LOGINChapitre 4 : James Sullivan
Toute la journée, Zoé tenta de se convaincre qu’elle n’irait pas.
Elle enchaîna les consultations à l’hôpital, signa des dossiers médicaux et examina plusieurs patients, mais son esprit revenait sans cesse à cette mystérieuse carte.
Si vous voulez sauver Ryan, venez seule.
À vingt et une heures trente, elle quitta finalement l’hôpital.
Sans vraiment savoir pourquoi, elle prit la direction de l’adresse indiquée.
Le GPS la conduisit vers un quartier résidentiel où s’élevaient de somptueuses villas, protégées par de hauts murs et des portails imposants.
Elle s’arrêta devant une propriété particulièrement impressionnante.
Le portail en fer forgé était déjà ouvert.
Comme si quelqu’un l’attendait.
Zoé hésita.
Son instinct lui criait de repartir.
Mais le visage de Ryan lui revint immédiatement en mémoire.
Elle inspira profondément avant d’avancer.
À peine avait-elle franchi le portail qu’un homme en costume noir s’approcha.
– Bonsoir, docteure Morgan.
– Vous m’attendiez ?
– Bien sûr.
– Qui êtes-vous ?
– Suivez-moi, s’il vous plaît.
Zoé le regarda avec méfiance.
– Je veux savoir où vous m’emmenez.
L’homme esquissa un léger sourire.
– La personne qui vous reçoit répondra à toutes vos questions.
Elle le suivit jusqu’à l’immense demeure.
L’intérieur était encore plus luxueux que l’extérieur.
Un immense lustre de cristal illuminait le hall.
Des œuvres d’art ornaient les murs.
Chaque détail respirait la richesse.
Pourtant, un étrange silence régnait dans la maison.
Aucun rire.
Aucune musique.
Seulement le bruit de leurs pas sur le marbre.
Ils montèrent un large escalier avant de s’arrêter devant une double porte en bois.
L’homme frappa deux fois.
– Entrez.
La voix était grave.
Calme.
Autoritaire.
L’homme ouvrit la porte.
– La docteure Morgan est arrivée.
– Merci, vous pouvez nous laisser.
La porte se referma derrière elle.
Zoé resta immobile.
L’immense bureau était faiblement éclairé.
Derrière une grande baie vitrée donnant sur la ville se tenait un homme.
Il lui tournait le dos.
Vêtu d’un costume noir parfaitement ajusté, il observait les lumières qui scintillaient au loin.
Après quelques secondes, il se retourna lentement.
Zoé sentit son souffle se couper.
L’homme devait avoir une trentaine d’années.
Grand.
Élégant.
Des cheveux noirs soigneusement coiffés.
Des yeux d’un gris perçant qui semblaient lire à travers les gens.
Son visage était d’une froideur déconcertante.
Il s’avança d’un pas tranquille.
– Bonsoir, docteure Morgan.
– Qui êtes-vous ?
Il s’arrêta à quelques mètres d’elle.
– James Sullivan.
Ce nom ne lui disait rien.
Mais la manière dont il le prononçait laissa entendre qu’il n’avait pas besoin de se présenter davantage.
– C’est vous qui m’avez envoyé cette carte ?
– Oui.
– Pourquoi ?
James l’observa quelques instants sans répondre.
Puis il contourna son bureau.
– Asseyez-vous.
– Je préfère rester debout.
Un très léger sourire apparut au coin de ses lèvres.
– Vous êtes plus courageuse que je l’imaginais.
– Je ne suis pas venue recevoir des compliments.
– Je sais.
Il ouvrit un épais dossier posé sur son bureau.
– Vous avez trente ans.
Zoé fronça les sourcils.
– Vous êtes chirurgienne depuis quatre ans.
Il tourna une page.
– Vous vivez seule depuis le décès de vos parents.
Son cœur accéléra.
– Votre frère Ryan est la seule famille qu’il vous reste.
Elle sentit un frisson lui parcourir le dos.
– Comment savez-vous tout ça ?
James referma calmement le dossier.
– Parce que je ne rencontre jamais quelqu’un sans le connaître parfaitement.
Zoé serra les poings.
– Qui êtes-vous réellement ?
Il soutint son regard.
– La mauvaise personne à qui demander de l’aide.
Le silence envahit la pièce.
Zoé comprit soudain que cet homme possédait un pouvoir immense.
Un pouvoir capable d’obtenir des informations que personne ne devrait avoir.
– Pourquoi m’avoir fait venir ?
James prit place derrière son bureau.
– Parce que votre frère est innocent.
Ses yeux s’écarquillèrent.
– Vous le savez ?
– Oui.
– Alors dites-le à la police !
James secoua lentement la tête.
– Ce n’est pas aussi simple.
– Pourquoi ?
– Parce que ceux qui ont piégé votre frère sont plus puissants que vous ne l’imaginez.
Zoé sentit son cœur battre de plus en plus fort.
– Vous connaissez les responsables ?
James ne répondit pas immédiatement.
Il croisa simplement les mains devant lui.
– Je peux faire libérer Ryan.
Ces quelques mots résonnèrent dans toute la pièce.
Zoé resta figée.
– Vous… pouvez vraiment le sauver ?
– Oui.
Une lueur d’espoir renaquit dans ses yeux.
– Alors pourquoi ne pas le faire ?
James la fixa sans ciller.
– Parce que tout a un prix, docteure Morgan.
Le sourire de Zoé disparut aussitôt.
Elle comprit que rien, dans cette maison, n’était offert gratuitement.
Et que l’homme assis en face d’elle s’apprêtait à lui demander quelque chose qui allait changer sa vie à jamais.
A SUIVRE
Chapitre 20 – Bonsoir, James.La voix résonna dans l’obscurité. Zoé sentit son sang se glacer. Elle se rapprocha instinctivement de James. Un déclic métallique retentit. Quelqu’un venait d’armer une arme.– Ne bougez pas.James resta parfaitement immobile.– Qui êtes-vous ?Un rire froid répondit.– Tu me reconnaîtrais si tu pouvais me voir.Arthur alluma brusquement la lampe de son téléphone.Le faisceau éclaira le fond du sous-sol.Personne.Zoé fronça les sourcils.– Où est-il ?James leva une main.– Éteins ça.Arthur obéit.Quelques secondes passèrent.Puis un bruit métallique retentit au-dessus d’eux.Une porte venait de se refermer.James comprit immédiatement.– Il est parti.Tony regarda Andrew.– Tu savais qu’il était ici ?– Non.– Mensonge !Andrew leva les mains.– Je vous jure que je ne savais rien.James s’approcha de lui.– Tu connais cette voix ?Andrew hésita.– Oui.– Qui est-ce ?Andrew baissa les yeux.– Un homme qu’on appelle le Corbeau.Zoé frissonna.– C’est q
Chapitre 19Zoé resta figée. Andrew se tenait devant elle. Son visage était calme, presque rassurant. Mais quelque chose dans son regard avait changé. Ce n’était plus le collègue sympathique qu’elle connaissait depuis des années. Il referma doucement la porte derrière lui.– Andrew…Il lui adressa un léger sourire.– Bonsoir, Zoé.Elle recula instinctivement.– Qu’est-ce que tu fais ici ?– Je suis venu te voir.– Comment as-tu trouvé cet endroit ?Il ne répondit pas immédiatement.Zoé sentit son cœur accélérer.– Personne ne connaît cette adresse.Andrew avança d’un pas.– James connaît beaucoup de choses.– Je t’ai posé une question.Son sourire disparut.– Tu poses beaucoup trop de questions maintenant.Zoé sentit une boule se former dans son ventre.Elle recula encore.– Tu travailles pour Alexander.Andrew resta silencieux.Ce silence fut une réponse suffisante.– Depuis combien de temps ?– Peu importe.– C’est toi qui m’espionnais à l’hôpital ?– Oui.Zoé sentit ses jambes trem
Chapitre 18 Les coups de feu continuaient de résonner dans la maison. Zoé était accroupie derrière le bureau, le cœur battant à une vitesse folle. Des éclats de verre couvraient le sol.– Restez baissée !La voix de James claqua dans la pièce. Il s’était placé près de la porte, son arme à la main. Tony se trouvait près de la fenêtre, observant discrètement l’extérieur.– Ils sont nombreux.– Combien ?– Une dizaine au moins.James serra la mâchoire.– Ils veulent le coffre.Zoé regarda instinctivement le petit coffre métallique.Les dossiers étaient encore posés sur le bureau.La clé USB également.– Qu’est-ce qu’on fait ?James se tourna vers elle.– On sort par l’arrière.– Et les documents ?– Prenez la clé USB.Zoé attrapa immédiatement l’objet.– Et le reste ?– Laissez.Un bruit sourd retentit dans le couloir.Quelqu’un venait de forcer la porte d’entrée.James fit signe à Tony.– Maintenant.Ils quittèrent rapidement le bureau.Zoé suivit James dans le couloir.Des hommes entr
Chapitre 17Le lendemain matin, Zoé n’avait presque pas dormi. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle revoyait la photographie de son père aux côtés de James. Puis cette phrase. Demande à James qui l’a tué. Elle avait passé une partie de la nuit à chercher d’anciennes photos de famille sur son téléphone. Elle voulait retrouver le moindre détail. Un visage. Une voiture. Un endroit. N’importe quoi qui pourrait lui permettre de comprendre. Mais plus elle cherchait, plus elle avait l’impression de s’enfoncer dans un passé qu’elle ne connaissait pas. À huit heures précises, une voiture noire s’arrêta devant son immeuble.Zoé descendit. James était assis à l’arrière. Tony se trouvait au volant. Elle ouvrit la portière et monta.– Vous êtes ponctuel.James leva les yeux vers elle.– Toujours.– J’ai réfléchi toute la nuit.– Je m’en doute.– Je veux toute la vérité aujourd’hui.James ne répondit pas.Zoé soupira.– Je suis sérieuse.– Moi aussi.Tony démarra.Le trajet se déroula dans le
Chapitre 16Zoé resta longtemps assise sur son lit, la photographie entre les doigts. Son père. James Sullivan. Un entrepôt. Et cette phrase écrite au dos. Demande à James qui l’a tué. Elle relut les mots plusieurs fois. Son père était mort dans un accident de voiture six ans auparavant. Du moins, c’était ce qu’on lui avait toujours raconté. Elle se souvenait encore de cette nuit. La pluie. Les policiers devant leur maison. Ryan qui pleurait dans ses bras. Et cette horrible certitude qu’à partir de ce jour, leur famille ne serait plus jamais la même. Mais si ce n’était pas un accident ? Si quelqu’un avait tué leur père ? Zoé se leva brusquement. Elle prit son téléphone. Ses doigts tremblaient lorsqu’elle composa le numéro de James. Une sonnerie. Deux. Trois. Il décrocha.– Zoé ?– Vous saviez.Un silence.– De quoi parlez-vous ?– De mon père.Le silence devint plus lourd.– Où avez-vous trouvé cette photographie ?Zoé sentit son cœur accélérer.– Vous ne niez même pas.– Répondez à m
Chapitre 15Zoé resta immobile. Les derniers mots de Ryan résonnaient dans sa tête. L’homme que tu crois être ton sauveur pourrait être celui qui nous a conduits dans ce cauchemar. Elle fixa son frère, incapable de comprendre.– Qu’est-ce que tu racontes ?Ryan regarda autour de lui. Les deux agents postés devant la porte ne semblaient pas leur prêter attention. Il baissa encore la voix.– Je ne peux pas tout te dire ici.– Alors dis-moi au moins ce que tu sais.– James Sullivan n’est pas quelqu’un qu’on peut manipuler.– Je le sais.– Non, Zoé. Tu ne comprends pas.Il serra ses doigts.– Cet homme était déjà impliqué avant mon arrestation.Zoé sentit son estomac se nouer.– Comment ?Ryan hésita.– La nuit du meurtre, je n’étais pas seul.Zoé fronça les sourcils.– Quoi ?– Quelqu’un m’avait demandé de venir à l’entrepôt.– Qui ?– Je ne sais pas.– Ryan !– Je te jure que je ne sais pas !Il passa nerveusement une main dans ses cheveux.– J’ai reçu un message. Il disait qu’on avait







