LOGINMatteo
La salle de bain du motel est plus grande que la précédente.
Pas beaucoup plus grande. Mais assez pour qu'on puisse tenir à deux sans se cogner dans les murs. Le carrelage est jaune pâle, décoré de motifs floraux qui ont dû être à la mode il y
Elle s'allonge sur moi.Son poids est léger, mais présent. Ses seins contre ma poitrine. Son ventre contre le mien. Ses jambes qui s'entrelacent avec les miennes. Sa peau est chaude maintenant, brûlante presque, comme si la fièvre qui m'a quitté était passée en elle.Elle m'embrasse.Ce baiser est différent de celui du bateau. Il n'est pas désespéré. Il est lent, profond, explorateur. Sa langue entre dans ma bouche comme on entre dans une maison abandonnée — avec curiosité, avec respect, avec le désir d'y rester.Mes mains remontent le long de son dos. Je sens chaque vertèbre s
Il a sauté dans l'eau peu profonde, a tiré le bateau sur la plage de galets. Nous sommes descendus à notre tour. L'eau était froide, plus froide que ce que laissait supposer sa couleur turquoise. Nos pieds se sont enfoncés dans le sable.Kovac a poussé le bateau. Il est remonté à bord. Le moteur a toussé, craché, puis a démarré.— Trois jours, a-t-il répété. Pas un de plus. Pas un de moins. Soyez là.Puis il est parti.Le bateau s'est éloigné, est devenu un point noir sur l'eau brillante, puis a disparu derrière la pointe de la falaise.
Elle se dégage une seconde.Juste une seconde.Le temps de reprendre son souffle. Le temps de planter ses yeux dans les miens.— Je ne veux pas mourir sans t'avoir aimé, dit-elle.Sa voix est brisée par le vent, par la peur, par le désir.— Tu ne vas pas mourir.— Promets-le.— Je te le promets.— Promets-le sur ce que tu as de plus sacré.
Une autre vague.Le bateau grince de toute sa carcasse. Un bruit de métal torturé, de bois qui plie, de rivets qui menacent de céder.Le vent se lève.Je le sens sur mon visage. Il est froid, salé, coupant. Il apporte avec lui une odeur de tempête, d'embruns, de danger. La mer change. Les vagues sont plus hautes, plus rapprochées. Le bateau ne tangue plus , il tape, il cogne, il s'écrase dans les creux comme un animal blessé.Kovac se tourne vers nous.— Tenez-vous ! crie-t-il.Sa voix est à peine
Le silence.Le climatiseur ronfle. Une sirène de police au loin. Le souffle de Sofia, qui a changé — plus rapide, plus court. Elle ne dort pas. Elle écoute.— J'ai mis des années à comprendre, dit Kovac. Des années à remonter la piste. À interroger des témoins. À trouver d'autres victimes. Romano a fait la même chose dans une dizaine de villages. Il distribuait des médicaments périmés, se faisait passer pour un sauveur, et repartait avec la réputation d'un homme bon. Les morts, il s'en foutait. C'était de la publicité. Rien de plus.— Tu as essayé de le tuer ?
MatteoLa nuit est tombée sur Marseille.Nous sommes dans une chambre d'hôtel, une de plus, une de trop. Les murs sont minces, le papier peint se décolle par plaques, la fenêtre donne sur une cour intérieure où ronfle un climatiseur poussif. Mais c'est ce que Kovac a pu nous trouver. Un endroit où personne ne viendra nous chercher avant l'aube.Il est assis sur une chaise, près de la porte.Il a gardé son manteau. Il ne s'est pas installé, pas vraiment. Il est là en transit, comme nous. Un fantôme parmi les fantômes. Ses mains énormes sont posées sur ses cuisses, immobiles, comme deux b
AlessandroLa nuit tombe, froide et claire. La lune, presque pleine, est un œil pâle dans le ciel de suie. Le cimetière Saint-Michel est un champ de pierres blanches et d’ombres noires, silencieux comme seul un lieu des morts peut l’être.Je passe les grilles, mes pas résonnant sur le gravier. L’ai
AlessandroL’épuisement me terrasse soudain. Ce n’est pas fini. Ça ne fait que commencer. Une guerre dans l’ombre. Contre un fantôme de mon propre sang.— Il faut se renforcer, dis-je, posant mon verre vide avec un bruit sec. Pas en hommes. En informations. Lorenzo, tu vas contacter toutes nos viei
AlessandroL’adrénaline est un poison lent. Elle maintient le corps en alerte, les sens aiguisés, mais quand elle se retire, elle laisse derrière elle un désert de fatigue et de questions sans réponses. Le retour au repaire est un voyage dans le brouillard. Riccardo soutient Gia, qui tremble de tou
AlessandroLorenzo et ses hommes doivent attaquer par les lanterneaux nord, dans trente secondes. Je compte dans ma tête, chaque pulsation de mon sang un gong sourd.Vingt.Moretti se lève, s’approche de Riccardo. Il lui souffle la fumée au visage.— Tu vois, ton patron n’est qu’un lâche. Un sentim







