fui dans l'aéroport, que j'ai affronté dans son bureau. Il ressemble à l'homme que j'aimais autrefois, à l'homme qui me murmurait des promesse
Chapitre 54_ EmmaLa nuit entière. Ils s'aiment avec rage, avec douleur.Le baiser dans le petit salon n'était qu'un début, une étincelle qui a mis le feu à une forêt tout entière, à six années de désert aride où rien n'avait poussé, où rien n'avait vécu, où rien n'avait brûlé. Nous ne parlons pas, nous n'avons plus besoin de mots, les mots ont trop servi à mentir, à trahir, à détruire, les mots sont épuisés, les mots sont vides, les mots ne peuvent plus rien pour nous. Ce sont les corps qui parlent maintenant, les corps qui se souviennent, les corps qui n'ont jamais oublié ce que les esprits s'efforçaient de nier. Les corps parlent plus fort que les mots, plus vrai que les promesses, plus profond que les excuses. Et ce qu'ils se disent cette nuit-l&
Chapitre 53_ EmmaLe baiser naît d'un silence.Nous sommes debout au milieu du petit salon, face à face, les yeux dans les yeux, et aucun de nous ne parle, aucun de nous ne bouge, aucun de nous ne sait quoi faire de cette vérité qu'il vient de déposer à mes pieds comme une offrande brûlante. Je t'aime. Je ne t'ai jamais cessé de t'aimer. Les mots résonnent encore dans ma tête, tournent en boucle, heurtent les parois de ma raison comme des papillons affolés contre une lampe. Il m'aime. Il ne m'a jamais cessé de m'aimer. Pendant six ans, pendant qu'il me croyait coupable, pendant qu'il me haïssait, pendant qu'il noyait sa rage dans le travail et le pouvoir, il m'aimait encore. Et moi, pendant six ans, pendant que je le croyais monstrueux, pendant que je le haïssais de toutes mes forces, pendant que je reconstruisais ma vie seule, lo
Chapitre 52_ VictorLes mots sortent de ma bouche avant que j'aie pu les retenir.Nous sommes encore agenouillés sur le tapis du petit salon, ses doigts toujours accrochés à ma chemise, son corps encore tremblant contre le mien, ses larmes encore humides sur le tissu de mon col. La radio s'est tue depuis longtemps, la pluie a cessé de tomber dehors, et le silence qui nous enveloppe est si profond, si absolu, qu'on dirait que le monde entier retient son souffle. Elle s'est apaisée peu à peu, ses sanglots se sont espacés, sa respiration est devenue plus régulière, mais elle n'a pas bougé, elle n'a pas essayé de se dégager de mes bras, et ce simple fait, ce minuscule abandon, est un trésor que je n'ose pas respirer de peur de le voir s'envoler.Je pose mes lèvres sur ses cheveux, un geste instinctif, irr&e
Chapitre 51_ VictorJe n'aurais pas dû revenir.Je le sais à l'instant où je franchis le seuil du petit salon, où je la vois assise sur le tapis au milieu des jouets éparpillés, le visage enfoui dans ses mains, les épaules secouées de sanglots qu'elle essaie désespérément d'étouffer. La radio joue encore, une valse lente qui ne ressemble en rien à notre chanson, une musique indifférente qui continue de tourner comme si le monde ne s'était pas arrêté, comme si une femme n'était pas en train de se briser en mille morceaux sur un tapis persan à quelques mètres de moi.Je n'aurais pas dû revenir, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. J'étais déjà dans le couloir, j'avais déjà fait demi-tour, mes pas m'avaient ramené v







