LOGINChapitre 27 — ÉpilogueAnnaSix mois plus tard.L'automne est revenu sur le Luberon, un automne doux et doré qui embrase les vignes et fait rougir les feuilles des cerisiers. L'air sent la terre humide, les champignons, le bois coupé. Les cigales se sont tues depuis longtemps, remplacées par le chant des mésanges et le bruissement du vent dans les branches.Notre maison est devenue un vrai foyer.Paul a terminé les travaux de rénovation le mois dernier. Il a restauré la façade en pierre blonde, changé les volets, aménagé une grande terrasse qui donne sur la vallée. Il a même construit une balançoire pour les enfants, suspendue à la branche maîtresse du vieux chêne qui ombrage le jardin. Une balançoire en bois brut, taillée de ses propres mains, avec des cordes solides et une planche assez large pour que deux enfants puissent s'y asseoir.Léo et Emma l'ont inaugurée il y a trois jours. Emma a ri aux éclats, ses couettes blondes volant au vent. Léo a fait semblant de trouver ça « trop b
Chapitre 26 — Passion Retrouvée AnnaLa nuit est tombée sur Bonnieux depuis longtemps quand nous montons enfin nous coucher.Les enfants dorment dans leur chambre, Léo avec sa montre connectée au poignet — il ne la quitte plus, même pour dormir —, Emma avec son carnet à dessin serré contre sa poitrine. Paul a passé la soirée à jouer aux échecs avec Léo, à regarder les dessins d'Emma, à me sourire par-dessus la table du dîner. Une soirée normale. Une soirée de famille. Une soirée comme je n'aurais jamais osé en rêver il y a encore quelques mois.Et maintenant, nous sommes seuls.La chambre est vaste, avec des poutres apparentes et une fenêtre ouverte sur la nuit étoilée. Le parfum des lavandes monte du jardin, entêtant, sucré, presque enivrant. Paul ferme la porte derrière lui, doucement, pour ne pas réveiller les enfants. Il se tourne vers moi, et je vois dans ses yeux cette lueur que je connais bien — cette lueur qui ne s'est jamais éteinte, même après huit ans de séparation, même a
Chapitre 25 — Quand la paix règne AnnaJe souris. Les enfants. Toujours les enfants. Capables de passer de la terreur à l'insouciance en une fraction de seconde. Capables de guérir plus vite que nous, les adultes, qui ruminons nos douleurs pendant des années.— Oui, je dis. On peut aller au parc.— Je peux emmener mon ballon ?— Tu peux.— Et Emma, elle peut emmener son carnet ?Emma hoche la tête avec enthousiasme.— Je veux dessiner les canards !Paul rit. Un rire léger, un rire soulagé, un rire que je ne lui avais jamais entendu.— Alors allons-y, dit-il. Parc Monceau. Canards. Ballon. Dessins. Goûter. On fait tout.— Glaces ? demande Emma.— Glaces aussi.— Même s'il fait froid ?— Même s'il fait froid.Les enfants courent chercher leurs affaires. Paul me prend la main. Il la serre fort, comme s'il avait peur que je m'envole.— Merci, murmure-t-il.— Pour quoi ?— Pour avoir choisi. Pour être restée. Pour nous avoir choisis, nous.Je me hisse sur la pointe des pieds et je l'embra
Chapitre 24 — Le Choix d'Anna AnnaLa lettre est arrivée un matin d'octobre, dans une enveloppe blanche sans adresse d'expéditeur.Je l'ai trouvée glissée sous la porte de la librairie, comme une souris morte, comme un secret honteux. Mon nom était écrit à la main, d'une écriture que je ne connaissais pas une écriture raide, anguleuse, qui semblait avoir été tracée par quelqu'un qui n'avait pas l'habitude d'écrire des lettres. Quelqu'un qui n'avait pas l'habitude de demander pardon.J'ai failli la jeter.J'ai failli la déchirer sans l'ouvrir, la réduire en confettis, la brûler dans l'évier de l'arrière-boutique. J'en avais le droit. Après tout ce qu'il nous avait fait subir, après sept ans de fuite et de peur, après l'enlèvement de mes enfants, après cette nuit sur le toit de Hampstead, j'avais le droit de ne pas lire. J'avais le droit d'effacer Damien Cross de ma vie pour toujours.Mais je l'ai ouverte.Je l'ai lue.Et maintenant, je suis assise sur le canapé du salon, dans notre ap
Chapitre 23 — L'Adieu DamienLa pluie redouble. Je ne bouge pas. Kane non plus.— J'ai cru que je voulais détruire Anna, dis-je. J'ai cru que je voulais lui prendre ses enfants pour la faire souffrir. Mais ce n'était pas ça. Ce n'était pas de la haine. C'était de l'envie. Je l'enviais, Kane. Je l'enviais d'avoir réussi à fuir. D'avoir reconstruit sa vie. D'avoir trouvé l'amour, la famille, la paix. Tout ce que je n'aurai jamais.— Il n'est pas trop tard.— Si. Il est trop tard. Je l'ai compris aujourd'hui, sur ce toit, quand elle m'a regardé. Tu sais ce qu'il y avait dans ses yeux ?— Non.— De la pitié. Elle avait pitié de moi. Anna Moreau, que j'ai traquée pendant sept ans, que j'ai menacée, que j'ai fait enlever, avait pitié de moi. C'est la pire des défaites, Kane. Pire que la mort. Pire que la ruine. La pitié de la femme qu'on aime.Je me tais. La pluie coule sur mon visage, se mêle aux larmes que je ne retiens plus. Damien Cross pleure. L'homme le plus craint de la City pleure
Chapitre 22( suite): La confession de Damien Je me tais. Le vent hurle autour de nous. La pluie commence à tomber, fine, glaciale. Les premières gouttes s'écrasent sur les ardoises, sur mes joues, sur mes mains.— Aujourd'hui, dis-je, j'ai vu Léo. Ce petit garçon de sept ans. Il s'est dressé devant moi, et il m'a dit : « Personne n'a le droit de faire peur à ma mère. » Il n'avait pas peur, Kane. Il me défiait. Comme elle m'a défié il y a sept ans. Avec le même courage. La même force. La même pureté.— Il n'est pas de vous.— Non. Il est de Paul Lefèvre. De cet architecte. De cet homme ordinaire. Et pourtant, il est plus fort que je ne l'ai jamais été. Parce qu'il sait pourquoi il se bat. Parce qu'il aime sa mère, et sa sœur, et son père, et qu'il est prêt à tout pour les protéger. Moi, je n'ai jamais su pourquoi je me battais. Le pouvoir pour le pouvoir. L'argent pour l'argent. La vengeance pour la vengeance. Tout cela est vide, Kane. Terriblement vide.La pluie redouble. Je ne bouge
Chapitre 22 — La Confession de Damien DamienIls sont partis.Je les regarde depuis le toit, silhouettes minuscules qui franchissent la grille, qui disparaissent dans la rue, qui s'effacent dans la nuit londonienne. Anna tient la main d'Emma. Paul tient la main de Léo. Tom les suit, le dos voûté,
Chapitre 21 — L'Assaut de Paul PaulVingt minutes.C'est le temps que j'ai accordé à Anna avant d'intervenir. Vingt minutes, montre en main, adossé à la camionnette garée deux rues plus loin. Tom est à côté de moi, silencieux, le visage fermé. Il n'ose pas me parler. Il a raison. Je n'ai pas envie
Chapitre 19 — Le Face-à-Face AnnaLe couloir est un chaos de bruits et de lumières.Les sirènes du système de sécurité hurlent dans tout le manoir, un hurlement strident qui perce les tympans et fait vibrer les murs. Les gardes courent dans tous les sens, talkies-walkies à la main, visages tendus
Chapitre 19 — Les Non-Dits Anna— Si tu nous trahis une deuxième fois, dit-il d'une voix sourde, je te tue. Compris ?— Compris.Paul hoche la tête. Il se tourne vers moi.— Alors on y va.---Le manoir de Damien Cross se dresse au cœur de Hampstead, caché derrière des murs de brique et des grille







