LOGINCHAPITRE 152 — La cage doréePOV : ElenaJe n’ai pas crié.C’est la première chose qui m’a frappée quand la porte s’est refermée derrière moi.Je n’ai pas crié parce que, au fond de moi, j’avais compris une vérité simple et terrifiante : personne ne serait venu.Le lieu dans lequel on m’avait conduite n’avait rien d’un entrepôt sordide ni d’une cellule humide. C’était pire. Bien pire.Un immeuble moderne. Sécurisé. Silencieux. Trop propre.Des murs blancs, des caméras discrètes, des couloirs qui sentaient le désinfectant et le luxe froid.Une prison… déguisée en refuge.— “Vous êtes ici pour votre sécurité, Elena.”La voix de l’homme en costume gris résonnait encore dans ma tête. Polie. Administrative. Déshumanisée.Ils m’avaient retiré mon téléphone, mes clés, mon sac.Pas brutalement.Avec une courtoisie glaçante.Comme si je consentais.On m’avait conduite dans une suite au dernier étage. Une chambre spacieuse. Un lit parfaitement fait. Une baie vitrée donnant sur la ville.La libe
Chapitre 151 : Quand la vérité arrive trop tardPOV : ElenaJe sentais que quelque chose allait arriver.Pas une intuition vague.Pas une simple angoisse.Non.Cette certitude lourde, écrasante, qui s’installe dans la poitrine quand le monde s’apprête à vous tomber dessus.Depuis le matin, tout me semblait… trop silencieux.Les couloirs de l’entreprise n’étaient plus animés comme avant. Les regards se détournaient quand je passais. Les claviers se taisaient. Les conversations s’éteignaient net.Je n’étais plus invisible.J’étais devenue dangereuse.Ou du moins… c’est ainsi qu’ils me voyaient.Je serrai plus fort le dossier contre moi en avançant vers mon bureau. Mes mains tremblaient légèrement, mais je refusais de le montrer. J’avais appris, avec Daniel, avec Varenne, avec la vie, que montrer la peur revenait à offrir une arme.Je m’assis lentement.Mon écran s’alluma.Et là… je compris.Un message clignotait en haut de l’écran.Convocation immédiate – Salle du conseil.Mon cœur rat
CHAPITRE 150?— Ce que la liberté coûtePOV : ElenaJe n’ai pas su exactement quand ils l’ont relâché.Il n’y a pas eu d’appel.Pas de message.Pas d’avertissement.Juste un vide soudain dans l’air, comme si quelque chose s’était déplacé dans l’univers sans prévenir.Je me tenais près de la fenêtre de mon appartement, les bras serrés autour de moi, quand on a frappé à la porte.Un coup.Puis un autre.Mon cœur s’est arrêté.Je n’ai pas respiré.Je n’ai pas bougé.J’ai su.Je ne sais pas comment, mais je l’ai su.Quand j’ai ouvert la porte, il était là.Ben.Debout.Pâle.Amaigri.Les épaules raides, comme s’il se préparait à recevoir un coup à chaque seconde.Ses yeux étaient les mêmes…et pourtant totalement différents.Il n’y avait plus cette assurance calme.Plus cette chaleur silencieuse.À la place :❄️ une distance❄️ une vigilance❄️ une douleur contenue— « Ben… »Ma voix s’est brisée immédiatement.Il n’a pas bougé.Il n’a pas souri.Il ne m’a pas prise dans ses bras.Il m’a j
CHAPITRE 149 : Le prix du silencePOV : ElenaJe reçus le message à vingt-trois heures quarante-deux.Pas un numéro inconnu.Pas un email anonyme.Un simple message, envoyé depuis un téléphone sécurisé que je connaissais trop bien désormais.« Demain. 9h. Salle du conseil.Tu sais ce que tu dois dire.Après ça, Ben rentre chez lui. »Je restai assise sur le bord de mon lit, le téléphone posé contre ma paume comme une lame froide.Aucune menace explicite.Aucune explication.Parce qu’il n’en avait pas besoin.Varenne savait que j’avais compris.Le choixJe passai la nuit sans dormir.Chaque fois que je fermais les yeux, je voyais :•la portière ouverte de la voiture de Ben•son téléphone brisé•le sourire calme du chauffeur•et cette phrase, encore et encore :« Monsieur Varenne décidera s’il mérite d’être libéré. »Je me levai à l’aube, le corps lourd, l’esprit étrangement clair.Il n’y avait plus de place pour la peur.Seulement pour la stratégie.S’il voulait un aveu,il l’a
CHAPITRE 148 : Le faux alliéPOV : ElenaJe compris très vite une chose essentielle :si Varenne utilisait la peur comme une arme, alors la confiance était son appât.Et moi…j’étais censée mordre.Je restai immobile plusieurs minutes après le départ du chauffeur, seule dans ce parking trop vaste, trop silencieux. L’odeur du béton froid, le bourdonnement lointain des néons, la portière entrouverte de la voiture de Ben — tout semblait figé dans une photographie de cauchemar.Mais à l’intérieur, mon esprit courait déjà.Varenne pensait avoir gagné une avance décisive.Il croyait m’avoir isolée.Il se trompait.Je remontai lentement, mécaniquement, comme une femme brisée qui obéit. Caméras. Angles morts. Ascenseur secondaire. Je faisais attention à tout, même à ma respiration. Je savais qu’on m’observait — pas forcément en permanence, mais suffisamment pour que la moindre incohérence devienne suspecte.Arrivée à mon bureau, je m’assis sans allumer l’écran. J’attendis. Dix secondes. Vingt
Chapitre 147— La fissure dans le murPOV : ElenaJe n’ai pas dormi.Même lorsque mes paupières se fermaient, mon esprit restait en alerte, tendu comme un fil prêt à se rompre. Chaque bruit me faisait sursauter. Chaque ombre semblait bouger.Ben était quelque part.En vie — je le sentais.Mais prisonnier.Et chaque minute qui passait l’éloignait un peu plus de moi.Je fis ce que le chauffeur m’avait ordonné.Je retournai au bureau.Routine.Rapports.Silence.Je souris quand on me parlait.Je hochai la tête.Je signai des documents que je ne lisais même pas.J’étais l’image parfaite de l’obéissance.Mais à l’intérieur, quelque chose brûlait.Une colère froide.Une détermination qui ne demandait qu’une fissure pour s’engouffrer.Et la fissure… vint quand je m’y attendais le moins.⸻Il était presque dix-neuf heures lorsque je le remarquai.Pas tout de suite.Pas de manière évidente.Juste une sensation.Cette impression désagréable d’être observée… différemment.Pas comme les autres.Je







