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Chapitre 3:La Bereau

مؤلف: Ife
last update تاريخ النشر: 2026-10-13 15:46:25

Elena s'avança vers lui. Ses pas résonnaient sur le sol en marbre du long couloir. Il lui semblait interminable. À mesure qu'elle avançait, une étrange sensation l'envahissait, comme si elle marchait droit vers sa propre perte.

L'homme ne prononça pas un mot. Il se contenta de se retourner, d'ouvrir une porte et de lui faire signe d'entrer. Elle le suivit.

Le bureau était glacial. Des murs de verre, des meubles en acier et un silence pesant. Tout, dans cette pièce, semblait conçu pour impressionner et intimider ceux qui y pénétraient. Et, à en juger par le malaise d'Elena, l'effet était réussi.

Derrière le bureau se tenait un autre homme.

Il ne se leva pas lorsqu'elle entra. Il ne la salua pas non plus. Il la regarda simplement comme on examine un contrat : en évaluant sa valeur, en calculant les risques et en décidant si l'investissement en valait la peine.

Elena prit le temps de l'observer.

Il était plus jeune qu'elle ne l'avait imaginé, peut-être dans la trentaine. Ses cheveux étaient sombres, ses traits anguleux et ses yeux avaient la couleur de l'ardoise. Il possédait une beauté tranchante, celle d'une lame parfaitement affûtée : séduisante, dangereuse et dépourvue de la moindre pitié.

Il portait un costume noir sans cravate. Aucun anneau à son doigt, aucune photographie sur son bureau, aucun objet personnel. Rien ne laissait deviner qu'un être humain travaillait réellement dans cette pièce.

— Mademoiselle Marchetti, dit-il.

Sa voix était identique à celle qu'elle avait entendue au téléphone. Froide, sèche et sans la moindre chaleur.

— Asseyez-vous.

Elle obéit.

Il l'observa longuement, et Elena soutint son regard. Elle refusait de détourner les yeux. Elle refusait de lui montrer qu'il l'intimidait, même si son cœur battait à tout rompre.

Le silence s'installa entre eux, lourd et inconfortable. Elle entendait le bourdonnement discret du système de ventilation, les bruits de la circulation au loin et, surtout, les battements de son propre cœur.

Elle ne dit rien.

Avec le temps, elle avait appris que le silence pouvait être une forme de pouvoir. Parfois, ne rien dire était le meilleur moyen de ne pas donner l'avantage à l'autre.

— Vous vous demandez pourquoi vous êtes ici, finit-il par dire.

Ce n'était pas une question.

— Oui.

Il s'adossa à son fauteuil sans jamais quitter ses yeux des siens.

— J'ai une proposition à vous faire.

Elena garda le silence. Elle attendit qu'il poursuive.

— J'ai étudié votre dossier, reprit-il. Major de votre promotion, résultats excellents, aucune famille, aucune relation influente. La seule responsabilité qui semble compter pour vous est l'orphelinat qui vous a élevée.

La mâchoire d'Elena se crispa.

— Vous avez fait vos recherches.

— Je fais des recherches sur tout, mademoiselle Marchetti. C'est ainsi que j'ai bâti mon empire.

Il marqua une pause, comme s'il voulait lui laisser le temps de comprendre le poids de ses paroles.

— J'ai besoin d'un héritier.

Les mots restèrent suspendus entre eux.

Elena cligna des yeux, persuadée d'avoir mal entendu.

— Pardon ?

— J'ai besoin d'un enfant, répéta-t-il avec le même calme que s'il discutait d'une fusion entre deux entreprises. Ma fiancée ne peut pas m'en donner. J'ai épuisé les autres possibilités et j'ai décidé d'envisager un arrangement différent.

Le cœur d'Elena se mit à battre encore plus vite. Pourtant, elle s'efforça de garder un visage impassible.

— Vous voulez m'engager, dit-elle lentement, pour que je porte votre enfant ?

— Exactement.

— C'est… Elle s'interrompit et prit une profonde inspiration. C'est complètement insensé.

— Peut-être.

Il ne cilla même pas.

— Mais c'est également une proposition généreuse. Une année de votre vie. Un enfant. En échange, je vous verserai une somme suffisante pour sauver Havenwood Home. Vous aurez de quoi assurer son avenir pendant des décennies et garantir à chaque enfant qui franchira ses portes une chance de réussir sa vie, comme vous avez essayé de le faire pour la vôtre.

La gorge d'Elena se noua.

Elle aurait voulu rire, lui dire qu'il était fou ou se lever pour quitter cette pièce. Pourtant, une seule question franchit ses lèvres.

— Combien ?

Il lui annonça le montant.

Le monde sembla basculer autour d'elle.

Elena agrippa les accoudoirs de son fauteuil. Sa tête se mit à tourner et une nausée lui remonta dans la gorge. Elle eut l'impression que le sol venait de s'ouvrir sous ses pieds, la laissant tomber dans le vide.

— C'est impossible, murmura-t-elle.

— C'est mon offre.

Elle le fixa, incapable de détourner les yeux de son visage froid et parfaitement maîtrisé. Derrière lui s'étendait son empire, et sous les immenses fenêtres, la ville entière semblait lui appartenir. Il dégageait une autorité écrasante, une puissance glaciale à laquelle Elena n'avait jamais été confrontée.

Elle aurait dû refuser. Se lever, partir et ne jamais revenir.

Elle aurait dû se protéger avant qu'il ne soit trop tard.

Mais elle ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à Havenwood. Au toit qui menaçait de s'effondrer, au vieux chauffage et aux enfants qui n'avaient nulle part où aller.

Elle pensa à Lily, cette petite fille aux yeux pleins d'espoir qui lui avait posé une question quelques semaines plus tôt.

« Tu vas faire réparer le toit, Elena ? »

Elle revit son petit visage, cette confiance absolue dans sa voix.

Puis elle pensa à Madame Calloway.

« Nous n'avons pas l'argent, Elena. Nous n'avons plus rien. »

Ces mots lui revinrent avec une brutalité douloureuse.

Elle pensa aux enfants, au toit et au montant qu'il venait de lui proposer.

Une somme qui pourrait tout changer.

Une somme qui pourrait sauver leur maison.

— Combien de temps ai-je pour réfléchir ? demanda-t-elle enfin.

L'homme esquissa un sourire qui n'atteignit jamais ses yeux.

— Prenez tout le temps qu'il vous faut, répondit-il. Mais j'attends votre réponse avant vendredi.

Elena se leva.

Ses jambes tremblaient légèrement, et elle espérait qu'il ne l'avait pas remarqué. Elle se dirigea vers la porte, incapable de savoir si elle venait de découvrir une chance inespérée ou de commettre la plus grande erreur de sa vie.

— Mademoiselle Marchetti.

Elle s'immobilisa, mais ne se retourna pas.

— Si vous refusez, Havenwood fermera ses portes dans moins d'un an, déclara-t-il. J'ai fait les calculs.

Elena ferma les yeux.

Ces mots lui firent plus mal qu'elle ne voulait l'admettre. Il ne se contentait pas de lui proposer de l'argent. Il connaissait sa faiblesse, savait exactement ce qu'elle avait à perdre et venait de le lui rappeler sans la moindre hésitation.

Elle aurait voulu lui demander comment il pouvait être aussi certain de l'avenir de l'orphelinat. Elle aurait voulu lui dire qu'il n'avait pas le droit de se servir de la détresse des enfants pour obtenir ce qu'il voulait.

Mais aucun mot ne sortit de sa bouche.

Elle ouvrit la porte et quitta le bureau.

Cette fois, elle ne regarda pas derrière elle.

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