เข้าสู่ระบบEt puis il me prend dans ses bras.Ses bras se referment sur moi comme un étau, forts, possessifs, inévitables, et il me serre contre son corps, contre sa chaleur, contre tout ce que je devrais haïr, contre tout ce que je hais, contre tout ce que je ne hais plus, et je ne résiste pas, je ne peux pas, je ne veux pas, je m'abandonne, je me laisse prendre, je me laisse voler, je me laisse posséder.— Tu n'es plus à lui.Sa voix est basse, grave, presque douce, presque tendre, presque cruelle, et elle résonne dans ma poitrine, dans mon ventre, dans mes os, elle résonne partout, elle résonne trop.— Tu es à moi.Je ferme les yeux.Je ferme tout, je ferme mes paupières, je ferme mes poings, je ferme mon cœur, je ferme tout ce que je peux fermer, mais ses mots sont là, ses mots sont en moi, ses mots me remplissent et me vident et me tuent et me sauvent, et je ne peux pas les arrêter, je ne peux pas les ignorer, je ne peux pas les oublier.Je pleure.Enfin.Les larmes coulent, chaudes, salées
Aram La porte claque. Le bruit me traverse comme une balle, un craquement sec et violent qui résonne dans la chambre, dans ma poitrine, dans ma tête, et je reste là, debout, les bras ballants, le souffle coupé, à regarder l'endroit où il se tenait il y a encore une seconde, à regarder le vide qu'il a laissé derrière lui, ce vide qui sent la colère, la trahison, le sang, ce vide qui me regarde et qui m'accuse et qui me condamne. Vahan est parti. Il est parti et il a emporté quelque chose avec lui, quelque chose de moi, quelque chose que je ne retrouverai jamais, quelque chose qui ressemble à de l'innocence, à de la loyauté, à tout ce que j'étais avant, avant lui, avant cette maison, avant ce lit, avant ces lèvres, avant ce baiser, avant ma trahison. Je ne bouge pas. Je ne peux pas. Mes jambes tremblent sous moi comme des branches mortes prêtes à céder, mes mains tremblent comme si elles portaient le poids de tout ce que j'ai fait, tout en moi tremble comme une feuille accrochée
AramVahan est fou.Je le vois. Je le vois dans ses yeux. Je le vois dans ses mains. Je le vois dans tout son corps qui tremble. Il est fou de rage. De haine. De douleur. De tout. Il regarde Levon. Il le fusille. Il le condamne. Il attend son heure. Il attend son heure.— Qu'est-ce que tu lui as fait ?Sa voix est rauque. Dangereuse. Impitoyable. Elle ne pose pas de question. Elle exige une réponse.Levon ne répond pas.Il reste là. Assis. Calme. Serein. Impassible. Il ne dit rien. Il ne bouge pas. Il ne cille pas. Il attend. Il attend que Vahan se calme. Il attend que Vahan comprenne. Il attend que Vahan parte. Il attend toujours. Il attend tout. Il attend trop.Vahan ne se calme pas.Vahan ne comprend pas.Vahan ne part pas.Il avance.D'un pas. De deux. De trois. Il avance vers Levon. Vers son maître. Vers son ennemi. Vers l'homme qui a marqué son frère. Vers l'homme qui a
AnoushLa porte s'ouvre.Brutalement.Sans prévenir. Sans frapper. Sans un mot. Elle s'ouvre et il est là. Levon. Mon frère. Mon sang. Mon seul lien avec le monde d'avant. Le monde d'avant lui. Le monde d'avant tout ça. Le monde d'avant cette prison. Le monde d'avant ce lit. Le monde d'avant ces lèvres. Le monde d'avant ce baiser. Le monde d'avant ma trahison.Il entre.Il me voit.Il me regarde.Ses yeux sont froids. Ses yeux sont durs. Ses yeux sont haineux. Il me haït. Il me déteste. Il veut me tuer. Mais il ne peut pas. Pas encore. Pas sans l'ordre de son maître. Alors il me regarde. Il me fusille. Il me condamne. Il attend son heure. Il attend mon heure.Mais il y a autre chose.Quelque chose de nouveau.Quelque chose que je n'avais jamais vu.Quelque chose qui ressemble à de l'inquiétude.À de la peur.À de la douleur.Il me regarde et son reg
Aram La porte s'ouvre. Brutalement. Sans prévenir. Sans frapper. Sans un mot. Elle s'ouvre et il est là. Vahan. Mon frère. Mon sang. Mon seul lien avec le monde d'avant. Le monde d'avant lui. Le monde d'avant tout ça. Le monde d'avant cette prison. Le monde d'avant ce lit. Le monde d'avant ces lèvres. Le monde d'avant ce baiser. Le monde d'avant ma trahison. Il entre. Il me voit. Il me regarde. Ses yeux sont froids. Ses yeux sont durs. Ses yeux sont haineux. Il me haït. Il me déteste. Il veut me tuer. Mais il ne peut pas. Pas encore. Pas sans l'ordre de son maître. Alors il me regarde. Il me fusille. Il me condamne. Il attend son heure. Il attend mon heure. Mais il y a autre chose. Quelque chose de nouveau. Quelque chose que je n'avais jamais vu. Quelque chose qui ressemble à de l'inquiétude.
AnoushTrois jours.Trois jours sans un mot.Trois jours sans le regarder. Trois jours sans lui parler. Trois jours sans le toucher. Trois jours à l'éviter. À l'ignorer. À faire comme s'il n'existait pas. Comme s'il n'était pas là. Comme s'il n'avait jamais été là. Comme si ses lèvres n'avaient jamais touché les miennes. Comme si sa main n'avait jamais serré ma nuque. Comme si son corps n'avait jamais écrasé le mien. Comme si tout ça n'avait été qu'un cauchemar. Un mauvais rêve. Une hallucination. Une erreur.Mais ce n'était pas une erreur.C'était réel.C'était vrai.C'était voulu.Je mange à table. En face de lui. À côté de lui. À sa droite. Toujours à sa droite. La place d'honneur. La place de la protégée. La place de l'otage privilégiée. Je mange et je ne le regarde pas. Je mange et je ne lui parle pas. Je mange et je fais comme s'il n'était pas là. Comme s'il n'existait pas. Comme s'il n'était qu'un fa







