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Chapitre 33 : La Brèche 1

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-01-06 02:28:53

Leïla

La voiture roule dans un silence de lourd après une explosion.

Les phares tranchent la nuit, découpant des fragments de route, de palmiers, de murs aveugles. Je suis assise à l’arrière, à côté de Youssef. Karim est au volant, ses mains crispées sur le cuir à dix heures et deux heures. La vitre entre nous est baissée. Je sens l’électricité de son dos, sa colère qui irradie comme une chaleur physique.

Personne ne parle. Les mots d’Al-Mansouri tournent encore dans l’habitacle, plus présents
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    Leïla Je le regarde. Agenouillé là, devant moi, dans ce salon baigné de soleil qui fut le théâtre de nos pires mensonges et qui devient soudain l'écrin de notre vérité. Cet homme. Cet homme incroyable, insupportable, magnifique. Cet homme qui m'a fait vivre l'enfer et le paradis dans la même journée, parfois dans la même heure. Cet homme complexe, orgueilleux, brisé et tellement tendre. Cet homme que j'ai haï et adoré, fui et cherché, maudit et béni. Je le regarde, et je vois tout. Je vois le jeune ambitieux qui a construit un empire à la force du poignet, cachant ses fêlures sous des costumes de prix. Je vois le mari infidèle qui trompait sa femme sans même y penser, comme on respire, comme on boit, par habitude, par vide. Je vois le manipulateur qui a monté ce stratagème odieux pour m'acheter, avec l'argent, avec la villa, avec le poste. Et puis je vois l'homme qui a pleuré dans mes bras. L'homme qui a affronté son ami, ses associés, s

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    Sa voix s'étrangle à son tour, et je devine qu'il pleure, lui aussi. Nous pleurons ensemble, séparés par des kilomètres de câbles et de ville, unis par des années de souvenirs et de douleurs partagées. — Alors vis, Leïla. Vis pleinement, sans te retourner, sans culpabilité, sans remords. Tu es libérée de moi. Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu es libérée de nous. De ce que nous étions, de ce que nous sommes devenus, de ce fardeau que nous portions à deux sans jamais réussir à le poser. Je pose le fardeau aujourd'hui. Je te rends ta liberté, non pas comme un maître affranchit un esclave, mais comme un ami rend un cadeau emprunté. Sois heureuse. — Tu ne m'as jamais enchaînée, Youssef, dis-je en reniflant. Je suis restée par amour. Un amour qui s'est transformé, déformé, mais qui était de l'amour quand même. Un amour qui a changé de visage, qui est passé de la passion au soin, du désir à la compassion. Mais de l'amour. — Alor

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    Hicham me regarde, et son visage dans la clarté matinale est celui d'un homme que je n'ai encore jamais vu. Apaisé. Déterminé. Amoureux. Nous ne sommes plus deux survivants traumatisés, accrochés l'un à l'autre par désespoir. Nous sommes un homme et une femme qui, après avoir traversé l'enfer, ont décidé de vivre. De vivre ensemble. De vivre vraiment. Et dans cette lumière rose et or, je nous imagine, dix ans, vingt ans plus tard, assis sur une terrasse, main dans la main, regardant un coucher de soleil. Cette image n'est plus un rêve impossible. C'est une promesse. Une certitude. Un avenir. Leïla Le téléphone vibre sur la table basse en bois brut. Un bourdonnement discret qui troue le silence matinal. Je pose ma tasse de café fumant, mon regard tombe sur l'écran. Le nom qui s'affiche me percute. Youssef. Mon cœur fait un bond étrange dans ma poitrine, pas un sursaut de peur ou d'angoisse, plutôt une onde de nostalgie profonde, comme on retrouve une vieille lettre au fond d'un t

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