MasukVendue par des trafiquants, elle échoue entre les mains d’un gang où elle devient le secret le plus sombre de son chef : sa possession interdite, son péché silencieux. Froid, calculateur, il la manipule comme une pièce maîtresse dans sa guerre de territoire, pourtant, à chaque instant crucial, il se jette dans la gueule du danger pour elle. Tiraillée entre la peur et une attirance dévastatrice, elle tombe amoureuse de cet homme aux deux visages. Mais leur passion brûle en enfer lorsqu’un affrontement éclate : elle se jette devant lui, arrêtant une balle mortelle. Inconsciente, baignant dans le sang, il la croit perdue à jamais. Sa véritable famille, ennemie jurée de son amant, la sauve in extremis… et efface méthodiquement sa mémoire. Elle renaît alors sous une nouvelle identité, sans souvenirs de leur tragédie amoureuse. Pendant trois ans, il sombre dans une folie vengeresse, traquant son fantôme aux quatre coins du pays. Jusqu’à ce qu’il la retrouve, de l’autre côté du miroir : héritière insouciante du gang rival, protégée par ceux-là mêmes qui voulaient le détruire. Brisé, obsédé, il comprend que leur amour est son seul repère. Et cette fois, tardif mais absolu, il ne la lâchera plus… même s’il doit brûler les deux clans pour la récupérer.
Lihat lebih banyakAlthéaLa lucarne est au-dessus du lit.Je l'ai voulue ainsi. Aris l'a construite lui-même, un hiver, avec du bois de chêne et du verre épais. Il a dit que c'était absurde, une lucarne dans une chambre à coucher. Il a dit que la pluie ferait du bruit, que le froid s'infiltrerait, que la lumière nous réveillerait à l'aube. Mais il l'a construite quand même. Parce que je la voulais. Parce que je la lui avais demandée.Elle est ouverte sur la mer.Le soir, quand nous sommes couchés, je vois les étoiles. L'été, je vois la Voie lactée, immense, blanche, infinie. L'hiver, je vois les constellations, Orion, la Grande Ourse, Cassiopée. La nuit, parfois, je vois la lune, pleine, ronde, posée sur l'horizon comme une lanterne.Aris est allongé à côté de moi, les mains croisées derrière la tête. Il regarde le ciel, lui aussi. C'est devenu notre rituel. Avant de dormir, nous regardons. Nous cherchons les étoiles filantes. Nous faisons des vœux. Nous parlons du passé, du présent, de l'avenir.— Tu
ArisLe sel. Le vent. La lumière.Je me réveille avant l'aube, comme chaque matin. La chambre est encore sombre, mais je sais que le jour n'est pas loin. J'entends la mer, dehors, régulière, calme. Je reste un instant immobile, les yeux ouverts, à écouter. Puis je me tourne vers elle.Althéa dort encore, ses cheveux étalés sur l'oreiller, une main posée sur le drap. Son visage est détendu, paisible. Les cauchemars se sont espacés. Ils n'ont pas disparu tout à fait, mais ils ne la réveillent plus en sursaut. Elle respire lentement. Elle est belle.Je me lève. Je traverse la pièce sans bruit. La maison est petite, simple, construite en bois et en pierre, adossée à une colline, face à la mer. Il y a une cuisine, une salle, deux chambres, une salle d'eau. Et des lucarnes. Partout des lucarnes.Je descends l'escalier. La cuisine sent le café de la veille et le pain frais. Je prépare le feu, doucement, pour ne pas réveiller la maison. Puis je sors sur la terrasse. Le vent me frappe, vif, sa
AlthéaNous quittons le pays un matin de brouillard.La voiture est chargée. Nos affaires tiennent en deux sacs. Le reste est déjà parti, par des chemins que je ne connais pas. Aris a organisé notre sortie avec la précision d'un homme qui a passé sa vie à fuir. Faux papiers, vraies frontières, itinéraires secondaires. Nous ne regardons pas en arrière.La route est longue, silencieuse. Les champs défilent, gris et verts, noyés dans la brume. De temps en temps, un village. Une église. Un pont. Des vaches immobiles dans les prés. Le monde est calme, étrangement calme, comme s'il ne savait rien de ce que nous avons traversé.Je pose la main sur mon ventre. Trois mois. Le bébé grandit. Je ne le sens pas encore bouger, mais je sais qu'il est là. Je le sais comme on sait que le soleil est derrière les nuages. Cette chaleur, cette présence, cette promesse.— À quoi tu penses ? dit Aris.— À tout ce qu'on laisse.— Tu regrettes.— Non. Je ne regrette pas. Je pense, c'est tout.— À quoi exactem
AlthéaNous roulons toute la nuit.Je dors par intermittence, la tête contre la vitre, bercée par le bruit du moteur. Aris conduit sans parler, les yeux fixés sur la route. Nous traversons des villages endormis, des forêts noires, des ponts au-dessus de rivières invisibles. Le paysage défile, flou, lointain. Je me sens légère, comme si chaque kilomètre effaçait un peu du passé.Au matin, nous nous arrêtons dans une ville moyenne, près de la frontière. Aris connaît une pension, discrète, tenue par une femme âgée. Nous prenons une chambre. Il y a un lit à deux places, une armoire en bois, une fenêtre qui donne sur une cour intérieure. Nous dormons.Je me réveille en sursaut, le cœur battant.Le poison.Je me redresse, la main sur la poitrine. Je respire trop vite. La panique monte, froide, irrationnelle. Le poison. Le poison. Je l'avais oublié. L'antidote a fait effet, mais le poison était dans mon sang, dans mes veines, dans mon corps. Et si l'antidote n'avait pas tout neutralisé ? Et
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