Se connecterMILES;« Oh… » souffla-t-elle, la main figée sur la rampe. « Je ne savais pas que nous avions… des invités. » À en juger par son expression, son cœur devait battre à toute allure. Quant au mien, il s’était effondré, comme s’il était tombé au creux de mon estomac, dès l’instant où elle était apparue. L’expression de Richard me troublait moins que celle de Nathan. Ce garçon m’avait demandé, un jour, droit dans les yeux, pourquoi je protégeais Michela avec autant d’ardeur. Il l’avait dit d’une manière qui laissait entendre qu’il soupçonnait déjà quelque chose — quelque chose qui n’était, manifestement, pas très éloigné de la vérité que je redoutais. À en juger par son regard, la chemise qu’elle portait — la même que j’avais sur moi, hier soir, dans leur propriété — venait de lui apporter la réponse qu’il cherchait. Ce n’était pas tant la signification de tout cela qui m’inquiétait ; je craignais surtout les conséquences, pour elle, si cette affaire venait à éclater au grand jour sans
AUTEURE;Miles se tenait dans le salon, la télécommande à la main, pointée vers le téléviseur. Les informations économiques du matin ne passeraient que dans une demi-heure. Il régla le volume et garda les yeux fixés sur l’écran, jusqu’à ce qu’un coup frappé à la porte vienne rompre le calme.Il n’attendait personne.Il se dirigea vers la porte et regarda par le judas. Nathan se tenait sur le seuil, un pansement sur la lèvre supérieure. Derrière lui se trouvait son père, Richard Clark, vêtu d’une chemise blanche impeccable — une tenue bien trop propre pour la conversation qui s’annonçait.Miles n’avait pas besoin de devin pour comprendre que les événements de la veille l’avaient suivi jusque chez lui.On frappa de nouveau. Miles ouvrit la porte.« Monsieur Stewart, » dit Richard. « Puis-je entrer ? » Il fit un geste vers l’intérieur de la maison. Miles s’écarta et maintint la porte ouverte.« Je vous en prie, » dit-il en les invitant à entrer dans le salon. Le téléviseur resta allumé,
MICHELA;Je ne pouvais pas laisser retomber l’intensité du moment. Miles venait de m’offrir exactement ce qui me rendait presque folle de désir. En le regardant, j’avais envie de le dévorer. Et je savais que j’allais le faire. Ce qui rendait ses mots encore plus précieux… c’est qu’il ne les avait pas prononcés au beau milieu de l’acte, ni pour tenter de me calmer. Il les avait dits, les mains posées sur mon visage, avec une sincérité totale, comme s’il pesait chaque syllabe. Je ne pouvais pas rester immobile, prisonnière de cette sensation, une seconde de plus. Je l’ai embrassé une fois, avec fougue, puis je me suis agenouillée sur le parquet flambant neuf du café, avant même qu’il puisse me demander, une fois de plus, si j’étais bien sûre de moi. « Chela… » Il a tendu la main vers la mienne. Je me suis arrêtée. « Laisse-moi faire », ai-je exigé. Mes mains étaient déjà sur sa ceinture ; le cuir a cédé, comme s’il me reconnaissait. J’ai fait glisser la fermeture éclair, j’ai gliss
MICHELA;« Embrasse-moi », murmurai-je. Ses yeux s’assombrirent, mais ses mains restèrent douces sur mon visage, ses pouces posés près de ma mâchoire, comme s’il craignait encore que je ne me brise à nouveau s’il venait à me lâcher.« Tu es sûre de vouloir ça ? » demanda-t-il, avec une infinie précaution, comme s’il avait besoin de ces mots avant de s’autoriser à aller plus loin.Je hochai légèrement la tête. « Oui », répondis-je. Il se pencha, ses mains maintenant mon visage tourné vers le sien, puis sa bouche trouva la mienne dans l’obscurité de la pièce.Mon cœur se mit à battre la chamade sous l’emprise de ses lèvres qui s’appropriaient les miennes, avec une fermeté empreinte de douceur. Ses yeux restèrent clos. Je sentis tout son corps s’investir dans ce baiser, comme s’il s’était retenu depuis l’épisode du camion et qu’il lui était enfin permis de tout prendre.Mon cœur bondit de nouveau, violemment cette fois. Bon sang ! Comme ça m’avait manqué… La forme de sa bouche, la légère
MILES;Elle me regarda, les yeux emplis de questions. Sa bouche s’entrouvrit, mais aucun son n’en sortit immédiatement. Nous nous tenions à quelques centimètres l’un de l’autre dans ce café à la pénombre, où le mobilier récent dégageait encore une légère odeur de neuf.Mon regard glissa vers les vieux canapés, relégués sur le côté comme s’ils attendaient quelque chose. Nous savions tous deux qu’il y avait beaucoup à dire, mais, sur le moment, un sentiment plus lourd m’habitait. J’avais besoin que son corps se souvienne à qui il appartenait. Il fallait effacer le goût de cet autre garçon.« Qu’est-ce que… tu veux dire ? » demanda-t-elle enfin. Je réduisis l’espace qui nous séparait. « Tu veux dire que… »Je levai un doigt et le fis glisser lentement sur ses lèvres entrouvertes. Elle se figea. J’essuyai une fois, puis une seconde fois, comme pour effacer toute trace de son passage.Son souffle se coupa, ce qui me procura une intense satisfaction. Un léger frisson la parcourut, et ce sen
MILES;Donner un coup de poing à Nathan et le laisser avec le nez en sang ne faisait absolument pas partie du plan.Je gardais une main enfoncée dans mes cheveux, que je malmenais nerveusement ; mon regard restait fixé sur la route, et mes mains agrippaient le volant avec une telle force qu’on aurait cru qu’il avait commis une faute.Je ne regardais pas Michela. À plusieurs reprises, j’ai senti son regard posé sur moi… ce regard insistant, de côté, comme si elle peinait à reconnaître l’homme derrière le volant.Je n’étais pas fier de ce que j’avais fait subir à Nathan, ni de l’endroit où cela s’était produit. Frapper ce gamin arrogant, qui plus est dans la cour de son propre père, c’était une situation bien délicate — le genre d’affaire qui, dès le lendemain matin, risquait de dégénérer en coups de fil et en interventions d’avocats.Mais, au fond, cela m’apportait une réelle satisfaction. Je voulais lui laisser un souvenir qui durerait un bon moment, et le simple fait qu’il ait osé to







