LOGINKassian Léon
Le jour du mariage.C’est petit. C’est intime. C’est nous.
Une trentaine de personnes. Ses amis, sa mère, son père qui pleure déjà. Mes frères d’armes, mon ancien commandant, et personne d’autre. Ma famille, c’est eux. Ma famille, c’est elle.
Elle descend l’allée. Elle est en blanc, mais pas trop. Simple, élégante, lumineuse. Elle me regarde, et
ELSALa porte s'ouvre. C'est lui.Il entre, vêtu simplement d'un jean et d'un pull noir, une tasse à la main. Il s'approche du lit, s'assied au bord, me tend la tasse.— Du thé, dit-il. Tu dois boire, manger. Tu as beaucoup donné, cette nuit.Je prends la tasse. Mes mains tremblent un peu. Le thé est chaud, parfumé, réconfortant.— Où sommes-nous ? je demande.— Chez moi. L'appartement au-dessus de la rotonde. C'est là que je vis, entre les cérémonies.— Je peux... je peux rester ici ?— Si tu veux. Tu as ta chambre, en bas, mais tu peux aussi rester ici. Avec moi. Si tu le souhaites.Je le regarde. Dans la lumière du jour, il est différent. Moins impressionnant, moins terrifiant. Plus humain. Des cernes sous ses yeux, une barbe naissante, les cheveux en désordre. Beau, toujours. Ma
Il va et vient en moi, lentement d'abord, puis plus vite, plus fort. Chaque coup de rein m'enfonce dans la pierre, chaque mouvement fait gémir les marques du fouet sur ma peau, chaque seconde me rapproche de quelque chose que je ne connais pas, que je n'ai jamais connu.Les masqués regardent. Leurs bouches ouvertes, leurs souffles courts. Certains se touchent, je le vois du coin de l'œil, des mains qui glissent sous les robes, des doigts qui s'activent. D'autres restent immobiles, absorbés, comme en prière.Lui, il me regarde. Ses yeux ne quittent pas les miens. Il me possède vraiment, complètement, absolument. Je ne suis plus Elsa, la fille perdue, la vide, la seule. Je suis sa chose, son jouet, son offrande. Et c'est exactement ce que j'ai toujours voulu sans le savoir.— Je vais jouir, je murmure.— Pas encore, dit-il. Pas sans moi.Il ralentit, presque s'arrête. La frustration es
ELSAJe le regarde. Ses yeux clairs, si proches. Son visage grave, sans jeu, sans provocation. Il me donne vraiment le choix. Pour la dernière fois.Je pense à ma vie d'avant. À l'appartement vide, aux nuits solitaires, aux matins gris. Je pense à ces deux nuits passées ici – les mains sur moi, la lame dans ma cuisse, mon sang dans le bol. Je pense à cette chose nouvelle qui a grandi en moi, qui a rempli le vide, qui m'a fait me sentir vivante pour la première fois.Je pense à lui. À sa voix, à ses mains, à ses yeux. À ce qu'il va me faire. À ce que je vais devenir.— Je reste, je murmure.Il sourit. Un sourire lent, profond, qui éclaire tout son visage.— Alors commençons.Il se redresse. D'un geste, il fait signe aux masqués. Ils s'approchent, en cercle, leurs mains se tendent vers moi. Mais
Le choc. Être observée, étudiée, sans le savoir. Mais étrangement, ça ne me dérange pas. Ça me fait même quelque chose... de l'excitation ? De la fierté ? D'avoir été choisie, parmi d'autres.— Pourquoi moi ?— Parce que tu as ce qu'il faut. Cette faim. Cette capacité à te donner. Cette absence de limites, même si tu ne les connais pas encore. Parce que quand tu as peur, tu avances quand même. Parce que tu es venue, cette nuit-là, malgré ta peur.Je le regarde. Son visage est grave, intense.— C'est pour ça que tu es venu, ce soir ? Pour me dire ça ?— Je suis venu pour te prévenir. Pour que tu sois prête. Vraiment prête.— Prête à quoi ?Il soutient mon regard. Longtemps. Une éternité.— Prête à &eci
Adrien.Grand, beau, terrifiant. Ses yeux clairs qui voyaient à travers moi. Sa voix grave qui entrait en moi comme les mains de la veille. Ses mains, justement, longues, fines, précises, qui m'avaient touchée à peine mais m'avaient marquée pour toujours.Demain, il entrerait vraiment en moi.Je sentis mon sexe s'humecter à cette idée. La peur, le désir, le même mélange que les nuits précédentes. Mais plus fort, plus profond, plus absolu. Parce que demain, ce serait la fin du voyage. La conclusion. L'aboutissement.Je pensais au sang. À la lame dans ma cuisse. À la douleur qui avait été presque du plaisir, ou en tout cas qui avait ouvert une porte vers quelque chose de plus grand que le simple plaisir. À cette sensation d'être vivante, vraiment vivante, pour la première fois de ma vie.Est-ce que je devenais folle ?
Je pense à ma vie d'avant. Au vide. À l'ennui. À cette sensation de ne pas exister vraiment. À ces nuits à me toucher en rêvant de choses que je n'osais pas faire. À ce désir sourd, constant, jamais satisfait.Je pense à la nuit dernière. Aux mains, à la peur, au désir. À cette chose nouvelle qui s'est éveillée en moi. À cette sensation d'appartenir, pour la première fois.Je tends la main vers le couteau.ADRIENElle a pris le couteau.Ses doigts tremblent, mais elle le tient fermement. Elle le regarde, la lame qui brille à la lueur des bougies, puis elle me regarde.— Où ? demande-t-elle.— Où tu veux. Le bras, la cuisse, le ventre. L'endroit que tu choisis. Celui qui te parle. Celui où tu sens que tu peux offrir.Elle réfléchit. Je vois dans ses yeux
ElaraUn sourire satisfait ourle ses lèvres. Puis, sans avertissement, la ceinture s’abat sur ma cuisse avec un clap sec. La douleur est vive, instantanée, mais avant que je puisse réagir, sa main est déjà là, caressant l’endroit rouge, apaisant la brûlure avec des doigts experts.— Bonne fille, mu
ElaraLa sueur sèche sur ma peau, laissant une fine pellicule salée qui colle aux draps. Le poids de Kael à côté de moi est une présence aussi solide et indéniable qu’un rocher en pleine mer. Son bras est jeté sur mes hanches, possessif même dans le repos. Je ferme les yeux, essayant de calmer les
Elara Les mots que je viens de prononcer « j’accepte d’être ta soumise » sont suspendus dans l'air, lourds de conséquences irrévocables. L'écho de la phrase "Ainsi soit-il" de Kael résonne encore dans mes os. Le pacte est scellé. Il n'y a plus de porte de sortie, seulement un long couloir sombre d
ElaraLa lumière dorée de l’après-midi filtre à travers les rideaux épais, dessinant des bandes chaudes sur le parquet sombre. Je suis déjà à genoux sur le lit, les mains posées sur mes cuisses, la peau sensible sous le contact du tissu frais des draps. L’air est lourd, chargé d’une tension électri







