로그인Yûsuf Les flacons tombent. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas pourquoi. Un mouvement maladroit, une proximité inévitable, un hasard qui n'en est peut-être pas un. Mais les flacons tombent. Ils se brisent sur la pierre. L'huile se répand. Le sol glisse. Je perds l'équilibre. Je tombe. Je me rattrape à lui. Il me rattrape. Nos corps se mêlent. Nos peaux glissent l'une contre l'autre. Luisantes. Brûlantes. Humides. Nous sommes couverts d'huile, de savon, d'eau. Nous sommes couverts de nous-mêmes. Nous sommes couverts de désir. Il me retient. Il me serre contre lui. Il me plaque contre son corps. Je sens sa peau contre la mienne, cette peau glissante, cette peau chaude, cette peau vivante. Je sens ses muscles contre les miens, ces muscles qui roulent, qui se tendent, qui se relâchent. Je sens son sexe contre ma cuisse, ce sexe dur, chaud, palpitant. Je sens tout. Trop. Beaucoup trop. Et pourtant, pas assez.
YûsufRegards francs.C'est ce qu'il exige. C'est ce qu'il veut. C'est ce qu'il m'ordonne sans le dire, sans le murmurer, sans le prononcer. Il veut que je le regarde. Il veut que je le voie. Il veut que je ne détourne pas les yeux.Je suis à genoux devant lui. Ma main est posée sur son sexe. Ma main caresse sa verge. Lentement. Profondément. Sans détourner les yeux. Sans baisser la tête. Sans fuir son regard.Je le regarde. Je le regarde droit dans les yeux. Je le regarde comme il veut être regardé. Je le regarde comme je n'ai jamais regardé personne. Je le regarde comme si ma vie en dépendait. Parce que c'est le cas. Ma vie en dépend. Ma vie ancienne. Ma vie nouvelle. Ma vie tout entière.Je sens le poids de sa verge dans ma main. Lourd. Épais. Chaud. Je sens la peau tendue, les veines saillantes, la tête luisante. Je sens le pouls qui bat sous mes doigts, régulier, puissant, vivant. Je sens cette vie qui palpite dans ma paume
Je me revois, promettant de garder ma bouche pure. Je me revois, faisant attention à chaque mot, à chaque bouchée, à chaque respiration. Je me revois, croyant que ma bouche était un temple, que ma langue était une offrande, que mes lèvres étaient sacrées. Ce jour-là, ma bouche était pure. Elle ne connaissait ni le mensonge, ni l'impureté, ni le péché. Aujourd'hui, elle ne l'est plus. Ma bouche est pleine de ses doigts. Ma langue est couverte de son goût. Mes lèvres sont souillées par son contact. Je suis en train de commettre un péché. Un péché que ma mère aurait pleuré. Un péché que mon dieu aurait puni. Un péché que je n'aurais jamais imaginé commettre. Et pourtant, je suce plus fort. Je suce plus fort parce que j'aime ça. Je suce plus fort parce que je veux ça. Je suce plus fort parce que je ne veux plus être pur. Je ne veux plus être propre. Je ne veux plus être sage. Je veux être souillé. Je v
Il est là. Contre moi. Sur moi. En moi. Il me plaque contre la pierre, et je me laisse faire. Il me maintient, et je me laisse prendre. Il me possède, et je me laisse posséder.Il se presse contre moi. Plus fort. Plus profondément. Il frotte son corps contre le mien. Il frotte son sexe contre ma cuisse. Il gémit. Un son bas, rauque, qui monte de sa gorge et qui résonne dans la salle. Ce son me traverse comme une décharge. Je sens mon propre corps répondre. Mon propre sexe durcir. Ma propre respiration s'accélérer.Je me cambre. Je m'offre. Je me donne. Je sens le marbre contre mes omoplates, ce marbre qui me glace, qui me brûle, qui me fait gémir. Je sens son sexe contre ma cuisse, ce sexe qui me chauffe, qui me brûle, qui me fait trembler. Je sens tout. Trop. Beaucoup trop. Et pourtant, pas assez.Il pose sa bouche sur mon cou. Il mord. Il lèche. Il suce. Il marque. Je sens ses dents contre ma peau, ses lèvres contre ma gorge, sa langue contre m
Les mots sortent de ma bouche, maladroits, tremblants, mais ils sortent. Ils sont là, suspendus dans la vapeur, entre nous. Des mots que je n'avais jamais prononcés devant personne. Des mots qui me terrifient et qui m'exaltent. Des mots qui me damment et qui me sauvent.Il me serre encore. Plus fort. Ses bras m'enveloppent, m'étouffent, m'emprisonnent. Et moi, je me laisse faire. Je me laisse prendre. Je me laisse posséder.Je suis possédé.Et je ne veux pas être exorcisé.Je reste là, contre lui, longtemps. Très longtemps. La vapeur tourne autour de nous, nous enveloppe, nous cache, nous protège. Je sens son cœur qui bat contre le mien. Je sens sa respiration qui se mêle à la mienne. Je sens cette chaleur qui nous unit, qui nous fond, qui nous confond. Et je sais, avec une certitude absolue, que je ne veux plus jamais sortir de cette vapeur. Je ne veux plus jamais retrouver le monde extérieur. Je ne veux plus jamais être seul.
YûsufOn ne voit plus rien.La vapeur est trop dense. Elle monte du bassin en volutes épaisses, lentes, paresseuses, comme si elle avait tout son temps, comme si elle savait qu'elle allait tout engloutir. Elle envahit la salle. Elle efface les murs. Elle efface les bougies. Elle efface le monde. Elle efface tout ce qui n'est pas nous.Il n'y a plus que cette brume chaude qui colle à la peau, qui entre dans les poumons, qui brouille les repères. Il n'y a plus que les mains. La peau. L'humidité. Il n'y a plus que nous. Il n'y a plus que lui et moi, deux silhouettes floues dans un brouillard de chaleur, deux corps qui se cherchent, deux souffles qui se mêlent.Je ne sais plus où est la porte. Je ne sais plus où est la sortie. Je ne sais plus où est le monde extérieur. Je ne sais plus où sont les murs, les bougies, les flacons, les bassins. Je ne sais plus rien. Je sais seulement que je suis là, debout dans cette vapeur, et que lui, il est l







