INICIAR SESIÓNSa main se lève, et je vois ses ongles s'allonger, se transformer en griffes acérées qui brillent d'un éclat métallique. Mon cœur s'emballe, mais je ne recule pas. J'ai appris une chose depuis que je suis à Val-Sang : face aux prédateurs, il ne faut jamais montrer sa peur. — Vous n'oserez pas, dis-je en soutenant son regard. Pas ici. Pas ce soir. Draven vous a entendue. Toute la cour vous a entendue. Si vous me faites du mal, il vous tuera. — Il a dit qu'il tuerait quiconque lèverait la main sur vous. Il n'a pas parlé des griffes. Sa main s'abat vers mon visage, et je ferme les yeux en me préparant à la douleur. Mais elle ne vient pas. Quand je rouvre les yeux, Draven est là, entre Séréna et moi, sa main serrée autour du poignet de la Duchesse comme un étau de marbre. Ses yeux noirs brûlent d'une fureur rouge qui transforme son visage en masque démoniaque, et l'air autour de lui vibre d'une puissance qui fait trembler les pierres de
Et puis Draven s'arrête au centre de la piste, sous le plus grand des chandeliers flottants, et me bascule en arrière dans ses bras. Ma tête renverse en arrière, ma gorge exposée, mes seins pointant vers la voûte sombre. Et sous les yeux de toute la cour, il se penche et m'embrasse. Ce n'est pas un baiser de salon. Ce n'est pas un baiser chaste ou discret ou protocolaire. C'est un baiser profond, possessif, dévastateur, sa langue glacée qui force mes lèvres, qui caresse la mienne, qui me boit comme si j'étais la source de toute vie. Sa main sur ma taille me plaque contre lui, ses doigts s'enfoncent dans ma chair, et je gémis dans sa bouche sans pouvoir m'en empêcher. La valse continue autour de nous, les couples tourbillonnent, mais plus personne ne regarde la musique. Tous les yeux sont fixés sur nous, sur ce baiser qui dure et qui dit tout ce que les mots ne peuvent pas exprimer. Je suis à lui. Il est à moi. Et le monde entier peut bien s'effond
Le deuxième Duc est un homme massif, taillé comme un ours, les cheveux roux flamboyants et la barbe tressée. Il s'incline avec raideur, son regard bleu perçant fixé sur moi. — Kaldor, Duc des Abysses, seigneur des Forges de l'Est. Mon épée est à votre service, humaine, tant que vous restez fidèle au Prince. Je hoche la tête, sentant l'avertissement derrière la courtoisie. Le troisième Duc est un jeune homme d'apparence , mais ses yeux trahissent des siècles d'existence , aux cheveux noirs coupés court et au sourire ironique. — Varek, Duc des Abysses, maître des Mers du Sud. Ravissante. Absolument ravissante. Dommage que cela ne dure pas. Draven émet un grondement sourd, et Varek s'incline en riant, reculant dans la foule avec une insolence calculée. Le quatrième Duc est une femme d'une beauté glaciale, grande et mince, les cheveux d'un blond presque blanc, les yeux gris comme l'acier. Ell
Maëlys Le crépuscule tombe sur Val-Sang comme un manteau de velours pourpre, et avec lui s'éveille une agitation que je n'ai jamais vue dans les couloirs du château. Depuis l'aube, les serviteurs s'affairent dans un silence fébrile, portant des candélabres d'argent chargés de bougies noires, des guirlandes de roses séchées, des tentures de soie écarlate. Les escaliers de pierre résonnent de pas pressés, de murmures étouffés, d'ordres donnés à voix basse. Le grand hall, que j'ai toujours connu sombre et silencieux comme une cathédrale abandonnée, se transforme peu à peu en un palais de fête. Et moi, je suis pétrifiée dans la chambre, assise au bord du lit, les mains crispées sur mes genoux. Les servantes sont venues me chercher il y a une heure. Elles m'ont baignée dans une eau parfumée aux pétales de rose noire et aux essences de myrrhe, m'ont massée avec des huiles tièdes qui sentent le santal et la vanille, ont natté mes cheveux en une
Il s'assoit sur le bord du lit, à quelques centimètres de ma hanche, le matelas s'enfonçant sous son poids. Ses doigts se posent sur ma cheville, glacés, légers, et remontent lentement le long de mon mollet. Ils suivent la courbe de mon genou, la ligne de ma cuisse, avec une lenteur insoutenable. Le geste est paresseux, presque distrait, mais chaque millimètre de peau qu'il touche s'embrase, chaque cellule qu'il effleure s'éveille. — Alors je vais vous montrer ce que vous perdriez en me quittant. Sa main descend de ma cuisse, remonte sur mon ventre, contourne mon nombril en cercles concentriques qui s'élargissent et se resserrent. Elle s'arrête juste sous mes seins, ses doigts écartés sur mes côtes. Ils tracent des motifs complexes sur ma peau, des spirales et des entrelacs, sans jamais toucher les tétons qui pointent douloureusement vers lui, qui semblent le supplier en silence. — Regardez-moi, Maëlys. Regardez-moi dans les yeux.
Maëlys Je ne sais pas ce qui m'a pris. Peut-être un sursaut de fierté, un reste de cette Maëlys sauvage qui a survécu seule dans les bois, qui a défié les garçons et les anciens, qui a craché à la face des prêtres. Peut-être la peur de ce que je deviens entre ses mains, l'ombre de moi-même, une créature de désir qui ne pense plus qu'à ses caresses et à ses baisers, qui attend ses leçons avec impatience, qui s'endort en espérant sentir ses lèvres sur sa gorge. Peut-être simplement l'instinct de survie, celui qui hurle qu'un piège reste un piège, aussi doré soit-il, aussi confortable soit-il, aussi délicieux soit-il. Toujours est-il que ce soir-là, après ma leçon, au lieu de regagner ma chambre comme d'habitude, je me suis enfoncée dans les profondeurs de Val-Sang. Les souterrains sont un labyrinthe de galeries taillées dans la roche vive, des tunnels étroits et sinueux qui s'enfoncent dans les entrailles de la montagne comme les
ColeJe n'ai jamais rien entendu d'aussi atroce que le bruit de ses os qui se brisent sous les crocs de Rylan. Le craquement sinistre de ses côtes qui cèdent, le déchirement humide de sa chair qui se fend, le jaillissement de son sang qui éclabousse la neige. Et par-dessus tout
Et c'est là que je lève les yeux vers Maddox. Et que je vois dans ses yeux gris , ces yeux que j'ai appris à connaître, à respecter, à aimer , la même douleur que la mienne. Le même amour. Le même désespoir. Et dans c
Rylan recule, les babines dégoulinantes du sang d'Ava, un rictus de triomphe sur son museau couturé de cicatrices. Il croit avoir gagné. Il croit qu'en blessant mortellement la Source, il nous a privés de notre lien, de notre force, de notre raison de nou
Je me redresse lentement, malgré la fatigue qui pèse sur mes membres, malgré les courbatures exquises qui me rappellent ce que nous venons de faire. La sueur refroidit sur ma peau nue, et le froid de l'hiver recommence à mordre , le miracle de chaleur s'e







