MasukChapitre 6 : Le Premier Refus
Tout au long du trajet, Zoé ne cessa de regarder dans son rétroviseur.La voiture noire était toujours derrière elle.Elle accéléra légèrement.Le véhicule fit de même.Elle tourna à droite.La voiture tourna également.Son cœur se mit à battre plus vite. Était-ce un hasard ?Ou quelqu’un la suivait-il réellement ?À l’approche d’un feu rouge, le véhicule changea brusquement de direction et disparut dans une rue adjacente.Zoé souffla enfin.Peut-être avait-elle laissé son imagination prendre le dessus.Après tout, les derniers jours avaient été un véritable cauchemar.
Lorsqu’elle arriva chez elle, il était presque minuit.Son appartement se trouvait au huitième étage d’un immeuble moderne où elle vivait depuis près de trois ans.Elle salua le gardien avant de monter.Une fois devant sa porte, elle chercha ses clés dans son sac.Au moment d’introduire la clé dans la serrure, elle fronça les sourcils.La porte était déjà entrouverte.Son sang se glaça.Elle était certaine de l’avoir verrouillée en partant.Elle resta immobile quelques secondes.Puis poussa lentement la porte.
– Il y a quelqu’un ?
Aucune réponse.
Le silence était total.
Elle entra avec prudence.
Son salon était sens dessus dessous.
Les coussins avaient été jetés au sol.
Les tiroirs du meuble télé étaient ouverts.
Des livres étaient éparpillés partout.
Son souffle s’accéléra.
Elle courut jusqu’à sa chambre.
Les portes de son armoire étaient grandes ouvertes.
Ses vêtements avaient été renversés sur le lit.
Même les tiroirs de sa table de nuit avaient été vidés.
Quelqu’un avait fouillé chaque recoin de l’appartement.
Mais pourquoi ?
Elle attrapa immédiatement son téléphone.
– Police, j’écoute.
– Mon appartement a été cambriolé.
Quinze minutes plus tard, deux policiers inspectaient les lieux.
L’un d’eux prit des photographies tandis que l’autre interrogeait Zoé.
– Est-ce que quelque chose a été volé ?
Elle regarda autour d’elle.
Son ordinateur était toujours là.
Ses bijoux aussi.
Son portefeuille n’avait pas bougé.
– Je… je ne crois pas.
Le policier fronça les sourcils.
– C’est étrange.
– Pourquoi ?
– Généralement, les cambrioleurs emportent au moins des objets de valeur.
Il termina de prendre quelques notes.
– Ici, on dirait surtout que quelqu’un cherchait quelque chose.
Cette phrase fit immédiatement penser Zoé à James.
Était-ce lié à leur rencontre ?
Elle repoussa cette idée.
Impossible.
Ou peut-être pas.
Les policiers quittèrent finalement l’appartement après lui avoir conseillé de changer immédiatement la serrure.
Une fois seule, Zoé s’assit au milieu du salon.
Elle avait l’impression que les murs se refermaient sur elle.
Son regard se posa sur la carte noire que James lui avait donnée.
Elle la sortit lentement de son sac.
Un simple numéro y était inscrit.
Elle la fixa pendant plusieurs minutes.
Puis la déchira en deux.
Ensuite en quatre.
Enfin en une multitude de petits morceaux qu’elle jeta dans la poubelle.
– Je ne travaillerai jamais pour lui…
murmura-t-elle.
Elle refusait de devenir la marionnette d’un criminel.
Quelles qu’en soient les conséquences.
Le lendemain matin, Zoé se rendit à l’hôpital comme si de rien n’était.
Elle tenta de se concentrer sur ses patients.
Vers dix heures, son téléphone vibra.
Maître Brooks.
– Bonjour, Maître.
Sa voix semblait inhabituellement tendue.
– Zoé… il y a un problème.
Son estomac se noua.
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Le procureur vient de déposer une nouvelle demande.
– Laquelle ?
– Il souhaite que Ryan soit transféré dans une prison de haute sécurité en attendant son procès.
Zoé resta sans voix.
– Mais… pourquoi ?
– Parce qu’un nouveau rapport affirme qu’il pourrait être dangereux.
– C’est absurde !
– Je suis d’accord.
Le silence s’installa.
Puis l’avocat ajouta d’une voix grave :
– Si le juge accepte cette demande, les choses deviendront beaucoup plus compliquées pour nous.
L’appel prit fin.
Zoé sentit ses jambes trembler.
Elle s’appuya contre un mur du couloir.
À cet instant, son téléphone vibra une seconde fois.
Cette fois, il s’agissait d’un numéro inconnu.
Elle hésita avant de décrocher.
– Allô ?
– Vous avez déchiré ma carte.
La voix calme de James.
Zoé sentit un frisson parcourir tout son corps.
– Comment le savez-vous ?
– Je vous avais dit que quelqu’un vous observait.
Elle regarda instinctivement autour d’elle.
Le couloir de l’hôpital était rempli de médecins, d’infirmiers et de patients.
Impossible de savoir qui pouvait l’espionner.
– Laissez-moi tranquille.
– Vous êtes libre de refuser mon offre.
Sa voix demeurait parfaitement calme.
– Alors ne m’appelez plus.
– Très bien.
Il marqua une courte pause.
– Mais lorsque le juge enverra votre frère en prison de haute sécurité cet après-midi…
Son cœur s’arrêta.
– … souvenez-vous que vous aviez une autre solution.
La communication fut coupée.Zoé resta figée, le téléphone contre son oreille.Une seule question lui traversait désormais l’esprit.Comment James pouvait-il être au courant d’une décision judiciaire qui n’avait été annoncée que quelques minutes plus tôt ?
A SUIVRE
Chapitre 20 – Bonsoir, James.La voix résonna dans l’obscurité. Zoé sentit son sang se glacer. Elle se rapprocha instinctivement de James. Un déclic métallique retentit. Quelqu’un venait d’armer une arme.– Ne bougez pas.James resta parfaitement immobile.– Qui êtes-vous ?Un rire froid répondit.– Tu me reconnaîtrais si tu pouvais me voir.Arthur alluma brusquement la lampe de son téléphone.Le faisceau éclaira le fond du sous-sol.Personne.Zoé fronça les sourcils.– Où est-il ?James leva une main.– Éteins ça.Arthur obéit.Quelques secondes passèrent.Puis un bruit métallique retentit au-dessus d’eux.Une porte venait de se refermer.James comprit immédiatement.– Il est parti.Tony regarda Andrew.– Tu savais qu’il était ici ?– Non.– Mensonge !Andrew leva les mains.– Je vous jure que je ne savais rien.James s’approcha de lui.– Tu connais cette voix ?Andrew hésita.– Oui.– Qui est-ce ?Andrew baissa les yeux.– Un homme qu’on appelle le Corbeau.Zoé frissonna.– C’est q
Chapitre 19Zoé resta figée. Andrew se tenait devant elle. Son visage était calme, presque rassurant. Mais quelque chose dans son regard avait changé. Ce n’était plus le collègue sympathique qu’elle connaissait depuis des années. Il referma doucement la porte derrière lui.– Andrew…Il lui adressa un léger sourire.– Bonsoir, Zoé.Elle recula instinctivement.– Qu’est-ce que tu fais ici ?– Je suis venu te voir.– Comment as-tu trouvé cet endroit ?Il ne répondit pas immédiatement.Zoé sentit son cœur accélérer.– Personne ne connaît cette adresse.Andrew avança d’un pas.– James connaît beaucoup de choses.– Je t’ai posé une question.Son sourire disparut.– Tu poses beaucoup trop de questions maintenant.Zoé sentit une boule se former dans son ventre.Elle recula encore.– Tu travailles pour Alexander.Andrew resta silencieux.Ce silence fut une réponse suffisante.– Depuis combien de temps ?– Peu importe.– C’est toi qui m’espionnais à l’hôpital ?– Oui.Zoé sentit ses jambes trem
Chapitre 18 Les coups de feu continuaient de résonner dans la maison. Zoé était accroupie derrière le bureau, le cœur battant à une vitesse folle. Des éclats de verre couvraient le sol.– Restez baissée !La voix de James claqua dans la pièce. Il s’était placé près de la porte, son arme à la main. Tony se trouvait près de la fenêtre, observant discrètement l’extérieur.– Ils sont nombreux.– Combien ?– Une dizaine au moins.James serra la mâchoire.– Ils veulent le coffre.Zoé regarda instinctivement le petit coffre métallique.Les dossiers étaient encore posés sur le bureau.La clé USB également.– Qu’est-ce qu’on fait ?James se tourna vers elle.– On sort par l’arrière.– Et les documents ?– Prenez la clé USB.Zoé attrapa immédiatement l’objet.– Et le reste ?– Laissez.Un bruit sourd retentit dans le couloir.Quelqu’un venait de forcer la porte d’entrée.James fit signe à Tony.– Maintenant.Ils quittèrent rapidement le bureau.Zoé suivit James dans le couloir.Des hommes entr
Chapitre 17Le lendemain matin, Zoé n’avait presque pas dormi. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle revoyait la photographie de son père aux côtés de James. Puis cette phrase. Demande à James qui l’a tué. Elle avait passé une partie de la nuit à chercher d’anciennes photos de famille sur son téléphone. Elle voulait retrouver le moindre détail. Un visage. Une voiture. Un endroit. N’importe quoi qui pourrait lui permettre de comprendre. Mais plus elle cherchait, plus elle avait l’impression de s’enfoncer dans un passé qu’elle ne connaissait pas. À huit heures précises, une voiture noire s’arrêta devant son immeuble.Zoé descendit. James était assis à l’arrière. Tony se trouvait au volant. Elle ouvrit la portière et monta.– Vous êtes ponctuel.James leva les yeux vers elle.– Toujours.– J’ai réfléchi toute la nuit.– Je m’en doute.– Je veux toute la vérité aujourd’hui.James ne répondit pas.Zoé soupira.– Je suis sérieuse.– Moi aussi.Tony démarra.Le trajet se déroula dans le
Chapitre 16Zoé resta longtemps assise sur son lit, la photographie entre les doigts. Son père. James Sullivan. Un entrepôt. Et cette phrase écrite au dos. Demande à James qui l’a tué. Elle relut les mots plusieurs fois. Son père était mort dans un accident de voiture six ans auparavant. Du moins, c’était ce qu’on lui avait toujours raconté. Elle se souvenait encore de cette nuit. La pluie. Les policiers devant leur maison. Ryan qui pleurait dans ses bras. Et cette horrible certitude qu’à partir de ce jour, leur famille ne serait plus jamais la même. Mais si ce n’était pas un accident ? Si quelqu’un avait tué leur père ? Zoé se leva brusquement. Elle prit son téléphone. Ses doigts tremblaient lorsqu’elle composa le numéro de James. Une sonnerie. Deux. Trois. Il décrocha.– Zoé ?– Vous saviez.Un silence.– De quoi parlez-vous ?– De mon père.Le silence devint plus lourd.– Où avez-vous trouvé cette photographie ?Zoé sentit son cœur accélérer.– Vous ne niez même pas.– Répondez à m
Chapitre 15Zoé resta immobile. Les derniers mots de Ryan résonnaient dans sa tête. L’homme que tu crois être ton sauveur pourrait être celui qui nous a conduits dans ce cauchemar. Elle fixa son frère, incapable de comprendre.– Qu’est-ce que tu racontes ?Ryan regarda autour de lui. Les deux agents postés devant la porte ne semblaient pas leur prêter attention. Il baissa encore la voix.– Je ne peux pas tout te dire ici.– Alors dis-moi au moins ce que tu sais.– James Sullivan n’est pas quelqu’un qu’on peut manipuler.– Je le sais.– Non, Zoé. Tu ne comprends pas.Il serra ses doigts.– Cet homme était déjà impliqué avant mon arrestation.Zoé sentit son estomac se nouer.– Comment ?Ryan hésita.– La nuit du meurtre, je n’étais pas seul.Zoé fronça les sourcils.– Quoi ?– Quelqu’un m’avait demandé de venir à l’entrepôt.– Qui ?– Je ne sais pas.– Ryan !– Je te jure que je ne sais pas !Il passa nerveusement une main dans ses cheveux.– J’ai reçu un message. Il disait qu’on avait







