Beranda / Romance / SA CHALEUR 4 / Chapitre 86 — Les premiers troubles

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Chapitre 86 — Les premiers troubles

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-10-05 08:27:08

Je l'ai toujours redouté. Depuis l'enfance. Depuis cette nuit où nos parents sont morts. Depuis cette nuit où le ciel s'est fendu au-dessus de nos têtes. Depuis cette nuit où tout a chaviré, où tout a sombré, où tout s'est figé dans le marbre et le deuil. Depuis cette nuit où je suis devenue orpheline sans comprendre ce que le mot voulait dire. Depuis cette nuit où Levon est devenu mon père à vingt-trois ans, avec des mains trop jeunes pour porter un cercueil, avec des yeux trop jeunes pour v

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  • SA CHALEUR 4   Chapitre 99 — Les doutes d'Anoush 2

    Je veux tout de lui. Je veux ses mains, je veux sa voix, je veux sa chaleur, je veux sa force, je veux sa possession, je veux tout, je veux tout ce qu'il peut me donner, je veux tout ce qu'il peut me prendre, je veux tout et je ne peux pas l'avoir, je veux tout et je ne veux pas l'avoir, je veux tout et c'est tout, c'est tout ce que je sais, c'est tout ce que je peux savoir, c'est tout ce que je veux savoir. Je me lève. Je marche. Je vais vers la fenêtre, je regarde dehors, le jardin, les arbres, les fleurs, le ciel, le ciel gris, le ciel triste, le ciel qui me ressemble, le ciel qui ne sait pas, le ciel qui ne veut pas savoir, le ciel qui est là, juste là, comme moi. Je pose ma main sur la vitre. Le verre est froid, glacé, presque brûlant, je le sens sous ma paume, je le sens contre ma peau, je le sens et je ne bouge pas, je le sens et je ne veux pas bouger, je le sens et c'est

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    Je ne peux pas m'empêcher de le désirer. C'est ça le pire. C'est ça qui me tue. C'est ça qui me damne. Je le désire. Je désire mon ennemi, je désire mon geôlier, je désire l'homme qui a ordonné la mort de mes parents, je désire l'homme qui m'a pris tout, je désire l'homme qui m'a pris moi, je le désire et je ne peux pas m'arrêter, je le désire et je ne veux pas m'arrêter, je le désire et c'est tout, c'est tout ce que je sais, c'est tout ce que je peux savoir, c'est tout ce que je veux savoir. Je me mens. Je me mens à moi-même. Je me dis que je le déteste, je me dis que je le hais, je me dis que je ne veux plus le voir, je me dis que je ne veux plus le toucher, je me dis que je ne veux plus rien de lui, mais c'est faux, c'est faux et je le sais, c'est faux et je le sens, c'est faux et je le vis. Je veux le voir. Je veux

  • SA CHALEUR 4   Chapitre 97 — Les départs 2

    Et puis il me prend dans ses bras.Ses bras se referment sur moi comme un étau, forts, possessifs, inévitables, et il me serre contre son corps, contre sa chaleur, contre tout ce que je devrais haïr, contre tout ce que je hais, contre tout ce que je ne hais plus, et je ne résiste pas, je ne peux pas, je ne veux pas, je m'abandonne, je me laisse prendre, je me laisse voler, je me laisse posséder.— Tu n'es plus à lui.Sa voix est basse, grave, presque douce, presque tendre, presque cruelle, et elle résonne dans ma poitrine, dans mon ventre, dans mes os, elle résonne partout, elle résonne trop.— Tu es à moi.Je ferme les yeux.Je ferme tout, je ferme mes paupières, je ferme mes poings, je ferme mon cœur, je ferme tout ce que je peux fermer, mais ses mots sont là, ses mots sont en moi, ses mots me remplissent et me vident et me tuent et me sauvent, et je ne peux pas les arrêter, je ne peux pas les ignorer, je ne peux pas les oublier.Je pleure.Enfin.Les larmes coulent, chaudes, salées

  • SA CHALEUR 4   Chapitre 96— Les départs

    Aram La porte claque. Le bruit me traverse comme une balle, un craquement sec et violent qui résonne dans la chambre, dans ma poitrine, dans ma tête, et je reste là, debout, les bras ballants, le souffle coupé, à regarder l'endroit où il se tenait il y a encore une seconde, à regarder le vide qu'il a laissé derrière lui, ce vide qui sent la colère, la trahison, le sang, ce vide qui me regarde et qui m'accuse et qui me condamne. Vahan est parti. Il est parti et il a emporté quelque chose avec lui, quelque chose de moi, quelque chose que je ne retrouverai jamais, quelque chose qui ressemble à de l'innocence, à de la loyauté, à tout ce que j'étais avant, avant lui, avant cette maison, avant ce lit, avant ces lèvres, avant ce baiser, avant ma trahison. Je ne bouge pas. Je ne peux pas. Mes jambes tremblent sous moi comme des branches mortes prêtes à céder, mes mains tremblent comme si elles portaient le poids de tout ce que j'ai fait, tout en moi tremble comme une feuille accrochée

  • SA CHALEUR 4   Chapitre 95 — Les disputes

    AramVahan est fou.Je le vois. Je le vois dans ses yeux. Je le vois dans ses mains. Je le vois dans tout son corps qui tremble. Il est fou de rage. De haine. De douleur. De tout. Il regarde Levon. Il le fusille. Il le condamne. Il attend son heure. Il attend son heure.— Qu'est-ce que tu lui as fait ?Sa voix est rauque. Dangereuse. Impitoyable. Elle ne pose pas de question. Elle exige une réponse.Levon ne répond pas.Il reste là. Assis. Calme. Serein. Impassible. Il ne dit rien. Il ne bouge pas. Il ne cille pas. Il attend. Il attend que Vahan se calme. Il attend que Vahan comprenne. Il attend que Vahan parte. Il attend toujours. Il attend tout. Il attend trop.Vahan ne se calme pas.Vahan ne comprend pas.Vahan ne part pas.Il avance.D'un pas. De deux. De trois. Il avance vers Levon. Vers son maître. Vers son ennemi. Vers l'homme qui a marqué son frère. Vers l'homme qui a

  • SA CHALEUR 4   Chapitre 94 — Les visites 2

    AnoushLa porte s'ouvre.Brutalement.Sans prévenir. Sans frapper. Sans un mot. Elle s'ouvre et il est là. Levon. Mon frère. Mon sang. Mon seul lien avec le monde d'avant. Le monde d'avant lui. Le monde d'avant tout ça. Le monde d'avant cette prison. Le monde d'avant ce lit. Le monde d'avant ces lèvres. Le monde d'avant ce baiser. Le monde d'avant ma trahison.Il entre.Il me voit.Il me regarde.Ses yeux sont froids. Ses yeux sont durs. Ses yeux sont haineux. Il me haït. Il me déteste. Il veut me tuer. Mais il ne peut pas. Pas encore. Pas sans l'ordre de son maître. Alors il me regarde. Il me fusille. Il me condamne. Il attend son heure. Il attend mon heure.Mais il y a autre chose.Quelque chose de nouveau.Quelque chose que je n'avais jamais vu.Quelque chose qui ressemble à de l'inquiétude.À de la peur.À de la douleur.Il me regarde et son reg

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