LOGINDorianJ'écoute le vieux sage déclamer la prophétie, et je sens un frisson parcourir mon échine, un frisson de terreur et d'exaltation mêlées, un frisson qui me traverse de part en part comme une décharge électrique. Les mots anciens résonnent en moi comme un écho lointain, comme une mélodie oubliée qui remonte des profondeurs de ma mémoire, comme une vérité que j'ai toujours connue sans jamais la comprendre, sans jamais l'accepter.La Lycan Suprême. Les Trois Flambeaux. Feu, Guérison, Ombre. La guerre contre la Nuit Éternelle. Tout est écrit, tout est prévu, tout est destiné depuis la nuit des temps. Et moi, Dorian Vale, ancien Alpha déchu, je me tiens là, écoutant ces mots, et je sens que ma vie entière a été un cheminement vers ce moment, vers cette révélation.Et pourtant, quelque chose m'échappe. Quelque chose dans cette prophétie me trouble, me perturbe, m'obsède. Comme s'il y avait un détail que je ne parviens pas à saisir, une évidence qu
AryaL'ancien sage arrive au camp au coucher du soleil, alors que les derniers rayons dorés teintent le ciel de nuances orangées et pourpres, transformant les nuages en brasiers célestes. Il est accompagné de deux jeunes loups qui le soutiennent de part et d'autre, car son corps frêle et voûté semble prêt à se briser au moindre coup de vent, au moindre faux pas, au moindre souffle d'air. Sa barbe blanche lui descend jusqu'à la poitrine, ses yeux pâles sont voilés par des cataractes qui lui donnent un regard lointain, presque irréel, et sa peau ridée ressemble à de l'écorce de chêne centenaire, marquée par des décennies de soleil, de vent et de méditation.Mais malgré son apparence fragile, malgré ses mains tremblantes et sa démarche hésitante, il émane de lui une sagesse profonde, une autorité naturelle qui impose le respect à tous ceux qui croisent son chemin. Les soldats s'écartent sur son passage, baissant la tête en signe de déférence, les Alphas inte
Arya Soren m'attend près de la source, à l'écart du camp, loin des oreilles indiscrètes et des regards curieux, dans un endroit isolé où nous pouvons parler sans crainte d'être entendus. La nuit est tombée depuis longtemps, et la Lune brille au-dessus de nos têtes, pleine et éclatante, baignant le paysage d'une clarté argentée qui donne à chaque feuille, à chaque pierre, à chaque goutte d'eau des allures de joyau. Je m'approche de lui, le cœur lourd, pressentant que cette conversation ne sera pas agréable, que les mots qu'il va prononcer seront difficiles à entendre. Soren a toujours été franc avec moi, même quand la vérité était dure à accepter, même quand ses paroles me blessaient. C'est l'une des choses que j'apprécie le plus chez lui : cette honnêteté sans faille, cette loyauté indéfectible, cette volonté de me protéger même contre moi-même. — Tu voulais me parler, dis-je en m'asseyant près de lui sur la pierre moussue
DorianJe ne m'attendais pas à ce qu'elle me pardonne. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me rouvre son cœur, à ce qu'elle me tende la main, à ce qu'elle me regarde avec autre chose que de la haine ou du mépris. Je savais que le chemin serait long, semé d'embûches, peut-être interminable. Je savais que mes crimes étaient trop grands, mes fautes trop lourdes, mes erreurs trop nombreuses pour être effacées d'un simple geste.Mais je ne m'attendais pas non plus à ce qu'elle cesse de me repousser, à ce qu'elle accepte de travailler avec moi, à ce qu'elle me parle sans hostilité, sans froideur, sans cette distance infranchissable qu'elle avait érigée entre nous comme un mur de glace.Et pourtant, c'est ce qui arrive. Lentement, progressivement, imperceptiblement, quelque chose change.Les jours qui suivent ma confession sont différents, empreints d'une atmosphère nouvelle, d'une tension moins palpable, d'une ouverture que je n'osais espérer.
Arya La confession de Dorian résonne encore dans ma tête, comme un écho qui ne cesse de se répercuter contre les parois de mon crâne, comme une mélodie entêtante qui refuse de s'éteindre, comme une vérité trop lourde à porter qui pèse sur ma poitrine et m'empêche de respirer librement. Ses paroles, ses larmes, sa voix brisée par l'émotion, tout cela tourne en boucle dans mon esprit, se mêlant à mes souvenirs les plus sombres, à mes douleurs les plus profondes, à mes colères les plus anciennes, formant un tourbillon d'émotions contradictoires qui menace de me submerger à chaque instant. Le rejet n'était pas son choix. Son père l'avait menacé. Kalkin avait promis de massacrer toute la meute si Dorian acceptait une Omega comme Luna. Et Dorian, piégé, terrorisé, n'ayant que vingt-deux ans et aucune échappatoire, avait choisi de me sacrifier pour sauver des innocents, pour éviter un bain de sang, pour me protéger malgré tout, malgré l'horreur
AryaIl est étendu sur une couche de fourrures, dans ma tente, le visage pâle comme la mort, le corps couvert de sueur, mais vivant. Vivant, grâce à Lya, grâce à son don de guérison, grâce à la Lune qui a veillé sur lui malgré tout ce qu'il a fait, malgré toutes les souffrances qu'il m'a infligées.Je suis assise près de lui, les yeux fixés sur son visage endormi, sur les rides de fatigue qui creusent son front, sur les cicatrices qui marquent sa peau, sur les cernes sombres qui soulignent ses yeux. Il a pris une flèche qui m'était destinée. Il s'est jeté devant moi, sans hésiter, sans réfléchir, pour me protéger. Pour me sauver la vie, au risque de perdre la sienne.Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait cela, après tout ce qu'il m'a fait, après tout ce qui s'est passé entre nous ? Pourquoi a-t-il risqué sa vie pour moi, alors qu'il m'a rejetée, humiliée, chassée, condamnée à mort ?— Parce qu'il t'aime, murmure ma louve, sa voix douce mais fe







