LOGINLe Clan de la Lune Noire
Ils m'ont capturée. Ils m'ont brisée. Il m'a réclamée. Le Clan de la Lune Noire ne fait pas de prisonniers. Quand ils m'ont traînée devant leur chef, le redoutable Lachlan, je savais que ma vie s'arrêtait là. Mais il n'a pas pris ma vie. Il a pris mon corps. Mon âme. Ma haine. Il a fait de moi sa femelle alpha, sa possession, son jouet dans un monde de ténèbres et de violence. Chaque nuit, il me brûle. Chaque jour, je lui rIsla Je découvre la rivière gelée par hasard, lors d'une de mes rares promenades solitaires. Duncan m'accompagne, comme toujours, mais je lui demande de rester en retrait. J'ai besoin de solitude, de silence, de paix. Les jours sont difficiles, les nuits sont pires, et je sens mon esprit qui s'égare. Je marche le long de la rivière, et je découvre une petite crique, cachée entre les rochers, où l'eau est claire et peu profonde malgré le froid de l'hiver. Les arbres sont couverts de givre, et la brume s'élève de l'eau comme une respiration. Je me déshabille rapidement, frissonnant dans l'air glacé, et je m'immerge dans l'eau. Le froid me coupe le souffle, et je sens mon corps qui se raidit, mes muscles qui se contractent. Mais l'eau est vivifiante, purifiante, et je me laisse emporter par la sensation. Je nage quelques brasses, puis je me redresse, et je laisse l'air glacé caresser ma peau mouillée. Les gouttes d'eau perlen
IslaLa nuit est avancée, et le feu crépite doucement dans la cheminée de la chambre de Lachlan.Nous sommes allongés sur le lit, nos corps encore moites de sueur, nos respirations lentes et profondes. La lumière des flammes danse sur les murs de pierre, projetant des ombres mouvantes qui semblent raconter des histoires anciennes. Je suis blottie contre son torse, ma tête posée sur son épaule, et je sens son cœur qui bat sous ma joue, régulier, apaisant. Ses doigts caressent distraitement mes cheveux, et ce geste tendre, presque involontaire, me trouble plus que toutes ses caresses passionnées.Je ne devrais pas être ici. Je ne devrais pas me blottir contre lui, chercher sa chaleur, écouter son cœur. Je devrais le haïr, le combattre, le tuer. Mais mon corps, ma tête, mon âme, tout est confus. Je ne sais plus ce que je ressens. Je ne sais plus qui je suis. Je ne sais plus où commence la haine et où finit le désir.Quelques instants plus t
IslaLachlan est blessé plus grièvement qu'il ne veut l'admettre.Une lame ennemie lui a entaillé le flanc, et le sang coule abondamment. Il refuse de se faire soigner, préférant s'occuper de ses hommes, de son clan, de la défense du village. Mais je le vois qui pâlit, qui chancelle, qui serre les dents pour ne pas crier.— Tu vas mourir si tu ne te fais pas soigner, dis-je.— Je vais bien.— Tu mens.— Je suis le chef. Je dois m'occuper des miens.— Et qui s'occupera de toi si tu meurs ?Il me regarde, et je vois dans ses yeux une lueur de surprise. Puis il sourit, un sourire fatigué, et il se laisse conduire dans sa chambre. Je le fais allonger sur le lit, et je commence à nettoyer sa blessure. Mes mains tremblent, mais je fais de mon mieux. Je désinfecte la plaie, je la referme avec des points de suture, je la bande avec des linges propres.— Tu as des mains de guérisseuse, dit-il.— Ma mère m'a appris. Elle soignait les blessés de notre clan.— Elle serait fière de toi.Je ne répo
Isla L'attaque survient trois jours après le rituel. Ces trois jours ont été étranges, suspendus entre la paix et la guerre, entre l'amour et la haine. Lachlan est différent depuis le rituel. Plus doux. Plus attentif. Plus présent. Il me touche sans me prendre, me regarde sans me juger, me parle sans me commander. Et moi, je me surprends à répondre à ses caresses, à soutenir son regard, à écouter ses paroles. Quelque chose a changé entre nous. Quelque chose s'est brisé. Quelque chose s'est ouvert. Je suis dans la cour d'entraînement, en train de m'exercer avec Duncan, le jeune guerrier qui m'a protégée lors de mon arrivée. Il est devenu mon partenaire d'entraînement, et une forme de camaraderie s'est nouée entre nous. Il me parle de sa vie, de sa famille, de sa loyauté envers Lachlan. Et je commence à le considérer comme un ami. — Tu te bats bien, dit-il en parant mon coup. — J'ai eu de bons professeurs. — Ton père ? — Oui. Et mon frère. Ils m'ont appris à me battre comme une
Lachlan se penche, et il m'embrasse. Le baiser est doux, tendre, presque timide, et je sens mon corps qui répond, qui s'embrase, qui le désire. La meute applaudit, et les loups hurlent à la lune, et je sens la joie qui émane de la foule. Mais je n'entends rien. Je ne sens que ses lèvres sur les miennes, sa chaleur contre ma peau, son cœur qui bat à l'unisson du mien.Mais le rituel ne s'arrête pas là. La chamane nous conduit vers la forêt, et nous laissons la meute derrière nous. Nous marchons longtemps, en silence, jusqu'à une clairière isolée, cachée au cœur des bois. Les arbres sont si denses que la lumière de la lune filtre à peine, et des lucioles dansent dans l'obscurité. L'air est frais, chargé du parfum des pins et de la terre humide. Le sol est couvert de mousse épaisse, et des fleurs sauvages poussent entre les racines. C'est un endroit magique, intemporel, sacré.Là, la chamane nous quitte, nous laissant seuls.— Le rituel exige une consommation, dit-elle avant de partir. C
IslaLe Rituel de la Lune Noire a lieu trois jours plus tard, au cœur de la nuit, quand la lune est pleine et que les étoiles brillent comme des diamants dans le ciel noir.Ces trois jours ont été étranges, suspendus entre la peur et l'attente, entre la haine et une curiosité que je n'ose pas nommer. Lachlan m'a laissée seule, m'observant de loin, me préparant à ce qui allait venir. Et moi, j'ai passé ces heures à errer dans le château, à observer les préparatifs, à sentir le poids du destin qui s'abattait sur moi. Je ne suis plus tout à fait une captive, mais je ne suis pas encore libre. Je suis suspendue entre deux mondes, entre deux vies, entre deux hommes : celui que je hais et celui que je pourrais aimer.Je passe des heures à la fenêtre de ma chambre, à regarder la forêt qui s'étend à perte de vue. Les arbres sont immenses, sombres, et la brume s'accroche à leurs branches comme un linceul. Je pense à mon clan, à mon père, à mon frère. Je pense à la vie que j'ai perdue, à la libe







